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Tome 2 - Le cercle des licornes

Summary:

Ashton retourne à Poudlard pour sa deuxième année. Il retrouve le grand château, ses couloirs venteux, ses fantômes dissidents, ses salles de classes aux odeurs nauséabondes, mais surtout ses meilleurs amis Lily, Amela et Severus.

Après les événements de l'année passée, le groupe d'amis est d'autant plus déterminé à découvrir la vérité sur ce qu'il s'était passé le jour de la séparation des fondateurs. Mais pourront-ils soutenir également leur amitié à l'instar de ces derniers face au reste de l'école qui ne les comprennent pas ?

Chapter 1: 1 - Le brouillard de l'été

Chapter Text

INTRODUCTION

Ca y est, deuxième tome de ma looong fic. A l'aube de cette deuxième année, Ashton poursuit son aventure dans Poudlard et dans les sombres secrets des fondateurs, et je peux promettre qu'il n'est pas au bout de ses peines. Cette suite se passe donc juste après le tome 1, au cas ou je le précise, n'oubliez pas d'aller lire le tome 1 d'abord ;)

Encore un immense merci à STRIX et Nerpa_Paisible_Joviale (je ne serai pas aller aussi loin sans elle)

Je peux de suite dire que je suis très impatiente de vous entendre découvrir ce tome et y réagir <3

 

Comme pour le précédent, je publierai deux chapitres par semaine : le dimanche et le mercredi

 

Vous aurez ci-joint le premier chapitre, le deuxième arrivera demain !

Bonne lecture !!

 


 

CHAPITRE 01 - Le brouillard de l'été

 

L'été avait été glacial. Cela faisait longtemps qu'Ashton n'en avait pas vécu un comme celui-là. Certes, il n'avait pas neigé, mais il n'avait pas fait beau non plus. Comme si un nuage de brouillard réfrigérant était tombé sur Londres.

Les rues familières s'étaient perdues dans une brume lugubre, où les contours des bâtiments étaient à peine perceptibles et où les ruelles étroites semblaient mener vers des mondes inconnus. Le froid mordant se fait sentir dans l'air, incitant les Londoniens à enfiler des manteaux épais, des écharpes et des gants pour se protéger du temps rigoureux. Les pas des passants résonnaient doucement sur les pavés humides, créant une atmosphère de solitude et de tranquillité. Les rivières et les canaux de la ville disparaissaient à cinq mètres de vue, donnant l'impression de s'évaporer dans l'inconnu. Les lumières des lampadaires diffusaient une lueur dorée à travers la brume, créant des halos lumineux et mystérieux qui conférait à la ville une aura presque magique.

Presque magique.

Ashton s'y connaît en magie, un petit peu tout du moins, comme c'est un sorcier. Enfin un apprenti sorcier.

Il avait découvert il y avait une année de cela que, par-delà tout ce qu'il avait connu, existait un monde. Un monde fabuleux et mystique de magie et de secrets, celui des sorciers. Il avait rejoint une école, Poudlard, où il avait rencontré beaucoup de personnes comme lui qui découvrait ce nouveau monde. Et il était devenu un sorcier, apprenant à se servir de sa magie. Mais après toutes ces découvertes, Ashton avait vécu une grande désillusion à rester deux longs mois loin de Poudlard dans le petit appartement du centre-ville de sa mère. Un petit appartement étroit, très réel, avec des interrupteurs pour enclencher la lumière, une gazinière pour faire réchauffer les plats dans la petite cuisine et un tout petit lit dans sa toute petite chambre.

La seule chose qui ne changeait pas, c'était le bruit.

Si son dortoir à Poudlard qu'il partageait avec ses quatre compagnons avait le luxe d'être spacieux et confortable, il était bruyant, et il avait de la chance, le retour dans sa petite chambre ne le dépayse pas trop. Sa sœur Elie était désormais accompagnée d'un comparse pour produire beaucoup de bruit. Freddie, son cadet de désormais un an et trois mois, pouvait vagabonder dans tout l'appartement pour produire le plus de son avec sa bouche qu'il pouvait. D'ailleurs des choses à dire, il en avait aussi, beaucoup plus que quand Ashton l'avait quitté au Noël dernier. Désormais, il était capable de hurler son propre nom, de s'indigner quand il était en colère et d'imiter comme un perroquet tout ce que pouvaient dire Elie ou leurs parents. 

Ashton avait regretté son lit douillet et le calme du château millénaire à l'instant où il était entré dans l'appartement au retour du Poudlard Express fin de juin dernier. Désormais, le mois de juillet était bien entamé.

Et Ashton s'ennuyait.

Il s'ennuyait même profondément.

En revenant de Poudlard, un château magique avec des fantômes taquins, des couloirs secrets, et des classes où il pouvait apprendre à changer les sauterelles en yoyo et à faire voler des oursons en peluche, Ashton s'était rendu compte qu'il n'avait pas grand-chose à faire de ses journées.

Au départ, il avait essayé de parcourir son quartier pour profiter des rues et de la chaleur mais quand le froid était tombé dès la fin du mois de juin, l'ambiance n'était plus à sortir ou profiter. Alors, il avait commencé à s'enfermer de nouveau, il n'avait pas vraiment eu l'occasion de profiter, et en prime avec la venue du brouillard, Anala, sa cousine et seule amie de son âge, avait été invitée pour passer plus d'un mois dans le sud près de la mer chez une de ses camarades de classe et nouvelle amie du collège. Ashton s'est donc retrouvé seul, sans aucune occupation autre que les séances de lectures d’Elie qui commençait à apprendre l'alphabet. Il serait bien allé chez son père mais ce dernier et Lowell étaient aussi occupés toute la journée et aucun de ses parents ne voulait qu'il reste seul dans un appartement.

Ashton se retrouvait donc à traîner dans le salon de sa grand-mère parfois, mais depuis son retour, elle posait beaucoup de questions sur sa classe et notamment le fait qu'elle n'ait pas aperçu un bout de bulletin scolaire de sa nouvelle école. Comment aurait-il pu ? Déjà, Poudlard n'en délivrait pas, et de toute manière, Ashton n'avait aucun moyen de lui montrer des résultats en métamorphose ou en potions sans avoir à se justifier. Il n'avait pas le droit de parler de son école, ni du fait qu'il soit sorcier, à qui que ce soit, pas même à sa famille proche. C'était la loi des sorciers qui l'imposait à cause du secret magique. S'il révélait qu'il était un sorcier il aurait beaucoup d'ennuis avec le gouvernement sorcier, en tout cas c'était ce qu'affirmaient les professeurs. C'était devenu tellement lourd qu'Ashton préférait abandonner la maison de sa grand-mère où il passait autrefois toutes ses journées que ce soit à jouer dans les chambres du haut avec Anala, dans le salon devant la petite télévision aux heures des enfants, ou dans le petit cabanon de jardin qui était autrefois un vrai refuge. C'était devenu tout aussi triste que nécessaire pour lui.

Finalement, après avoir cherché des excuses pendant près de deux semaines, à se cacher dans sa chambre pour éviter Elie ou à relire en boucle les mêmes bandes dessinées et les magazines, hérités de son père, il avait fini par se résigner à faire ses devoirs de vacances. Tout aussi magique puisse être Poudlard, ses journées d'écoles avaient été remplies de devoirs de classe et de travaux pratiques. Tant et si bien que ses amis et lui passaient plus de temps à la bibliothèque à parler des devoirs qu’à explorer le château. Après, ils n'étaient certainement pas un bon exemple. L'année passée, ses trois amis et lui avaient traîné dans les vieilles étagères de la bibliothèque ancestrale pour dénicher des vieux grimoires et des vieux articles de presse pour en apprendre plus sur les fondateurs de l'école, ce qui faisait que sur leur temps libre, ils restaient aussi à la bibliothèque.

Ashton ne détestait pas faire ses devoirs, déjà parce qu'en comparaison, ses classes étaient beaucoup plus divertissantes que celles d'Anala. Si celle-ci apprenait les mathématiques ou l'intérieur des grenouilles, celle d'Ashton lui apprenaient à transformer les grenouilles en boîtes à musique qui croassent, à faire voler des coussins et même à touiller des potions capables de rendre allergique à la menthe celui qui la boit. La magie était sans limites, fascinante, amusante, et si écrire des lignes et des lignes sur le processus de plantation des champifleur était éreintant, il pouvait toujours y trouver de quoi s'amuser parce qu'il fallait planter les racines hors du sol et le bulbe dedans et le laisser se retourner. Poudlard avait été une source de divertissement sans fin, même s'il n'était pas certain d'avoir retenu grand-chose de ses classes de l'année passée.

Quand il s'est retrouvé à devoir écrire deux parchemins pour le professeur Slughorn sur les propriétés des crocs de serpent dans les potions, il a commencé à s'inquiéter, surtout sans ses amis pour l'aider. Toute l'année, il avait dépendu d'eux pour lui réexpliquer ce qu'il n'avait pas compris ou simplement faire les recherches avec lui sur tel ou tel sujet. Sans eux, Ashton n'était pas bien sûr d'où il allait pouvoir trouver les réponses à ses devoirs. En prime, tous les professeurs leur avait donné quelque chose à faire à l'exception du professeur Hedgehopping qui donnait les leçons de vol, et du professeur Sinistra qui donnait les leçons d'astronomie comme tout le monde n'était pas égal dans l'accès aux étoiles toute l'année depuis chez eux. Ashton n'allait pas s'en plaindre, il aurait eu du mal à voir quoi que ce soit depuis son appartement ou même justifier d'aller regarder les étoiles, surtout avec la vague de froid qui s'était abattu sur la ville depuis le début de juillet il aurait été bien malheureux d'aller courir les étoiles dans le froid glaciale sous la lune. Dans tous les cas, Ashton avait du pain sur la planche ; trois parchemins sur le sortilège Avifors et tous ses usages en métamorphose, un compte-rendu sur les inventions de sortilèges servant à déplacer les objets, un sur les crocs de serpents de Slughorn et un sur les trois révoltes de gargouilles de Londres au début du siècle. Il avait beaucoup de chance de beaucoup s'ennuyer.

Il avait ainsi passé son temps enfermé dans sa chambre à gratter sa plume, sous une couverture chaude alors que le froid s'immisçait par la petite fenêtre haute de sa chambre.

À la fin du mois de juillet, il avait reçu une lettre de son amie Amela qui lui racontait ses journées sous le soleil américain et ses longues réunions de familles sorcières. Amela ne parlait quasiment jamais de la sienne, mais des quatre, elle était la seule à vivre parmi des sorciers, même si la mère de Severus en était également une. Il ne saurait pas dire si sa famille n'était pas proche ou si elle était seulement trop secrète pour en parler, en tout cas, elle n'avait pas l'air de passer ses meilleures vacances, à l'exception faite d'être sur la plage avec ses cousins et cousines et de pouvoir continuer à utiliser sa magie comme les jeunes sorciers américains n'étaient pas contrôlés sur le territoire pour cela. Par contre, elle n'en faisait pas grand-chose. En fait, sa lettre servait surtout à lui dire qu'elle s'ennuyait d'eux et de Poudlard. Ashton s'était empressé de lui répondre et de corroborer ses propos en lui racontant ses propres longues vacances loin du soleil.

Il n'avait reçu de Lily qu'une carte postale à la fin du mois comme son amie était dans le Yorkshire chez sa tante pour le premier mois, elle avait raconté ses balades en forêt et s'était étendue en long et en travers sur le fait que sa sœur Pétunia la boudait totalement et l'avait traitée de monstre toutes les vacances. Ashton était bien désolé pour elle, mais il n'avait pas réussi à lui envoyer mieux que de piteux mots réconfortants lui disant qu'elles finiraient certainement par se réconcilier.

Bien entendu, Severus n'avait rien envoyé, mais Ashton avait glissé un mot pour lui dans sa lettre à Lily pour lui dire de lui transmettre qu'il comptait aussi les jours pour rentrer à Poudlard, comme il se doutait que c'était le cas de son ami.

Mais le grand moment pour Ashton fut finalement de recevoir, le premier août, sa lettre de Poudlard l'invitant à entrer en deuxième année avec une nouvelle liste d'affaires qui était surtout composée des manuels scolaires. La seule chose qui était demandée en plus de ces livres et bien entendu de quoi écrire était un range-ingrédient avec compartiments basique pour les classes de potions et de botanique comme les élèves seraient invités à travailler de plus en plus avec leurs propres ingrédients. La nouvelle avait plutôt réjoui Ashton qui préférait largement avoir le temps de préparer ses ingrédients à l'avance comme ça avait été le cas l'année passée pour la potion wiggenweld que devoir récupérer les vieux ingrédients du professeur Slughorn mis en vrac au fond de la classe et qu'Ashton peinait encore à distinguer les uns des autres. Il en avait parlé à sa mère et Larry qui avaient reçu le papier pour récupérer leur bourse en même temps et ils avaient convenu qu'ils auraient largement les moyens de payer ces livres et ce compartiment et de garder quelques économies au cours de l'année comme il faudra certainement changer ses robes régulièrement au cours des prochaines. En fait, même si aucun ne l'avait dit à voix haute, Ashton avait bien vu qu'ils s'étaient détendus en voyant la liste de fourniture de cette année. Ils avaient semblé tellement rassurés et avaient même dit qu'ils pourraient profiter cette fois de leur sortie pour aller tester le glacier du Chemin de Traverse qu'Ashton et Lowell avaient découvert l'année passée. Bien sûr, ils avaient eu la mauvaise idée d'y penser en présence d'Elie et celle-ci était devenue hystérique à l'idée de goûter cette fameuse glace. Heureusement que les enfants en bas âge comme Elie avaient une mémoire trop courte pour tenir les promesses à l'honneur et après se l'être fait vaillamment promettre par Larry, elle avait totalement oublié ladite glace et était retournée jouer avec son train en bois.

Quand Ashton était rentré dans sa chambre après le dîner ce soir-là, il avait immédiatement tiré du papier pour écrire de nouveau à Lily, comme elle était la seule qu'il pouvait joindre facilement avec du courrier moldu, que Severus ne voulait pas en recevoir chez lui et qu'Amela n'avait pas d'adresse moldue. Il lui dit en quelques mots que sa mère pensait l'emmener le samedi prochain au Chemin de Traverse si elle et potentiellement Severus, pensait pouvoir s'y rendre en même temps. Il n'avait pas beaucoup d'espoir d'avoir sa réponse comme elle revenait tout juste de vacances, mais tentait sa chance, même s'il était impatient de revoir l'école de Poudlard et de retrouver un peu du monde de la magie dont il était presque isolé durant un mois, il espérait surtout revoir ses amis avant le premier septembre.

Malheureusement pour lui, la lettre réponse de Lily ne lui arriva que la veille du samedi et la jeune fille lui avoua qu'elle avait déjà fait ses courses au retour des vacances comme son village était plutôt loin de Londres et que ses parents ne voulaient pas encore faire de la route, ni évidemment prendre le train avec toutes ses nouvelles fournitures. Déçu, Ashton se retrouva donc avec cette fois sa mère et Larry, comme ni son père, ni Lowell n'étaient disponibles, à parcourir la grande rue sorcière pour la quatrième fois de sa vie. Et elle était toujours aussi étourdissante.

Les échoppes grouillaient de monde déjà malgré le fait qu'août soit tout juste entamé, et beaucoup d'élèves qu'Ashton ne connaissait que de vue, accompagnaient leurs parents pour faire leur courses de rentrée. Le pire était naturellement la boutique de livres de Fleury et Bott qui se trouvait tellement prisée qu'un amas de personnes s'entassaient à l'entrée de la porte. Tellement de monde, qu'Ashton, sa mère et Larry ont décidé d'attendre le plus longtemps possible pour s'en approcher et d'aller chercher le range-ingrédients pour les potions. Au moins, la petite boutique de potions au fond du Chemin de Traverse, en face de la banque, était bien plus calme, seuls quelques élèves y traînaient. Ashton remarqua un couple qui avait l'air hésitant devant deux chaudrons basiques, leur petit garçon qui regardait avec fascination le reste des ingrédients. Le garçon était définitivement un premier année, Ashton se sentit un peu grand quand il le voyait s'interroger sur la nature des ingrédients devant lui alors que lui les connaissait. Mais les parents conclurent leur achat avant qu'Ashton n'ose se diriger vers lui.

Les range-ingrédients en question étaient des sortes de petites boîtes rectangulaires assez hautes qui s'ouvraient en deux et dont chaque portes étaient composées de petites étagères et de tiroirs de toutes tailles. Un peu comme dans les films d'espionnage, quand l'espion cherchait un tiroir caché dans un autre.

Larry et sa mère observèrent confus le vendeur leur expliquer les différentes formes de rangement, comme chaque étagère était de taille, forme et profondeur différentes, sans comprendre un traître mot de ce qu'Ashton allait mettre de dedans. À la fin, ils se laissèrent convaincre de mettre trois noises de plus dans un sort de préservation des ingrédients et lorsqu'ils sortirent avec l'achat, la foule devant chez Fleury et Bott avait encore grossi. Mais comme Larry l'avait dit : « Samedi était le jour des courses », pas surprenant que tout le monde ait eu la même idée qu'eux.

Comme aller s'entasser dans la foule ne les attirait pas, ils décidèrent finalement  d'aller visiter le reste de l'endroit en évitant la grande boutique de livres. Ils s'arrêtèrent devant la boutique de Quidditch où Ashton tenta vainement de leur expliquer les règles du sport. Mais il avait vite abandonné et ils s'étaient finalement installés devant la petite échoppe ouverte de divination où brûlait un encens poivré dérangeant mais où le vendeur offrait une intéressante prestation sur son nouveau produit : des cartes de tarots runiques.

« Tu vois Larry, c'était pas une charlatan qu'on a croisé ce jour-là. »

Ashton releva la tête vers sa mère qui observait Larry, les bras croisés et un petit sourire satisfait planté sur les lèvres. Cependant, son beau-père semble très peu impressionné.

« En attendant, rien de ce qu'elle a prédit ne s'est produit.

﹘ Mais si la magie existe, on doit pouvoir prédire l'avenir, n'est-ce pas mon poussin ?

﹘ Je sais pas... mais j'ai entendu qu'on avait un professeur de divination à l'école, répond-il rapidement.

﹘ Ahah, qui a l'air bête maintenant ? s'enthousiasme-t-elle. »

Larry secoua la tête avec tout son esprit cartésien et montra les cartes.

« Eux ce sont de vrais sorciers, celle qu'on a vue, c'était une charlatan.

﹘ Humph, pas dit.

﹘ En attendant, moi j'attends toujours de voir ce fameux homme-cheval... dit Larry avec un sourire.

﹘ Huh-huh, tu le verras, maintenant qu'on sait qu'elle disait la vérité. Si Ash dit que ça existe. »

Ashton se serait bien gardé d'aller lui dire qu'il n'avait aucune idée de si les devineresses existaient bien, parce qu'il n'en avait jamais croisé, il faudrait qu'il demande à Rich quand il reviendrait à Poudlard à la rentrée.

Mais avant qu'il n'ait le temps d'ajouter quoi que ce soit, Ashton vit Larry tendre la tête vers la boutique en face.

« Hey, c'est pas une librairie là ? »

Il montrait une autre petite boutique avec quelques livres posés en vrac devant une grande vitrine un peu sale. Au-dessus était inscrit sur la devanture sur un bleu délavé : Le Marchand des classiques sorciers . En s'approchant de la devanture, il s'avérait que ce magasin faisait de la revente de vieux matériel d'école, on pouvait y voir des vieux chaudrons, quelques livres entassés dans des bacs et une collection de balances qui avaient une étrange couleur pourpre et une forme différente de celle d'Ashton. Curieux, ils entrèrent.

« Si on peut trouver certains de tes livres ici, on gagnerait beaucoup de temps, admet sa mère en l'entrainant immédiatement vers les bacs qui bordaient le mur droit du magasin. »

Au fond du magasin se tenait en observation un hibou grand-duc, ce dernier releva la tête avec paresse vers eux et fit un bref hululement avant de se rendormir. Arriva alors de l'arrière-boutique un jeune homme blond à l'air dégingandé et la barbe hirsute et dont il manquait des parties. Il leur fit un sourire vaguement accueillant en leur passant devant pour claquer la porte qui était restée entrouverte et leur marmonna un salut avant d'aller se poster derrière le micro comptoir.

Ashton vit sa mère lui jeter un coup d'œil avec appréhension avant de finalement se pencher vers le bac de livres pour en attraper le premier.

« Ash, ta liste, souffle-t-elle comme pour ne pas déranger. »

Ashton s'empressa de tirer le papier froissé de sa poche de veste et le tendit à sa mère qui la parcourut du regard.

« On dirait que certains ont déjà été utilisés par d'autres élèves, dit sa mère.

﹘ Ce serait pas surprenant que les professeurs gardent les mêmes ouvrages chaque année, renchérit Larry. »

Il attrapa le livre Botanique magique : Plantes vénéneuses d'Europe par Hadrian Whittle et l'ouvrit avant de soupirer.

« Par contre, c'est pas la meilleure qualité.

﹘ Attend, on dirait qu'il y en a d'autres, dit Ashton en attrapant le même livre un peu plus loin dans le bac.

﹘ Deuxième année ? s'exclame soudain la voix du vendeur. »

Tous les trois se tournèrent vers le comptoir et Ashton hocha doucement la tête sans oser dire un nom.

« Attendez un peu, j'en ai préparé quelques-uns. »

Et il disparut dans le fond de la boutique pour revenir quelques instants après seulement avec un tas de cinq livres.

« V'la, y'a tout, métamorphose, sortilèges, botanique, Histoire de la magie et potions, vous manq'ra plus que s'ui de DCFM, mais bon lui jsais pas où vou-zalel-trouver, on fait que d'la récup ici.

﹘ Oh... merci, dit rapidement la mère d'Ashton en prenant le bloc de livre dans les mains.

﹘ Pas de mal, mon job... Le tout je vous le fait à 10 mornilles, prix imbattable. »

Larry sortit immédiatement les dix petites pièces en argent et les mit dans la main du vendeur qui leur fit un dernier salut.

« Bonne rentrée gamin ! »

Les trois furent sortis en un instant et Ashton vit sa mère regarder les livres.

« Ils ont pas l'air trop mauvais non plus, dit-elle avec un sourire. Une bonne chose de faite ! »

Après quelques hésitations, ils retournent, les bras chargés de livres, vers le magasin de Fleury et Bott. Ce dernier était toujours assailli de toutes parts.

« Hum... chéri, et si tu revenais plus tard en semaine avec Lowell ? Il sera sûrement content, tu prendras cinq mornilles au cas où et tu iras chercher ton dernier livre, t'en penses quoi ? »

Un peu déçu tout de même, il hocha la tête. Il n'avait pas plus envie de rester à piétiner devant le magasin pour un seul livre. Mais c'était dommage, il était très curieux du nouveau : Protéger le Monde Sorcier : Les Fondements de la Défense Magique par Thaddeus Grimblethorn. L'intitulé lui-même donnait envie, il était certain que Lily l'avait déjà lu et relu plusieurs fois depuis le début de la semaine. Son amie était une très grande enthousiaste de la matière depuis leur entrée à l'école.

Ashton était très curieux aussi de découvrir ce que leur réserverait le cours de défense contre les forces du mal de cette année. À la différence des autres matières, il ne connaissait pas encore le professeur qui l'officierait. Étant donné que celui qu'ils avaient l'année passée s'était révélé être un chasseur de reliques véreux et égoïste.

Ashton avait du mal à ne pas penser au professeur Ivoire. Pas seulement parce qu'il était déçu d'avoir vu quelqu'un qu'il admirait et dont il appréciait les classes mais aussi les conseils, se révéler être une mauvaise personne, mais juste par le souvenir de cette nuit où il l'avait menacé pour obtenir les secrets d'Helena.

C'était une bien sordide histoire, Helena, la fantôme de la maison Serdaigle, celle de son amie Amela, était la fille de la fondatrice, et quand elle était jeune, avait dérobé le diadème supposé magique de cette dernière et l'avait caché en Albanie. Elle y avait trouvé la mort, par la faute du fantôme de Serpentard de ce qu'Ashton avait pu comprendre, et depuis elle regrettait chaque jour de s'être enfuie. Mais Ivoire n'avait rien à faire de ses regrets et alors qu'elle osait enfin se confier à Ashton, avait profité qu'il soit là pour la menacer de le tuer pour obtenir des réponses. Le pire dans tout ça était qu'il s'était enfui avec les informations.

Ashton n'avait jamais trouvé la magie terrifiante avant ce jour

Pour lui, tout était fait de merveille, mais lorsque l'on en est victime, elle devenait source d'angoisse. Et Ashton tremblait encore de se souvenir de son corps incapable de bouger ou de produire le moindre son. Ou des pas d'Ivoire dans sa direction disant qu'il allait faire en sorte d'effacer le témoin. Les pas résonnaient dans son esprit, se demandant si un jour Ivoire reviendrait finir le travail. Le soir parfois, il avait l'impression de percevoir des ombres autour de lui se refermer, mais qui disparaissaient chaque fois qu'il allumait la lumière. Ashton n'avait rien dit à ses parents concernant l'attaque, enfin, il avait raconté qu'ils avaient abandonné l'affaire mais il n'avait pas osé parler des menaces, ou du fait que l'homme était désormais dans la nature. De toute façon, il gardait déjà beaucoup de secrets maintenant.

Il gardait ceux de Severus qui couvrait les malversations de ses camarades de maison, et il cachait à ses plus proches amis qu'il savait où trouver le diadème de Serdaigle, peu importe combien il aimerait l'ignorer.

Il se demandait s'il faudrait un jour qu'il leur avoue.

Peut-être pas immédiatement.

 

« Ouf, juste à temps, s'exclame son père secouant sa montre sous ses yeux pour mieux la lire dans l'ombre de la gare. »

Ils venaient de se planter devant l'entrée du quai 9¾, débarquant les bras encore chargés de la malle d'Ashton et dégoulinant d'avoir couru. Heureusement qu'il n'y avait qu'eux deux, la mère d'Ashton aurait été folle qu'il manque de rater le train. En même temps, elle n'avait pas pu être là. Ashton n'avait pas râlé quand celle-ci l'avait envoyé chez son père la veille quand Elie était tombée lourdement malade. Il n'avait même rien dit, l'avait laissé l'embrasser brutalement avant que Larry ne le conduise jusqu'à l'appartement de son père et Lowell dans un silence de mort.

C'était la première fois qu'Elie était malade comme ça. Et puis elle était toute petite alors sûrement qu'être malade était très grave, et sa mère avait l'air au bord de l'évanouissement quand les habituels babillages d'Elie s'étaient transformés en couinement comme un chiot dont on écrasait la queue brutalement en continu. Ashton avait d'abord entendu de grands vas et viens dans le couloir avant de finalement jeter un coup d'œil dehors pour comprendre ce qui animait autant sa mère et Larry et c'est là que les deux avaient semblé se rappeler sa présence. Larry a suggéré de le déposer chez son père comme ils ignoraient s'ils pourraient l'emmener le lendemain à la gare comme c'était prévu.

Et il s'était retrouvé ainsi, coincé dans la voiture avec Larry dans un silence abrutissant où ce dernier semblait avoir une discussion mentale, partagé entre accélérer pour rentrer vite et les emmener à destination en toute sécurité dans cette purée de pois.

Son père, qui avait déjà été prévenu de son arrivée, avait évidemment été content de le voir, tout comme Lowell, et avaient demandé des nouvelles d'Elie avant que Larry ne s'enfuie rapidement dans la nuit après lui avoir donné une courte embrassade pour lui souhaiter une bonne rentrée. Ashton avait été un peu vexé, il n'avait même pas eu un mot de plus, pas même un pour s'excuser de le planter d'un coup. Il n'avait pas été de très bonne compagnie pour son père et Lowell apparemment, mais tout ce que les deux trouvaient à faire était de lui dire que sa sœur irait sûrement mieux très vite.

Ashton avait un peu de remords de ne pas être si inquiet pour elle, alors il ne disait rien. À la place, il a réuni le reste de ses affaires et s'est retrouvé seulement accompagné de son père, laissé à l'entrée du bâtiment par Lowell qui allait rejoindre son bureau de son côté, pour aller à King Cross. La gare était l'une des plus grandes de Londres, et la plus proche de chez son père par chance. Néanmoins, la route pour y arriver était souvent bouchée et ils avaient perdu beaucoup de temps à l'arrêt, puis à trouver une place dans son grand parking avant de finalement atteindre le passage qui le mènerait à son train. Il vit son père un peu nerveux à regarder le mur avant de se tourner vers lui et de le broyer dans son embrassade, lui disant d'écrire beaucoup. Il s'était senti un peu mieux en voyant qu'il lui manquerait et lui avait dit de faire pareil pour le réconforter. Mais il n'avait pas pu rester longtemps car le train partait à dix heures et qu'il devait encore se hisser dedans avant la fermeture des portes dans moins de cinq minutes. Il a salué son père l'estomac noué avant de se précipiter vers le passage, sa malle traînant derrière lui.

Le passage du mur était maintenant plus familier à Ashton, il pouvait sentir comme de léger fourmillement aux extrémités de ses membres alors qu'il passait à travers celui-ci. Il ne put même retenir un sourire en voyant apparaître sous ses yeux l'immense locomotive fumante du Poudlard Express, le train qui le conduirait dans son école et qu'il attendait de reprendre depuis plusieurs mois. Il était impatient.

Entendant un coup brutal de sifflet aigu, il espérait que ce ne soit que le premier, Ashton se précipita au travers de la fumée ardente et noire de poussière pour atteindre le premier wagon et se hisser à l'intérieur. Il n'eut pas de mal à tirer sa malle à l'intérieur et poussa un soupire de soulagement, qui se transforma en soupir d'angoisse en se rendant compte que les portes s'étaient fermées sur lui et qu'il aurait certainement manqué le train s'il était arrivé seulement deux minutes plus tard.

Laissant le temps à son cœur de reprendre son rythme normal, il parcourut le wagon du regard, immense de l'intérieur comme beaucoup de lieux magiques, il était couvert d'une moquette douce au sol et se trouvaient de part et d'autre le long des murs des compartiments qu'il savait décorés de banquettes confortables qu'Ashton était impatient de réessayer.

Toute pensée pour son agacement de plus tôt oubliée, Ashton se dirigea dans le couloir entre les compartiments, espérant repérer un visage familier et tout particulièrement un de ses meilleurs amis, Lily, Amela ou Severus.

Il trouva le dernier dans le compartiment le plus au fond, avant le passage dans le second wagon. Leurs regards s'étaient croisés, mais il n'avait pas vu son ami afficher immédiatement de signe de reconnaissance. Ashton avait hésité avant d'entrer et en remarquant plusieurs Serpentard de leur année à côté de son ami, il compris qu'il valait mieux l'y laisser et à passer sa route, un peu déçu, espérant rapidement croiser au moins l'une des deux autres.

 

Il avait fallu qu'il parcourt deux wagons complets de plus sur les douze, pour qu'il ne croise finalement quelqu'un qu'il connaissait, mais ce n'était pas tout à fait celui qu'il cherchait.

« Hey, Valentine, s'exclame Sirius Black. T'as passé de bonnes vacances ? »

Le garçon s'était mis sur son chemin, sortant des sanitaires mis à leur disposition dans chaque wagon. Ce n'était pas vraiment l'endroit où il s'attendait à le croiser. En fait, il n'avait pas beaucoup pensé à lui depuis le début. Il l'avait même un peu oublié.

« Black, le salue-t-il rapidement. Oui, merci... toi aussi ? »

Il avait du mal à être malpoli de suite, le garçon ne l'avait pas particulièrement agressé. En fait, il ne lui avait jamais rien fait à lui personnellement. Qui sait, peut-être qu'il avait grandi durant l'été et que ni lui, ni son ami ne s'en prendraient à ceux d'Ashton cette année ?

Si la question était simple, il vit le visage de son interlocuteur se transformer en une moue ennuyée.

« Mouais, pas mes meilleures vacances. Pour moi, c'est Poudlard les vraies vacances.

﹘ Les vacances ? L'école ? »

Ashton aurait difficilement pu lui donner raison. Même s'il adorait le château et sa vie là-bas, il aurait du mal à considérer ça comme des vacances avec tout le travail qu'ils avaient à faire. Mais il n'eut pas vraiment le temps d'argumenter comme Rich débarqua d'un compartiment face à eux en même temps.

« Oh, hey Ash ! »

Le garçon était celui dont Ashton était le plus proche dans l'école à l'exception de ses meilleurs amis, il se sentit soudain rassuré d'être éloigné de Sirius Black qu'il salua d'un vague hochement de la tête alors que Rich s'enthousiasmait qu'il arrive en lui disant qu'il restait de la place dans son compartiment.

Dedans, il y trouva Laura accompagnée des deux autres garçons de son dortoir, Christopher et John, qui étaient en pleine partie d'échec version sorciers qui était l'un des jeux fétiches de Christopher. La différence avec les échecs des moldus était simple, prendre une pièce dans cette version impliquait de l'exploser brutalement contre le plateau alors qu'elle mourait dans un cri d'agonie... ce n'était pas la version préférée d’Ashton. De toute façon, il ne jouait pas très bien au jeu malgré le fait que Larry ait essayé de lui apprendre.

Après avoir posé sa malle, se disant qu'il irait parcourir le reste du train plus tard pour trouver ses amies sans avoir à trimballer sa malle, Ashton se laisse tomber à côté de la seule fille du wagon, Laura. Elle avait un carnet de dessin dans les mains et le remplissait à une vitesse hallucinante de coups de crayons et de petits personnages qui semblaient tout droit sortis de son imagination. Elle lui avait confié, l'année passée, qu'elle trouvait dommage qu'il n'y ait pas de cours d'art à Poudlard comme c'était quelque chose qu'elle aurait aimé étudier comme ses cousins qui étaient déjà dans leur dernières années d'école. Il n'avait pas pensé que c'était si important pour elle comme elle l'avait mentionné en passant, mais maintenant qu'il l'observait croquer avec attention, il trouvait aussi dommage pour elle.

« Alors, t'as fait quoi de beau sur Londres ? demande Rich avec un sourire. »

Il trépignait sur son siège, Ashton était sûr qu'il attendait qu'il lui retourne la question pour lui raconter ses propres vacances. Il lui fait un vague haussement d'épaule en réponse.

« Rien, on était dans le brouillard tout l'été.

﹘ Ah ouais, j'ai entendu que y'avait une météo chelou dans le sud, intervient soudain John avant que Rich n'ait le temps de parler.

﹘ Ah bon ? Moi j'ai rien vu de bizarre... dit Christopher.

﹘ Normal patate, on était pas touchés en Écosse, dit John. En tout cas, il paraît que personne ne sait pourquoi c'est arrivé.

﹘ Parce que tu crois qu'il y a une explication ? dit Ashton. »

Pour lui, c'était juste la météo qui était mauvaise, rien de plus.

« Ben souvent quand y'a des dérèglements climatiques, c'est à cause des sorciers... vous savez des malédictions, ou alors la magie qui change, dit John.

﹘ Ah bon ?

﹘ Ma mère disait ça aussi quand la pluie tombe, dit cette fois Christopher. Encore un cœur brisé. »

Il l'avait imité avec une voix aiguë cassée, amusante, mais Ashton comme Laura étaient trop confus pour réagir.

« J'avais pas trop entendu parler de ça, admet Rich. Mais du coup, le brouillard c'est quoi qui le cause ?

﹘ Sais pas... mais tu sais ce que disait Ivoire l'année dernière, on se cache bien dans le brouillard.

﹘ Brrr dis pas ça, s'exclame Laura tournant pâle. »

Ashton n'avait pas écouté la suite. Il avait senti sa gorge se nouer, et la chair de poule le prendre à la mention du vieux professeur. Il n'arrivait pas à croire que l'homme se terrait sûrement quelque part. Cette pensée, ajoutée au brouillard de Londres suffisait à le faire suffoquer et il se releva d'un coup. Sentant ses jambes devenir douloureuse.

« Euh... ça va Ash ? demande John.

﹘ Ouais- je- j'vais voir si je trouve Lily ou Amela, je les cherchais avant, je vous rejoins ensuite.

﹘ Quoi, tu vas pas partir de suite ?

﹘ Tu me raconteras tes vacances ensuite, dit Ashton d'un ton pressant. »

Il s'empressa de passer la porte du compartiment et de la refermer d'un geste, ayant seulement le temps d'entendre ses camarades se demander ce qui lui prenait. Il préféra l'ignorer et se remit à traverser le wagon pour entrer dans le suivant, regardant dans chaque compartiment en espérant y trouver ses amies.