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La magie du babysitting (babysitting)

Summary:

Michael comptait juste prendre du bon temps avec Yoichi, en pause pour raisons médicales, dès qu'il reviendrait de sa séance mensuelle de thérapie. Cependant, la vie en a décidé autrement.

Thèmes : baby-sitting involontaire/Le protagoniste regrette une action et tente de la réparer/traumatisme d'enfance

Notes:

Bonjour ! Bon je profite du temps de cuisson de la bouffe pour enfin publier.

Me voilà, après presque 3 mois sur le fandom Bluelock et une nouvelle fois avec le KaiSagi !

Ça fait un moment que j'avais commencé à l'écrire, j'ai pu finalement le terminer. Donc oui, il y a peut-être des petites incohérences par rapport à ce qu'il se passe dans le manga.

Et c'est déjà le 20e OS que j'écris pour le compte du Discord du petit Sancho ! Je suis tellement contente d'avoir découvert et décidé d'aller dans ce Discord... Entre les personnes adorables, l'ambiance super chill et tous les a côtés... Merci Allen ❤

 

Le reste sera dit en bas.

Bonne Lecture !

(See the end of the work for more notes.)

Work Text:

Début mai 2026, Munich, appartement de Michael et Yoichi Kaiser

“Je suis rentré.”

Michael enleva nonchalamment ses chaussures et son manteau, les déposa dans le placard, interdit face à l'absence de réponse de la part de Yoichi, qu'il sentait être là.

Il fut surpris par la scène à laquelle il assista quand il parvint à l'entrée du salon.

Yoichi, en pause pour soigner une blessure minime, était assis sur leur canapé, un nourrisson endormi tout contre sa poitrine. Il était en train de regarder un match à la télévision - le Barcha contre Atletico Bilbao - sans le son.

“Qu'est-ce que c'est que ça ?”

L'Omega tourna la tête vers son mari, se leva avec une lenteur délibérée pour ne pas perturber le sommeil du tout petit.

“C'est un bébé, Mihya, tu le vois bien… murmura-t-il, nullement dépourvu par le ton sec de l'Alpha. Bienvenue à la maison. Ton rendez-vous s'est bien passé ?”

Michael acquiesça silencieusement, ses yeux toujours rivés sur le petit dont il avait reconnu les parents via sa petite touffe de cheveux rougeâtre, accroché à son mari.

“Je vois bien que c'est un bébé, mon clown adoré. Je te demande juste pourquoi tu es revenu de chez Alexis et Ranze avec leur fils. Tu es au courant que le kidnapping n'est pas une chose très légal, quel que soit le pays?”

Yoichi le fusilla du regard, agacé par son sarcasme, alla déposer le nourrisson dans son couffin, temporairement placé à proximité du canapé. Il se figea un instant, craignant d'avoir réveillé le bambin en le déposant malgré toutes ses précautions, soupira en voyant que ce ne fut pas le cas.

Il éteignit la télévision puis fit signe à son mari de le suivre dans la cuisine pour parler plus tranquillement, et pour leur servir de quoi boire.

“Alors, Yoichi ? s'impatienta Michael, une fois qu'ils furent dans la pièce, déclinant la proposition d'un verre de Yoichi. Tu sais que si je refuse de les voir quand ils sont avec lui, ce n'est pas pour rien ! Donc…”

“Les chaleurs de Ranze ont commencé quand j'étais là bas. Il ne peut rien prendre pour le soulager, ce sont ses premières depuis qu'il a accouché, il y a deux mois. Et vu que Alexis et lui sont des Omegas, c'est plus long à gérer de manière naturelle.”

“Et tu étais évidemment la seule option possible pour garder leur môme, c'est ça ?”

Les sourcils blonds de l'Alpha se froncèrent quand il sentit le parfum de myrtilles, mélangé à celui de roses, devenir acide.

“Ne sois pas un tel connard, empereur merdique ! s'agaça Yoichi. Mis à part Theo ou Yô, mais ils ne sont plus sur la région, je suis le seul Omega qu'ils connaissent suffisamment pour s'occuper de Masaki. Ils ne veulent pas le confier à une famille avec des Betas ou des Alphas, ça les met mal à l'aise. En plus… ajouta-t-il, sentant venir le contre argument de son mari. Aussi surprenant que ça puisse paraître, même avec toutes les crasses que tu lui as faites, Alexis te fait confiance.”

Il soupira au regard inexpressif de l'Allemand, se leva de la chaise sur laquelle il s'était assis pour s'approcher de lui. Il posa une main sur la joue pâle, un petit sourire aux lèvres, l'air compréhensif.

“Je sais que je t'en demande beaucoup, Michael, mais il s'agit de nos amis. Ne t'en fais pas, je compte m'en occuper tout seul.”

Il embrassa chastement les lèvres de son compagnon, lourdement conscient que la situation ne serait pas facile à vivre.

“Si c'est trop pour toi, je comprendrais que tu veuilles partir le temps de son séjour.”

Puis il s'éloigna lentement de Michael sans attendre de réponse de sa part et retourna au salon pour récupérer le bébé, l’ayant entendu sortir de son sommeil.

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Michael ouvrit la porte de l'appartement, se figea aux odeurs si caractéristique de l'ail et de biscottes qui s'infiltraient dans ses narines. Il referma silencieusement derrière lui et, une fois ses affaires de sport laissées dans le placard, s'avança à pas de loup jusqu'à la cuisine.

Son cœur rata un battement en voyant Yoichi affairé à la gazinière, des baguettes à la main, tout en fredonnant une de ses chansons préférées. Le nourrisson dormait profondément, installé dans le porte bébé dorsal, et ne semblait pas perturbé par les mouvements que faisait l'Omega.

Il fit immédiatement taire cette voix, celle de son Alpha intérieur qui lui chuchotait à quel point leur compagnon serait parfait avec leur petit. Il secoua frénétiquement la tête pour faire partir l'image de l'enfant qui était apparu dans son esprit, un doux mélange de Yoichi et lui.

Il s'éloigna vivement de la cuisine, en proie à la panique, en réalisant de quoi il en retournait.

Non, il ne pouvait pas laisser une telle chose arriver ! 

Il s'estimait déjà incroyablement chanceux qu'une personne comme son Yoichi ait bien voulu rester dans sa vie, en dépit des moments horribles qu'ils avaient traversé par sa faute. 

Il se précipita jusqu'à la salle de bain, son tatouage floral le démangeant tout particulièrement. Il garda ses poings fermement serrés derrière lui, malgré son immense envie de les mettre autour de son cou. 

Il leva les yeux vers le miroir, respirant avec difficulté, jeta un coup d'œil tout en marmonnant tout ce que la thérapeute lui avait enseigné, pour l'aider à se calmer.

Il craignait la réaction de son compagnon s'il voyait que, malgré les séances qui avaient lieu deux fois par mois depuis un peu plus de quatre ans, il n'y avait pas eu autant de changement.

Même si ça faisait un moment qu'il n'avait pas eu un tel épisode.

Toc ! Toc ! Toc !

“Michael ? Est ce que tout va bien ?”

Il sursauta à la voix alerte de son partenaire, derrière la porte close, tant il s'était perdu dans le fouillis qui le hantait.

“Mihya ? insista Yoichi. Laisse-moi entrer, s'il te plaît. Je ne vais pas te laisser seul alors que je sens que tu…”

“Pas la peine ! le coupa-t-il, sur un ton plus sec qu'il ne l'aurait voulu. Je suis juste crevé, inutile de tout surinterpréter.”

Mais évidemment, son cher mari le connaissait trop bien pour se laisser berner par de telles paroles. Il se maudit intérieurement de ne pas avoir verrouillé la porte lorsqu'il entendit Yoichi l'ouvrir avec une lenteur démesurée.

Il garda les yeux rivés sur le miroir alors que le Japonais avançait dans la pièce, ses pupilles bleues foncées le dévisageant sans vergogne. Ce qui troubla Michael plus qu'il ne voulait l'admettre, ayant cette sensation familière d'être analysé par l'Omega, bien que ça ne soit pas sur le terrain, cette fois.

Son cœur tambourina un peu plus fort dans sa poitrine à l'odeur si douce des phéromones de son compagnon, dont il n'avait pu réellement profiter ces trois derniers jours. La pression des doigts fins de Yoichi, sur son bras, le força à se détourner du miroir, pour baisser la tête sur le plus petit homme.

“Michael, dis moi ce qu'il se passe. Je sais que ça n'a rien à voir avec Bastard, tu as déjà fait bien pire que ça, à rester sur le terrain ou au complexe sportif jusqu'à ce que tu sois mort de fatigue.”

Le blond garda les yeux rivés sur son compagnon, ne voulant pas que ses stupides instincts ne ravivent la plaie la plus douloureuse, pour Yoichi.

Après tout, c'est lui qui refusait catégoriquement de fonder une famille. Sa peur de ressembler au vieil homme l'étouffait encore, métaphoriquement ou non, bien trop souvent.

“Yoichi, je…”

“Ouiiiiin!!!”

Le couple se figea aux pleurs de Masaki, faibles de prime abord, puis devenant de plus en plus fort au fil des minutes. Yoichi observa tour à tour son mari et la porte de la chambre d'ami, dans laquelle était installé le nourrisson, l'air hésitant.

“Vas donc le voir, sinon ça risque d'empirer. De toute façon, je dois aller me doucher.”

“Tu es sûr que ça ira, Michael?”

L'Allemand leva les yeux au ciel, légèrement ennuyé par tant d'insistance de la part de son cher et tendre.

“Mais oui, je te dis ! Allez, va sinon je vais finir pas t'emmener sous la douche avec moi. Et tu sais très bien comment ça se termine quand on y va ensemble.”

Il eut un petit rictus en voyant les joues de Yoichi rosir, alors que ce dernier souffla à sa proposition.

“Bon d'accord… Mais si tu as faim, après la douche, il y a des biscottes à l'ail dans la cuisine. Et aussi…”

“Je sais ! le coupa vivement Michael, mal à l'aise aux cris plus audibles du petit, ajouta ensuite. Bon sors vite avant que je ne te garde avec moi !”

Il poussa presque Yoichi hors de la salle de bain, ferma dès que l'autre fut sorti. Il resta immobile, l’oreille collé à la porte, entendant les pas rapides de son compagnon se diriger vers son lieu de sommeil temporaire.

Il ouvrit légèrement la porte en faisant attention à ne pas faire le moindre bruit, intrigué par la façon dont Yoichi allait calmer le bébé.

“Hey, je suis là… l'entendit il, bien que faiblement, murmurer. Que t’arrive-t-il, Macchan ?”

Le ton emprunt de douceur et d'affection envers le tout petit le troubla plus qu'il ne voulait l'admettre. Et l'entendre chantonner une berceuse - le lapin des montagnes ? - qui semblait apaiser presque instantanément le bébé ne l'aida pas à le sortir de son désarroi.

Alors c'était comme ça que Yoichi était quand il s'occupait d'un nourrisson…

Il se mordit l'intérieur de la joue, son instinct lui jouant de nouveau des tours, à imaginer que c'était leur progéniture que Yoichi calmait dans la petite chambre.

Il recula et ferma la porte, termina rapidement de se déshabiller, puis fila se doucher.

Moins d'une heure plus tard, il avait fait ses affaires pour séjourner au dortoir de Bastard.

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Il ouvrit la porte avec une précaution toute particulière, vu l'heure à laquelle il arrivait. Il se promit intérieurement de repartir dès le lendemain matin, une fois reposé de son voyage en Espagne, pour reprendre son entraînement intensif.

Et ce quoi qu'en dise ce maître de merde, qui avait pris sa retraite l'année précédente, et était désormais l'entraîneur officiel de l'équipe. L'Alpha Français n'avait fait aucun commentaire lorsqu'il était revenu aux chambres du club, une semaine auparavant, bien que son regard désapprobateur en dise long. 

“Qu'il retourne voir le fou binoclard, ça me fera des vacances…” grommela Michael, piqué au vif rien qu'en ayant l'image de Noël Noa qui se reflétait dans son esprit.

Il jura un peu trop vivement alors qu'il lâcha accidentellement son trousseau de clés, qui tomba avec fracas, dans un bruit métallique assourdissant, sur le sol.

L'absence de réaction de la part de Yoichi, suite au vacarme, le décontenança. Il savait bien que son mari n'était jamais couché à cette heure-ci, lui qui adorait visionner et analyser les matchs dès qu'il en avait la possibilité. Il laissa tomber ses affaires, l'esprit bouillonnant à mille à l'heure, se précipita jusqu'au salon, vide de toute vie.

Son rythme cardiaque s'accélèra brutalement, ne craignant qu'une chose.

Et si Yoichi était lassé de son comportement et avait profité de son départ pour se faire la malle chez l'un de ses amis ? Ce serait tout à fait plausible…

Il fonça jusqu'à leur chambre et ouvrit en grand leur armoire, soupira de soulagement en voyant que les vêtements de son compagnon, ainsi que sa valise, y étaient toujours. Ce qui n'était pas le cas d'une partie des affaires qu'il n'avait pas emmené avec lui, mais il ne s'attarda pas davantage sur le sujet.

Une fois rassuré sur la présence de Yoichi chez eux, se dirigea vers la dernière pièce, hormis la cuisine et la salle de bain, qu'il n'avait pas vérifié.

Son nez se fronça au parfum laiteux, mélangé à celui de son mari, qui lui parvenait de la chambre d'ami. Il toqua doucement à la porte, attendit quelques instants dans l'attente d'une réponse de la part de Yoichi. 

Au bout de quelques minutes à patienter, il appuya précautionneusement sur la poignée pour ouvrir la porte.

L'odeur de lait qu'il avait sentit lui parvint plus fort dans les narines, avec un petit il ne savait quoi qui parvenait à ne pas le dégoûter. 

Ce qui en soit était plutôt inhabituel, lui qui détestait - et le mot était faible - le lait dans toute sa splendeur. 

Il avança à pas de loup jusqu'au lit, installé à l'opposé de l'entrée de la chambre, resta bouche bée par ce qu'il vit.

Yoichi était en position semi-assise, son haut de pyjama - ou plutôt le sien - grand ouvert, entouré de diverses couvertures et vêtements - encore une fois les siens - pour former un nid. Il s'était endormi avec Masaki dans les bras, le tenant fermement même dans son sommeil pour qu'il ne tombe pas.

Il y eut un petit bruit de succion parvenant du nourrisson, aidant ainsi l'Alpha à faire le lien sur la provenance de l'odeur de lait.

Il avait déjà lu quelque part que les Omegas, qu'importe leur sexe principal, pouvaient allaiter sans avoir donné naissance. Leurs instincts primaires et leur biologie pouvaient même faciliter  l'accélération de la production de lait, si la situation l'exigeait.

Mais être témoin d'une chose pareille de la part de son compagnon était une chose complètement différente !

Il examina plus attentivement le visage de Yoichi, eut le cœur serré en voyant les cernes si profondes sous ses paupières. 

Il savait que son absence de quelques jours ne suffisait pas à expliquer comment Yoichi avait pu se retrouver dans un tel état d'épuisement. Tout comme il se doutait que son temps de repos serait largement raccourci, avec un tout petit à gérer de jour comme de nuit, mais tout de même….

La culpabilité rongea l'Alpha, en voyant l’homme qu'il aimait dans un tel état. 

Le voir ainsi lui rappelait la première fois qu'ils s'étaient revus après leur - unique - séparation. Il avait tellement regretté de l'avoir quitté, même si ça avait duré à peine plus d'une année.

Mais ce n'était pas comme si Yoichi lui avait simplifié la tâche, et accepté de reprendre leur relation lorsqu'il lui avait demandé peu après son retour à Bastard, après une année passée à ReAl.

Il sortit de ses sombres réflexions quand il réalisa que le bruit de succion avait cessé, signe que le petit devait s'être endormi.

Ce qui était effectivement le cas, de ce qu’il put constater quand il fit le tour du lit pour s'approcher des - désormais - deux endormis, le petit s'étant légèrement éloigné de Yoichi.

Il hésita longuement, incertain de ce qu'il devait faire, ne voulant pas laisser Yoichi dormir dans une position aussi inconfortable, et mauvaise pour son corps. Mais avec le bébé dans ses bras, impossible pour le Japonais de s'installer plus aisément.

Était-il même capable de tenir un être humain aussi minuscule, sans qu'il n'arrive quoi que ce soit ? 

Il ne tergiversa pas plus longtemps et essaya de retirer le petit des bras de son mari, chose qui fut plus compliquée qu'il ne s'y attendait, vu la force de l'Omega. Il relâcha des phéromones pour le détendre, parvenant finalement à prendre le nourrisson dans ses bras, imitant la posture qu'il avait vu plusieurs fois, que ce soit via ses camarades ou dans divers médias.

Il s'immobilisa quand il vit que le petit, une fois avec lui, avait brièvement ouvert les paupières, pour vite les refermer. Il soupira intérieurement de soulagement, ne voulant pas qu'une crise de larmes quelconque ne réveille son partenaire.

Il déposa le petit dans son berceau, faisant en sorte que la peluche de requin, imbibé du parfum de pêche maternel, soit bien à côté de lui. Il attendit quelques instants afin d'être certain que Masaki soit toujours endormi, reculant dès que ce fut plus sûr.

“Michael?”

Il se figea au regard ensommeillé de Yoichi, qui s'était réveillé dès qu'il avait réalisé que le bébé n'était plus dans ses bras.

“Que… Qu'est-ce que tu fais là, Mihya ? ajouta Yoichi, en s'agenouillant sur le lit. Je pensais que tu ne serais pas là avant demain soir. Et Masaki…”

Il tourna vivement la tête vers le berceau, fut soulagé de voir le bambin endormi dedans. 

“C'est toi qui l'as déposé là bas, Mihya ? chuchota-t-il, surpris. Mais je croyais que tu…”

“Tu as besoin de te reposer, Yoichi… le coupa doucement l'Alpha. Tu vas finir par avoir des courbatures à t'endormir dans une telle position.”

Il vint s'asseoir près de son époux sur le lit, évitant de trop regarder les mamelons gonflés - pourvu de traces de lait - de l'Omega, alors qu'il reboutonnait le haut de pyjama.

“Est-ce que tu as besoin de quelque chose ? s'enquit-il dès qu'il eut fini. Je peux t'apporter à boire, si tu veux. Ou peut-être un…”

Son souffle se coupa lorsque l'Omega le prit dans ses bras, son doux parfum flottant dans les airs. Il lui rendit doucement l'étreinte, faisant taire le trouble qui l'habitait en sentant la pointe d'amertume dans les phéromones du plus petit homme.

“Je ne veux rien, juste... Reste encore un peu avec moi. Au moins jusqu'à ce que je me rendorme, pas plus ! Tu pourras aller dans notre chambre après, promis !”

Michael eut la gorge serré, au regard épuisé et désespéré que lui lança le Japonais.

Il écarta la mèche échevelée du front de son mari, déposa un baiser dessus tout en laissant échapper des phéromones apaisantes. Il pouvait sentir la tension s'atténuer petit à petit dans le corps de Yoichi, réagissant instinctivement au parfum de son compagnon.

“D'accord, Yoichi. Je serais avec toi aussi longtemps que tu le voudras. Mais d'abord, allonge toi, d'accord?”

Il eut un petit sourire aux lèvres en voyant son mari obtempérer à sa demande et se couvrir de l’unique couverture non utilisée pour le nid. Il vint s'allonger à ses côtés dès que Yoichi fut blotti sous la couette, écartant les bras pour que ce dernier puisse se pelotonner contre lui.

Ce dont ne se priva pas l'Omega, affamé de l'affection de son partenaire, qu'il n'avait pu sentir et parfumer depuis des jours. Il ronronna instantanément quand il fut tout contre l'Alpha, retourna en peu de temps dans les bras de Morphée, prouvant à quel point il était épuisé.

Michael resta un long moment à admirer le visage endormi, apaisé, de son mari. Il se pelotonna un peu plus tout contre lui, son nez fourré tout contre la chevelure sombre, pour en sentir son odeur si apaisante.

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Michael tapota machinalement à côté de lui, pas tout à fait réveillé, pour ne sentir que des bouts de tissu sous ses doigts. Il ouvrit les yeux, réalisant tardivement qu'il avait vraiment fini par rester avec Yoichi, pour tout le reste de la nuit.

Il s'assit avec une lenteur démesurée, bailla tout en se massant la nuque, fronça les sourcils à la vue du berceau, sur le côté du lit opposé au sien, vide. Il se dégagea prestement du lit et s'étira longuement, non sans avoir refait le nid avant, se sentant bien plus en forme que les jours précédents. 

Nul doute que dormir de nouveau aux côtés de son mari avait contribué à un repos de meilleure qualité. Il espérait qu'il en était de même pour son cher et tendre.

Il sortit de la pièce sans prendre la peine de remettre son haut, Yoichi lui avait piqué pour son nid, puis se dirigea d'un pas lourd vers le salon, pièce d'où il entendit un bruit de fond

Son cœur rata un battement quand il vit Yoichi installé sur le canapé, les yeux rivés sur la télévision, sur laquelle un match était diffusé, un de ceux qui avait eu lieu il y a peu.

Il l'entendait marmonner il ne savait quoi, sans nulle doute des commentaires par rapport aux joueurs, tout en tenant le bébé tout contre lui. Le faible bruit de succion, ainsi que son haut déboutonné fit aisément comprendre à Michael ce qu’il se passait.

Yoichi était tellement concentré sur le match et le bébé qu'il ne l'avait pas entendu arriver, chose dont l’Alpha s'était accoutumé au fil du temps. 

Mais, après plusieurs minutes à rester debout à l'entrée de la pièce pour le regarder râler, Michael en eut assez.

Il alla s'asseoir juste à côté de son mari, permettant ainsi à l'Omega de s'apercevoir de sa présence, et d'avoir enfin - ou presque - toute son attention.

“Tu es enfin debout, Mihya. Je ne t'ai pas réveillé avec la télé, au moins?”

Michael ne répondit pas dans l'immédiat, posa sa tête tout contre l'épaule de son époux, frotta son nez tout contre le cou mince, huma longuement l'odeur qu'il aimait tant. Il eut presque envie de grogner de satisfaction en sentant le parfums de roses et myrtilles - sans oublier la touche laiteuse - devenir plus fort dans les airs.

“T’as dormi vraiment longtemps… fit maladroitement remarquer Yoichi, les joues rouges au comportement débordant d'affection de son mari. Je… j'ai préparé du café, si tu veux t'en servir une tasse.”

Michael déclina sa proposition d'un simple grondement avant de s'éloigner à contrecœur, pour pouvoir examiner plus attentivement le visage de son époux. Il effleura du bout des doigts la joue de Yoichi, avant de finalement remonter plus haut, juste sous ses yeux.

Le soulagement l'envahit quand il vit que les cernes, bien qu'elles soient toujours présentes, s'étaient brièvement atténuées après une nuit avec lui. Et elles ne seraient bientôt plus qu'un lointain souvenir, il s'en assurerait à coup sûr.

“Michael ? Il y a un problème ?”

Le susnommé sortit de sa torpeur à l'appel du Japonais, qui le dévisageait avec une inquiétude à peine dissimulée. Il secoua négativement la tête et lui lançait un petit sourire rassurant, tout en se levant du canapé.

“Il n'y a rien, j'aime juste admirer à quel point tu es mignon, mon adorable petite souris. Ça fait combien de temps que t'es debout? Il ne t'as pas réveillé trop tôt, n'est-ce pas ?”

Il désigna d'un petit signe de tête Masaki, toujours agglutiné à la poitrine de Yoichi, plissa les yeux à la mine songeuse de l'Omega.

“Ça doit au moins… deux heures, je crois ? Il avait besoin que je lui change sa couche, et il commençait à avoir faim.”

Il mit sa main libre sur sa bouche pour empêcher un bâillement de sortir, chose qui n'échappa guère à Michael et son regard aiguisé, bien qu'il ne le releva pas. 

“Je vais me faire chauffer une tasse de café. Je peux t'en préparer une, si tu veux. Tu as beau avoir suffisamment dormi, selon toi, on dirait que ce n'est pas encore ça.”

Il plissa les yeux lorsque Yoichi refusa son offre avec un petit sourire navré, Masaki l'ayant enfin lâché, complètement rassasié.

“J'ai déjà bu une tasse tout à l'heure… expliqua Yoichi tout en installant correctement Masaki pour lui faire faire son rot. Je ne peux pas prendre trop de caféine, ce n'est pas bon vu qu'en ce moment…”

Il n'eut pas besoin d’en dire - ou d'en montrer - plus, Michael étant très conscient de quoi il en retournait. Il avait un peu de mal, comme la veille, à ne pas garder les yeux rivés sur le torse découvert, avec les tétons rouges et légèrement gonflés, de son mari.

Mais il n'était pas une bête insensible, ou qui ne pensait qu'à copuler ! D'autant plus que Yoichi était bien trop occupé pour s'amuser avec lui de cette manière. 

Il se détourna vivement de l'Omega et fonça jusqu'à la cuisine, sans faire attention à la stupeur de Yoichi, face à la brusquerie de son geste. Il récupéra machinalement sa tasse, posée à proximité de la cafetière, se servant du café dès qu'il l'eut dans les mains. La machine étant programmée pour garder la boisson à une température raisonnable, il n'eut pas le plaisir, ou déplaisir, de se brûler la langue quand il en but une gorgée.

Il eut l'impression que ses capacités cognitives étaient plus alertes maintenant que la caféine coulait dans son corps. Il parcourut pensivement la cuisine du regard, tout en sirotant son café, son cerveau bouillonnant à plein régime.

La mine emprunte de fatigue de Yoichi, ainsi que l'absence visible de vaisselle indiquant un petit déjeuner déjà entamée, le força à passer à l'action. Il prit son portable afin d'envoyer un sms avant de le poser à côté de la cafetière, alla se laver les mains à l'évier de la cuisine, puis sortit tout ce qui lui était nécessaire du réfrigérateur.

Environ une demi-heure plus tard…

“Bon, c'est fini. Je crois que j'ai rien oublié.”

Mais dans le doute il vérifia, pour la troisième fois en moins de dix minutes, le contenu du plateau, et la nourriture encore chaude. Il avait préparé une simple omelette, sommairement roulé à la japonaise, avec un brötchen en accompagnement, ainsi qu'un bol de fruits - frais et de saison - et de la soupe miso, un des sachets en poudre provenant de ses beaux-parents. Il fronça les sourcils, pas tout à fait satisfait de ce menu, bien trop frugal à son goût. 

Cependant, il n'y avait pas assez d'ingrédients dans l'appartement pour faire un repas digne de l'homme de sa vie. C'est le minimum qu'il pouvait faire, vu comme il s'était comporté avec lui.

Son Yoichi n'aurait pas un teint aussi blafard s'il était resté pour le soutenir.

Il regrettait de s’être montré aussi lâche, et d'avoir laissé sa crainte de se transformer en lui le dominer si le petit pleurait sans discontinuer. Surtout que Yoichi était avec lui, et était celui qui s'occupait le plus du bébé. Nulle doute que l'Omega aurait fait en sorte qu'il tienne le coup, et aurait tout donné pour que Masaki se sente suffisamment en sécurité pour qu'il n'ait pas à pleurer, ou faire sentir que ses parents lui manquaient.

Il sortit de ses sombres réflexions quand il entendit son portable vibrer pour signaler une notification toujours posée à proximité de la cafetière. Il se détourna du plateau et retourna rapidement récupérer son portable, leva les yeux au ciel quand il vit de qui il s'agissait.

Il effaça le message sans prendre la peine de répondre à cet entraîneur merdique, malgré son immense envie de lui dire d'aller se faire foutre, puis éteignit l'appareil afin d'être tranquille. Il le posa sur la table dès que l'écran fut noir, indifférent aux risques de louper des notifications liés à ses obligations diverses, prit le plateau de déjeuner pour aller au salon.

Il mit un peu plus de temps que d'habitude à arriver, ne voulant pas renverser ne serait-ce qu'une goutte de la soupe, le bol en étant rempli à ras bord. 

Il soupira intérieurement lorsqu'il vit Yoichi lutter contre le sommeil, tout en tenant fermement le bébé endormi tout contre lui, s'avança à pas feutré pour ne pas le troubler. Il déposa le plateau sur la table basse avec une délicatesse discutable, ayant laissé son impatience - et celle de son Alpha intérieur - transparaître dans son geste.

Il marmonna des jurons quand il renversa un peu de bouillon, jeta un bref coup d'oeil du côté de son mari, s'attendant à une remarque quelconque de sa part.

En dépit de ses sens habituellement aiguisés, et au vu de son état léthargique, Yoichi n'avait pas prêté attention à ses petites maladresses. Mais qu'importe, il allait s'occuper de lui, de toute façon.

“Yoichi ! l'appela-t-il, tout en posant une main sur l'épaule du susnommé. Yoichi, ne t'endors pas comme ça !”

Le Japonais sursauta et leva les yeux vers Michael, la surprise illuminant son visage.

 “Tu es toujours là, Mihya? Mais… et l'entraînement alors? Il y a encore des matchs, non ?”

Le blond balaya les deux questions d'un revers de la main, comme si ce n'était qu'un détail.

“J'me suis fait porter pâle pour la semaine. Pas besoin de te casser pas la tête pour les fioritures, Liebling. Je t'ai préparé deux trois petites choses à manger. Il dort, alors pose le et manger tu vas finir par être encore plus mal que tu l'es déjà à ne pas te nourrir correctement.”

Il désigna le nourrisson, confortablement installé dans les bras de son compagnon, qui dormait comme un loir. Il ne manqua pas le regard affamé de Yoichi sur la nourriture, confirmant ses propos et l'intuition qu'il avait eu à la cuisine, plus tôt. 

Ce qui n'empêcha pas l'Omega d'hésiter un court instant avant de soupirer au grognement très audible de son estomac, l'air vaincu.

“D'accord… céda-t-il, ajoutant aussitôt en sentant la satisfaction émaner de son mari. Mais à condition que je ne mange pas seul ! Tu me mets le match de Bastard à la télé, le temps que je revienne ?”

Michael acquiesça à toutes les demandes de Yoichi, l’observa se lever avec toute la délicatesse du monde, pour ne pas perturber le sommeil du bébé. Son ventre se tordit quand il le vit corriger sa posture avec tant de douceur, comme s'il avait fait ça toute sa vie, tout en faisant ressortir son parfum de myrtilles et de roses, avec sa touche laiteuse. 

Il détourna le regard au départ de l'Omega, préférant se concentrer sur la recherche de la télécommande pour mettre le match que voulait visionner Yoichi, enregistré au préalable. C'était le match le plus récent de leur club, celui-là même pour lequel il était parti en Espagne, quelques jours plus tôt.

Il était absolument certain que Yoichi l'avait déjà regardé en direct, avec le bébé dans ses bras, ou du moins avec lui dans la même pièce. Tout comme il avait la certitude qu'il tenait à le regarder de nouveau en sa compagnie juste pour lui donner son avis sur tout le déroulé de la rencontre avec le ReAl.

Le match avait été très long, avec deux mi-temps, durant lesquelles il avait marqué un doublé tandis que l’accro à la fécondation et l'Itoshi Junior avaient marqué les deux de ReAl. La prolongation de trente minutes suivant juste après n'étant pas parvenu à départager les deux équipes, une séance de tir aux buts avait suivi. 

 Avec quatre buts de Bastard, contre trois de l'équipe espagnole, ils avaient réussi à se qualifier pour la finale de la Ligue des Champions. 

“Me revoilà.”

Il tourna la tête vers l'entrée du salon à la voix de Yoichi, à peine surpris en le voyant revenir avec un plateau contenant de la vaisselle vide, ainsi que des couverts supplémentaires. Vu le temps qu'il avait mis à préparer la télévision, pas étonnant que son compagnon ait pris de quoi partager la nourriture, dans le but qu'il n'élude pas cette partie de leur accord. 

Yoichi le connaissait vraiment trop bien…

Il se leva sans attendre pour lui prendre le plateau des mains, en dépit de l’agacement visible du Japonais, rétorquant avant que ce dernier ne puisse songer à protester.

“On a convenu que nous mangions ensemble, certes, mais laisse moi donc m'occuper du service. Tu n'as qu’à finir de mettre le match, d'accord?”

A peine eut-il finit de parler qu’il posa le plateau sur la table basse, s'agenouillant devant pour répartir la nourriture dans les bois et l'assiette à l'aide d'une grosse cuillère. Il parvint à faire en sorte à ce que son cher et tendre ait une plus grosse quantité de nourriture, bien qu'il sache par avance que Yoichi allait certainement réaliser la différence en très peu de temps.

“Le match va pas tarder à commencer, Mihya…” intervint l'Omega.

Michael hocha distraitement la tête à l'annonce de son mari, venu s'asseoir à sa gauche de la table basse, lui tendit un par un ses plats. 

L'Omega le remercia brièvement et marmonna les bénédicités, imité peu après par son époux.

Le couple commença à manger dans un calme relatif, le match en bruit de fond, Yoichi faisant des remarques sur le jeu de temps à autre.

Michael picorait dans son assiette avec une lenteur démesurée, les yeux rivés sur l'autre homme, écoutant ses critiques - toujours aussi constructives - d'une oreille attentive. Il profita du fait que Yoichi soit plus concentré sur le match afin de transférer une petite partie de sa part, voulant qu'il puisse manger jusqu'à satiété. 

Il doutait que son mari ait pu correctement se nourrir, pendant tout le temps où il s'était absenté, mis à part de plats préparés de ce qu'il avait pu voir dans les déchets.

La culpabilité, déjà bien présente, enfla un peu plus dans son cœur à la réalisation des conséquences d'être parti aussi brusquement et si longtemps. Son Alpha intérieur n'était pas en reste, ne cessant de grogner et de lui reprocher d'avoir abandonné leur compagnon. 

Ce qui, en soit, était exactement ce qu'il avait qu'importe les raisons qu'il pouvait se trouver.

Il serra son poing sous la table, son autre main posée sur celle de Yoichi, fermement résolu à se rattraper coûte que coûte. 

“Michael, la première mi-temps est finie. Tu n'as pas terminé de manger, tout va bien?”

Son regard coula du côté de l'Omega à son intervention plus que bienvenue, avant de tourner brièvement sur la télévision, puis sur la table basse. 

Il fut soulagé de voir que les plats de son mari étaient dépourvus de toute nourriture, au contraire des siens. Ses sourcils se froncèrent, ne se rappelant guère d'avoir autant mangé, si ce n'est quelques bouchées au début du match. 

Apparemment, il en avait déposé plus qu'il ne le pensait dans les plats de Yoichi…

“Je vais tout remettre à la cuisine le temps de la pause.”

Michael sortit de sa torpeur à l'annonce de son compagnon, posa aussitôt sa main sur le poignet de ce dernier à son grand désarroi plus fin que d'habitude, afin de l'arrêter.

“Je m'en occupe, Yoichi.”

Il ajouta peu après, certain que son mari allait protester, vu le regard qu'il lui lançait.

“Tu en as déjà beaucoup fait, meine Liebe. Vas donc t'asseoir sur le canapé, le temps que je range tout ça. Il y en a pas pour long, de toute façon.”

Il fut content de voir Yoichi obtempérer, bien qu'à contrecœur, à sa demande tandis qu'il continuait ce qu'avait commencé le Japonais. Il se leva pour aller poser tout ce qu'il tenait à la cuisine, pouvant presque sentir le regard de son mari lui brûler le dos, au fur et à mesure qu'il avançait hors du salon.

Il se dépêcha de ranger les restes et de nettoyer les plats, ne voulant pas laisser de travail supplémentaire à Yoichi, quel qu'il soit. En une quinzaine de minutes tout était rangé, l'évier vidée de toute vaisselle sale, sa tasse de café inclus. Il jeta à peine un regard sur son portable, toujours éteint, et sortit tranquillement de la pièce pour retourner avec son époux.

Il avait fait à peine quelques pas dans le couloir qu'il se figea en entendant des petits gazouillis provenir du salon. 

Ce qui ne pouvait signifier qu'une chose…

Il se précipita à grandes enjambées au salon, cligna des yeux quand il vit que Yoichi n'était plus seul. 

“Oh, bon retour Mihya ! Tu as déjà fini ? Tu es rapide !”

Le blond hocha distraitement la tête, le regard rivé sur le bébé dans les bras de son compagnon.

Il avait fait en sorte de ne pas mettre trop le bordel, et d'être le plus discret possible pendant le nettoyage, alors comment il avait pu se réveiller ? Et surtout pourquoi il ne l'avait pas entendu pleurer ?

“Je suis allé le chercher quand je l'ai entendu bouger et se réveiller… intervint Yoichi, comme s'il avait lu dans ses pensées. J'en ai profité pour le changer.”

“Il n'a pas dormi longtemps… fit remarquer Michael, tout en venant s'asseoir près de son mari. C'est pas censé dormir les trois quarts de la journée, à son âge ?”

Il entendit Yoichi fredonner en guise d'affirmation, bien qu'il soit toujours concentré sur le nourrisson.

“Il a dormi une bonne heure, je dirais. Il fera une autre sieste plus tard dans la journée. Pour le moment, il sera avec nous pour le reste du match. Hein, Maa-Chan, on va regarder tonton Mii et tonton Ryu se battre pour le ballon et marquer des buts ?”

Il eut l'impression de recevoir un coup dans l'estomac à la vue du sourire illuminant le visage de son partenaire, jumelé à celui du bébé, alors qu'ils interagissaient ensemble. Ça semblait si naturel pour l'autre homme d'être aussi doux avec un tout petit, même avec celui qui l'empêchait de correctement dormir et se nourrir. 

Il ne pouvait pas comprendre dans l'immédiat comment il parvenait à passer outre, mais il devait au moins faire une chose.

“Yoichi.” l'appela-t-il doucement, pas tout à fait certain de ce qu'il allait dire.

“Hmmm ?”

“Je suis désolé.”

Yoichi leva la tête, les yeux écarquillés de surprise, puis acquiesça lentement, l'air compréhensif.

“C'est bon, Mihya. Tu n'as pas à te soucier de tout ça. Je te l'ai dit que je me débrouillerai.”

“Non, j'aurais dû rester avec toi, pas te laisser te crever à la tâche ! rétorqua Michael. Qu'importe mes aprioris ou les autres conneries de ce style.”

Son regard coula un court instant sur le nourrisson, affairé à mâchonner et à baver sur l'aileron de sa peluche requin, l'air nullement intimidé par sa présence.

Il leva la tête peu après, son regard plongé dans les pupilles bleues, plus sombres que les siennes, de son compagnon.

“Je sais ce que j'ai dit par rapport aux gosses, et que ce serait dangereux de le laisser sous ma surveillance… conclut-il. Mais je suis ton mari, je dois te soutenir et faire en sorte que tu sois en bonne santé, pas me barrer à cause d'une difficulté.”

Il posa tendrement sa main sur la cuisse de Yoichi, troublé par l'expression bouleversée sur la mine de ce dernier.

“Qu'est-ce que tu racontes, Mihya ? Tu n'es pas un monstre et tu n'as rien de dangereux ! Tu n'es pas comme lui, tu en es même très loin ! Sinon, pourquoi tu aurais si peur de t'approcher des enfants de nos amis ? Tu ne veux pas leur faire le moindre mal, c'est pour ça que tu les évites, non ?”

Michael resta la bouche close, ne pouvant pas contredire son mari, ses propos n'étant pas complètement dénués de sens.

“Je ne t'ai pas vu hier soir quand tu as mis Maa-Chan dans son lit… ajouta l'Omega. Mais je suis sûr que tu as beaucoup hésité, et que tu as fait très attention à ne pas le blesser.”

“C'était soit ça, soit te laisser dormir dans une position absurde… grommela le blond. Tu l'as fait pendant mon absence, j'en suis certain.”

Il plissa les yeux à la façon dont Yoichi avait brièvement détourné le regard à sa dernière remarque, lui prouvant qu’il avait raison à ce sujet. Cependant, ça ne troubla pas très longtemps Yoichi, à sa non surprise, au vu de la lueur taquin dans son regard.

"Eh bien, tu es de retour maintenant, mon clown suprême, tu pourras m'empêcher de dormir n'importe comment ! Tu sais, il est plutôt facile à vivre pour un bébé de son âge. Selon Ranze, ou plutôt ses parents, il était pareil que lui au même âge. Et apparemment, il n'a pas vraiment changé au fil du temps.”

Michael acquiesça d'un petit signe de tête, sachant à quel point son mari avait raison par rapport à son compatriote et congénère. 

“D'ailleurs… renchérit Yoichi, attirant ainsi la complète attention de son mari. Je vais te prouver que tu es tout à fait capable de le garder avec toi. Tends les bras vers moi, Mihya.”

“Yoichi ?! Qu'est-ce que tu…”

Michael n'osa pas bouger lorsque Yoichi posa, avec toute la délicatesse du monde, Masaki dans ses bras. 

“Voilà, doucement… murmura le plus petit homme, tout en installant correctement le nourrisson dans les bras de son compagnon. Tiens lui bien la tête, il n'est pas tout à fait stable, encore…”

Il écouta distraitement les conseils de Yoichi, le ventre noué de nervosité, le fusillant furieusement du regard quand l'Omega s'éloigna pour observer avec une fierté non dissimulée.

“Tu es impossible, tu sais ça ?” cracha aussitôt l'Alpha pour cacher sa nervosité, non sans être précautionneux auprès du petit. 

“C'est bien pour ça que tu m'a épousé ! rétorqua Yoichi, nullement impressionné. Il n'a pas peur de toi, tu le vois bien ? ”

Le blond fit la moue, peu convaincu par le commentaire enjoué de son mari. 

“Il n'a tout simplement pas encore compris qu'il n'était plus dans tes bras. Quand ce sera le cas, c'est sûr qu'il ne va pas apprécier que ce soit moi, qui le tienne au lieu de…”

Il se tut et baissa les yeux en sentant des petites touches, aussi légères que les battements d'aile d'un papillon, sur son bras tatoué. 

Il s'immobilisa lorsqu’il croisa le regard rougeâtre du bébé, ne s'attendant pas à avoir la moindre interaction avec lui, aussi mineure fut elle.

Il ne réagit pas lorsque le nourrisson attrapa de son petit poing l'une de ses longues mèches bleus, tirant de toutes ses maigres forces dessus. Il siffla de gêne en sentant son cuir chevelu être vivement tiraillé, sans pour autant lâcher le bébé ou s'agacer au geste qu'il savait être dépourvu de malice. 

Son souffle se coupa quand, après ce qu'il lui sembla être une éternité à supporter d'avoir les cheveux tirés, Masaki esquissa un petit sourire dépourvu de dentition, destiné rien qu'à lui. 

Il se moqua intérieurement de lui-même à sa réaction si pathétique, juste pour un tic physiologique du nourrisson.

“Je te l'avais dit, superstar… intervint doucement Yoichi, comme s'il craignait d'interrompre quelque chose, lisant en lui comme dans un livre ouvert. C'est bien le fils d'Alexis, il semble apprécier être avec toi.”

Michael renifla, ne cachant guère son scepticisme face à la remarque de Yoichi.

“Il doit être comme ça avec tout le monde, ne t'excite pas trop.”

“Si tu le dis… céda Yoichi. Tu veux que je mette la suite du match ? Tu as fait des belles actions en seconde mi-temps. Je n'aurais qu'à reprendre Masaki avec moi après, si tu veux.”

L'Allemand hésita un court instant, son regard coulant tour à tour sur son époux et le bébé, affairé à baver sur la mèche bleuté, qu'il avait toujours avec lui.

“Tant que tu es avec moi, je suppose que je peux le garder encore un peu, marmonna-t-il du bout des lèvres. Si ça peut te permettre de te soulager quelques minutes ou plus, je ne suis pas contre.”

L'odeur de myrtilles et de roses s'intensifia dans les airs, démontrant la joie ressentie par l'Omega, à sa réponse. Ce dernier ne se fit pas prier, désactiva la fonction d'arrêt de la télécommande, pour que Michael et lui puissent continuer à regarder le reste du match.

Michael prêta une oreille attentive aux commentaires - pertinents - de Yoichi durant toute la durée du visionnage. Il ne s'aperçut de la fin de la seconde période qu'au moment où l'Omega s'était levé pour s'étirer, le regard brillant d'excitation.

“C'était vraiment intense, Mihya ! Et quand tu as contré Sae avec Jingo c'était…”

Son silence aussi abrupte que soudain, pris de court l'Alpha. Rare était les jours où les moments pendant lesquelles son Yoichi arrêtait de parler, en plein milieu d'une phrase. Sa consternation s'accrut quand il le vit s'asseoir plus près de lui, à la place opposée à celle qu'il occupait précédemment.

“Mihya regarde… chuchota Yoichi, son visage affichant une expression plus douce. Il s'est endormi sur toi.”

Michael cligna des yeux, ayant presque oublié que le bébé était tout contre lui, n'ayant pas remarqué que le nourrisson avait fini par succomber au sommeil. Le bambin, recroquevillé tout contre lui, n'avait pas lâché sa mèche même pour dormir.

“C'est trop mignon… roucoula le Japonais, en effleurant la chevelure légèrement bouclée du petit. Il doit se sentir en sécurité avec toi, vu comme il s'est vite endormi.”

Michael hocha silencieusement la tête, le cœur battant à un rythme effréné, en observant le comportement de son cher et tendre. Quelque chose en lui bouillonna quand Yoichi se mit à ronronner faiblement, son odeur devenant encore plus doux qu'à l'accoutumée.

Il déglutit lourdement, à l'attitude si maternel de la part de l'Omega, ponctué de multiples visions créées par son Alpha intérieur.

Changer d'avis sur la possibilité de fonder une famille juste parce qu'il serait avec Yoichi pour les prochains - et il espérait derniers - jours de baby-sitting était inenvisageable, de prime abord.

Mais évidemment, Michael Kaiser ne pouvait que réaliser l'impossible si l'amour de sa vie était à ses côtés.

 

Notes:

Masaki 06/03/2026
魔咲 Magie/fleurir

C'est le plus long OS que j'ai jamais écrit (après le 3e FuriAka de la dernière fois). Mais comme l'a dit un certain sage (*tousse* @Apolag *tousse*) "Plus c'est long, plus c'est bon"

J'avais une autre fin en tête mais je l'ai oublié avant de pouvoir l'écrire... Bon ça ne modifie pas grand chose ce que j'ai mis alors ça passe !

Oui Ness et Kurona sont des Omegas et ils PEUVENT avoir des enfants ensemble.

Les hommes Omegas et les femmes Alphas ont la possibilité de jouer sur les deux tableaux, dans ma version de l'Omegaverse.

Yoichi vit depuis un bail en Allemagne, donc ouais, il appelle ses proches de Bastard and co par leur prénom. Yoichi à effectivement pu allaiter le bébé de News et Kurona. J'aimais beaucoup l'idée d'inclure l'allaitement induit dans l'Omegaverse.

Dans mon retabli, Ryūsei est un ami proche de Kurona au même titre qu'il est également ami de Rep. Parceque même team pendant un petit moment de la phase 2 ou 3 (?) toussa toussa.

Si vous clignez des yeux, vous pouvez peut-être capter le sous entendu NoaEgo (il faut que je finisse l'OS sur eux).

Je ne pense pas avoir d'autres choses à préciser ou ajouter. Auquel cas bah tant pis !

Je ne sais pas ce que je posterais ni quand, comme d'habitude.

J'espère que cet OS vous a plu.

À la prochaine !