Work Text:
Zed soupire de contentement tandis qu’il blottit confortablement son visage dans son oreiller. Autour de lui règne un calme absolu, normal en cette heure tardive de la nuit. Ses amis, venus passer la soirée à la maison regarder des films, discuter et fêter la fin des examens de fin d’années, sont tous profondément endormis: Eliza, Addison et Willa dorment sur des matelas d’appoint, tandis que Bonzo a préféré se réfugier dans un véritable nid de coussins, et que Wyatt est allongé derrière Zed, roulé en boule à l’autre bout du lit. Wynter s’est endormie dans un canapé du salon et lorsque le zombie a proposé de la déplacer pour l’installer dans la chambre, les autres loups lui ont bien fait comprendre que c’était une mauvaise idée: leur cadette a apparemment le sommeil léger et une vilaine tendance à frapper quiconque la réveille. Ayant déjà eu un aperçu très personnel des talents de boxeuse de Wynter, Zed n’a pas insisté et s’est contenté de la recouvrir d’un plaid en polaire pour lui éviter d’avoir froid.
Et maintenant, il profite d’une bonne nuit de repos, confortablement installé entre Wyatt et le mur. Sa couverture est bien chaude, son oreiller bien moelleux, et les ronflements de Bonzo le bercent. Que demander de plus?
Zed l’ignore, et sa quiétude est de toute façon troublée par le grincement des lattes de son lit. Il n’y prête pas tout de suite attention, mais le bruit se répète, et il sent un mouvement derrière lui, qui se fait de plus en plus prononcé, de plus en plus rapide.
Un grognement ennuyé lui échappe tandis qu’il est arraché aux bras bienveillants du sommeil, et entrouvre péniblement les yeux, cherchant à comprendre d’où vient le problème. Heureusement, sa nature de zombie lui permet de voir parfaitement dans le noir, et il n’a qu’à tourner un peu la tête pour constater que Wyatt s’agite derrière lui.
Le loup est tellement bien caché sous la couette que seuls ses cheveux en dépassent. Après s'être frotté les yeux, Zed peut voir la mèche blanche caractéristique des lycanthropes, étalée sur l’oreiller qu’il a prêté à son ami pour la nuit, que la lune perçant à travers les rideaux troués nimbe de reflets argentés.
Zed observe la tignasse de Wyatt un moment, encore un peu groggy, avant qu’un son qui n’a rien à voir avec les grincements du lit ne lui parvienne.
Un son qui ressemble à s’y méprendre à un gémissement.
Confus et soudain un peu inquiet à l’idée que Wyatt fasse un cauchemar, Zed se retourne dans le lit et pose immédiatement une main réconfortante sur l’épaule de l’autre garçon.
-Hey, tout va bien? chuchote-t-il d’une voix rendue pâteuse par la fatigue.
Wyatt sursaute violemment à son contact et son visage émerge de la couverture. Quand il tourne la tête vers Zed, ce dernier s’étonne de voir une telle panique dans le regard du loup, qu’il essaie de rassurer d’un autre murmure:
-C’est rien Wyatt, c’est rien. Tout va bien.
Son petit-ami déglutit audiblement, les yeux écarquillés, la bouche entrouverte sur des halètements angoissés. Zed lui caresse gentiment l’épaule et lui offre un sourire réconfortant.
-Tu veux en parler? propose-t-il, toujours désireux d’aider ses proches.
Le regard de Wyatt se remplit davantage d’angoisse et il finit par réussir à bredouiller d’une voix à peine audible:
-Parler de quoi?
-De ton cauchemar.
-...Quel cauchemar?
Zed penche la tête, un peu surpris.
-Tu n’étais pas en train d’en faire un? J’ai cru, comme tu n’arrêtais pas de gigoter et de marmonner…
Wyatt ouvre la bouche, la referme, et même dans l’obscurité, Zed peut voir les joues de son petit-ami devenir écarlate. Sa confusion ne fait que s’accentuer.
-Wyatt? Qu’est-ce qui ne va pas? insiste-t-il. Tu es malade? Tu veux que je réveille Willa?
-Surtout pas! s’étrangle Wyatt, un peu plus fort que prévu.
Quelque part dans la chambre, Zed entend Eliza émettre un “Hmmmm.” engourdi, puis le silence retombe, et il focalise à nouveau son attention sur le loup qui partage son lit. Wyatt s’est recroquevillé sur lui-même et fuit maintenant son regard, la moitié du visage de nouveau caché sous la couette.
-Qu’est-ce qui t’arrive à la fin? s’inquiète le zombie. Écoute, si c’est un problème de loup, on devrait peut-être vraiment demander à ta sœur de…
-Pitié, pas ça, couine Wyatt, et Zed se fige lorsqu’il entend la voix de son petit-ami vaciller comme s’il allait se mettre à pleurer.
-Alors dis-moi quel est le problème, bredouille le zombie, de plus en plus angoissé. Wyatt, s’il te plaît!
Le concerné ne répond pas tout de suite, les yeux rivés sur un point dans le vide, l’air bouleversé. Puis il marmonne quelque chose qui se retrouve étouffé par la couverture dans laquelle il a enfoui le bas de son visage.
-Quoi? demande Zed.
Wyatt finit par relever la tête et chuchote d’un ton chevrotant:
-C’est à cause de la pleine lune.
Le zombie cligne des yeux, puis jette un bref coup d'œil en direction des rideaux, à travers lesquels il constate qu’effectivement, la lune forme un rond parfait et scintillant dans le ciel. Un frisson de peur lui remonte l’échine et il bafouille:
-Merde, tu vas te changer en loup, c’est ça?
-Mais non! répond aussitôt Wyatt. Ça n'a rien à voir! Toutes nos transformations sont contrôlées!
-Alors quoi? Wyatt, dis-moi, ou je réveille Willa, s’impatiente Zed, qui ne supporte pas de voir un de ses proches en détresse comme maintenant.
-Ne fais pas ça! supplie à nouveau Wyatt, et il tourne précipitamment la tête vers lui, avant que son regard ne se fasse à nouveau fuyant. Bon sang, je n’arrive pas à croire que j’ai cette discussion avec toi maintenant…
-Wyatt…
-D’accord, d’accord! Je vais te le dire! grogne le loup, et son visage est maintenant entièrement rouge.
Même ses oreilles ont commencé à changer de couleur, et Zed sent son inquiétude continuer à enfler dans sa poitrine. Enfin, Wyatt laisse tomber du bout des lèvres:
-La pleine lune a certains effets… stimulant, sur les loups.
Un silence.
Puis le zombie répond d’une voix perplexe:
-Stimulant dans quel sens?
Wyatt se mordille un instant la lèvre, et Zed observe la façon dont la pointe de ses longues canines s’enfonce dans la peau, parvenant presque à la percer et la faire saigner, avant que le loup ne reprenne d’une voix misérable:
-Dans le sens… Sexuel.
Un ange passe.
Zed reste un instant confus, se demandant même s’il a bien entendu ce que vient de lui dire son petit-ami.
-Je suis pas sûr de comprendre, finit-il par dire d’un ton perplexe.
Le regard de Wyatt se pose timidement sur lui et le loup murmure le plus bas possible:
-La pleine lune excite les loups, Zed. Elle… Oh pitié, est-ce que tu vas vraiment me forcer à le dire? Elle nous donne envie de nous… de nous reproduire.
Zed cligne des yeux près d’une minute après la révélation de son petit-ami. La fatigue continue de lui embrouiller le cerveau, et il a beaucoup de mal à traiter l’information. Puis la réalisation s’inscrit lentement dans son esprit et il se fige. S’il était vivant, ses joues rougiraient comme celles de Wyatt. Mais son corps de zombie ne lui permet que de devenir un peu plus pâle qu’il ne l’est déjà.
Il reste tétanisé pendant ce qui lui semble une éternité, avant qu’un mince filet de voix ne parvienne à lui échapper pour s’envoler dans l’air immobile de la chambre:
-Tu es en train d’essayer de me dire que tu ne faisais pas un cauchemar mais que tu étais en train de te…?
Il s’arrête avant de prononcer le mot, ayant encore du mal à imaginer que son petit-ami était en train de se donner du bon temps à moins d’un mètre de lui, dans un lit qui ne lui appartient pas, au milieu d’une chambre où quatre autres personnes qu’eux sont en train de dormir.
Wyatt laisse entendre un gémissement d’animal blessé et se replie davantage sur lui-même, l’air mortifié.
-Je ne voulais pas! suffoque-t-il entre deux couinements penauds. Je te jure que j’ai essayé de me retenir, mais c’était plus fort que moi, je n’allais pas réussir à dormir si je ne… Enfin tu comprends!
-Non, justement, bredouille Zed.
Wyatt semble de nouveau prêt à pleurer et le zombie s’en veut presque de lui imposer cet interrogatoire, mais il estime qu’il a le droit de savoir ce qui se trame exactement dans son lit, même s’il s’agit de son petit-ami. Et l’autre garçon semble le comprendre, puisqu’il finit par expliquer maladroitement:
-Quand la pleine lune arrive, nos colliers entrent en résonance avec elle. C’est comme un genre d’aimant, tu vois? Et ça… ça nous donne une espèce d’énorme surplus d’énergie, qu’on évacue en faisant… Enfin, tu comprends. On ne le contrôle absolument pas, mais d’habitude, on vit tous ensemble dans les bois, alors c’est plus simple de le gérer. Soit on trouve quelqu’un avec qui passer cette période, soit on se cache quelque part dans un coin de la forêt et on se débrouille tout seul. Et je te jure, Zed, je n’aurais jamais osé faire ce que j’étais en train de faire si j’avais eu le choix! C’est juste… C’est juste tellement compliqué, depuis qu’on vit ici, à Zombietown… Et ça fait déjà trois jours que je dois me retenir, parce que les examens demandent beaucoup trop de temps et d’énergie alors… Alors oui, j’ai craqué, et je suis vraiment désolé. Je veux juste dormir, mais la lune…
La fin de sa phrase se termine sur un sanglot désespéré et Zed sent son coeur se briser. Instinctivement, il pose une main derrière la tête de son petit-ami et la tire doucement vers lui, jusqu’à ce que le visage de Wyatt se retrouve blotti contre sa poitrine, où il évacue sa peine et sa frustration.
-J’en ai marre, gémit le loup entre deux hoquets humides. J’ai l’impression que mon corps est en train de brûler de l’intérieur, j’ai tellement mal, et je n’ai pas eu une minute à moi pour m’en occuper depuis trois putains de jours!
-Shhhh, essaie de l’apaiser Zed, qui passe tendrement ses doigts dans les longs cheveux ondulés de l’autre garçon, allant même le gratter derrière une oreille, parce qu’il sait que ce geste a tendance à calmer les lycanthropes.
Ça marche un peu, s’il en croit le soupir tremblant que pousse Wyatt et la façon dont il se détend légèrement.
-Pourquoi Willa et Wynter n’ont pas l’air d’avoir ce problème? ne peut s’empêcher de demander Zed, dont le regard s’égare brièvement sur la tête de Willa qu’il aperçoit sur un des matelas de rechange, coiffée d’un bonnet de soie.
Wyatt renifle et un bref tremblement l’agite avant qu’il réponde:
-Les filles sont généralement moins impactées. De toute façon, A-Spen aide Willa avec ses cycles maintenant. Et Wynter est encore trop jeune, elle ne devrait commencer à avoir ce problème que d’ici un an ou deux.
-Oh, souffle Zed.
Il est sincèrement désolé pour son petit-ami, et ne peut lui en vouloir d’aucune façon. Après tout, lui-même subit quelques effets secondaires à cause de sa nature de zombie, dont l’envie irrésistible de manger des cerveaux. A côté de ça, être excité par la pleine lune lui semble bien moins grave. Et il connaît Wyatt, il sait que le garçon n’en serait jamais venu à de telles extrémités s’il n’y avait pas été contraint. Alors non, il ne lui tient pas rigueur d’avoir cédé à ses pulsions, pas quand les siennes sont uniquement contrôlées par un bracelet et que Wyatt est la personne la plus gentille et la plus soucieuse de bien faire qu’il connaisse.
-Pourquoi… Pourquoi tu ne m’en as pas parlé? s’entend-il demander après quelques instants qu’il passe à caresser la tête de son petit-ami.
Wyatt ne répond pas tout de suite et s’agite un peu contre Zed. Quand un gémissement étouffé échappe au loup, le zombie comprend qu’il est en train d’essayer de calmer son érection, sans doute en appuyant dessus avec ses mains. Sa méthode n’a pas l’air de marcher, s’il en croit le soupir frustré que pousse l’autre garçon. Puis Wyatt réussit enfin à reprendre la parole et chuchote d’une voix chevrotante:
-J’avais peur que tu trouves ça bizarre et… et peut-être même dégoûtant.
Si Zed était quelqu’un d’autre, peut-être qu’il serait vexé de ce manque de confiance, voire blessé. Ou bien peut-être qu’il se dirait qu’il est un mauvais petit-copain. Mais Zed étant lui-même un monstre, il sait à quel point il peut être compliqué de parler de ce genre de choses à quelqu’un qui n’est pas de la même espèce, aussi ne ressent-il que de la compassion pour Wyatt, qu’il embrasse doucement sur le front.
-Oh Wyatt, murmure-t-il contre la tempe du loup. Je t’assure que ce n’est pas du tout le cas. Mais je comprends que tu n’aies pas voulu en discuter, et je ne t’en veux pas d’avoir voulu garder ça pour toi, d’accord?
Wyatt acquiesce mollement, les yeux baissés. Le zombie l’observe un instant en silence, ne sachant que faire, quand l’autre garçon se met à s’agiter contre lui. Un geignement angoissé lui échappe et il tente de s’éloigner de Zed, pas assez vite pour que ce dernier ne remarque pas la soudaine chaleur que diffuse la peau de son ami.
-Hey ça va? bafouille-t-il, de nouveau inquiet.
-Non, ça recommence à faire mal, répond Wyatt, qui se replie vivement sur lui-même, cachant encore son visage dans la couette. Je peux… Je vais essayer de sortir, et j’irai me calmer dehors, je suis désolé, je pensais que si je faisais ça vite, personne ne le remarquerait, et que je pourrais dormir, je suis désolé, Zed, tellement désolé, je te jure, je…
Comprenant que la situation est en train de déraper et que Wyatt est réellement en souffrance, Zed ne réfléchit pas et lui attrape brusquement l’épaule. Surpris, le loup ressort la tête de la couverture et lui offre un regard confus. Ses pupilles sont étrangement dilatées et il respire par à-coups, la peau brillante d’une fine pellicule de sueur. Zed frissonne, s’étonnant de trouver cette vision de son petit-ami particulièrement attirante. Ses ongles s’enfoncent un peu dans l’épaule de Wyatt sans qu’il le remarque, mais l’autre garçon n’émet aucune plainte, se contentant de fixer Zed, attendant de savoir pourquoi ce dernier l’a retenu.
La réponse lui est finalement donnée dans un murmure incertain:
-Et si je t’aidais?
Zed se retrouve figé par sa propre audace. Qu’est-ce qui lui prend de proposer une telle chose? Bien sûr, Wyatt est son petit-ami, mais ils n’ont jamais rien osé de trop intime. Quelques caresses maladroites par-dessus leurs vêtements, des baisers par-ci par-là, mais rien de plus.
Seulement, les larmes qui perlent au coin des yeux du lycanthrope donnent une furieuse envie au zombie de faire tout son possible pour le soulager et le consoler.
-Comment ça? bredouille Wyatt après un silence incrédule.
Zed lui offre un sourire un peu timide. Lui-même ne sait pas vraiment comment. Mais il sait pourquoi: il aime Wyatt, ce dernier a mal, et le zombie refuse de laisser un de ses proches souffrir sans rien faire.
-Tu as dit que vous passez parfois cette période en couple, non? Comme Willa et A-spen? reprend-il d’une voix aussi douce que possible, conscient que le sujet est particulièrement délicat. Et… Et je suis ton petit-ami… Alors peut-être qu’on pourrait essayer à deux aussi, au moins cette nuit?
C’est au tour de Wyatt de cligner des yeux une longue minute, au bout de laquelle il répond dans un halètement abasourdi:
-Tu n’es pas sérieusement en train de me proposer de…?! Zed! Tu n’as pas conscience de ce que tu suggères!
Le zombie hausse les épaules. Sous ses doigts, il sent le bras de Wyatt se couvrir de frissons, et il trace instinctivement de petits cercles apaisants sur sa peau avec son pouce.
-Je veux juste t’aider, peu importe comment, dit-il en toute sincérité.
Wyatt s’agite contre lui, les oreilles maintenant tout-à-fait écarlates. Quand Zed réalise qu’il tremble, il essaie de le serrer contre lui, mais le loup échappe à son contact en secouant la tête.
-On ne peut pas faire ça, bafouille Wyatt. Je ne peux pas te demander une telle chose, non, pas question. Je peux me débrouiller tout seul, je l’ai déjà fait…
-Mais tu n’es plus tout seul, insiste Zed. Écoute, voilà ce que je te propose: je te donne un coup de main -Wyatt renifle à ce choix de mots douteux- cette nuit et demain, on met tout sur le compte de la pleine lune, on oublie, et on reprend où on en était.
-Je ne sais pas si j’en serai capable, chuchote le lycanthrope d’une toute petite voix. Tu es mon tout premier petit-ami… et si ça gâchait tout?
Zed lui sourit, rassurant et bienveillant, comme à son habitude. L’envie d’aider scintille dans ses yeux verts, plus forte que jamais.
-Ça ne gâchera rien, annonce-t-il très sérieusement, et Wyatt le croit.
C’est ça, le talent de Zed: inspirer confiance à quiconque l’écoute parler ou le voit sourire, parce que le zombie est d’une sincérité éblouissante et qu’il est impossible de ne pas s’en rendre compte ou d’en douter.
Et Wyatt, même s’il aimerait dire que c’est de la folie et refuser cette proposition, n’en peut malheureusement plus de subir les caprices de sa lycanthropie sans aide. Alors il soupire et baisse les yeux, sentant la reddition poindre dans son esprit.
-... D’accord, dit-il après encore un moment de réflexion. Je… Je veux bien que tu m’aides.
Il sait que si les autres ne dormaient pas juste à côté d’eux, Zed pousserait probablement un cri de victoire et sauterait au plafond. Heureusement, le zombie parvient à se contenir et lui adresse simplement un sourire si large qu’il atteint presque ses deux oreilles.
-Génial, chuchote Zed. Alors? Qu’est-ce qu’on est censé faire maintenant?
Wyatt se mord à nouveau la lèvre, plus embarrassé que jamais.
Cette situation est tellement inattendue, tellement lunaire -dans tous les sens du terme-, il ne sait pas comment réagir. Tout est allé si vite, et Zed a l’air tellement heureux de pouvoir l’aider…
-D’abord, qu’est-ce que tu es… prêt à faire exactement? bredouille le loup quand il réalise qu’ils n’ont pas éclairci certains points cruciaux de leur arrangement.
-A quel niveau? demande Zed, l’air étonnamment innocent.
Wyatt frissonne, soudain très inquiet que l’autre n’ait pas vraiment compris dans quoi il s’embarque.
-Zed, tu es bien conscient qu’on parle de… de sexe, pas vrai?
Oh bon sang, Wyatt ne pensait pas avoir cette discussion aujourd’hui. La chaleur qui lui ravage le bas-ventre est cependant tellement intense qu’il n’a pas vraiment la capacité de réflexion pour se dire qu’il devrait mettre un terme à cette histoire. Tout ce qu’il veut, c’est que la douleur s’arrête et qu’il puisse enfin se reposer. L’idée de recevoir une aide extérieure est tout simplement trop tentante pour qu’il y résiste, mais il veut quand même être absolument certain que son petit-ami sait dans quoi il s’embarque.
Heureusement, il semble que ce soit le cas, puisque Zed hoche la tête, les joues sensiblement plus pâles que tout-à-l’heure. A force de côtoyer les zombies, Wyatt a fini par comprendre que c’est leur façon de rougir, et il trouve ça étrangement mignon.
-Alors qu’est-ce que tu veux ou ne veux pas faire? insiste Wyatt, peinant de plus en plus à garder son calme.
-Euh… Très honnêtement, je n’en sais rien, répond Zed, un peu penaud. Mais on peut… commencer en douceur, et voir où ça nous mène? De quoi tu as besoin, dans l’immédiat?
Le mot échappe au loup avant qu’il puisse le retenir:
-J’ai besoin de jouir.
Et il plaque aussitôt une main sur sa bouche, le visage brûlant, les yeux écarquillés d’horreur. Zed le fixe un instant, totalement pris au dépourvu. Puis un sourire un peu bancal fleurit sur ses lèvres et il acquiesce.
-Ok, dit-il simplement.
Et, à la stupéfaction de Wyatt, il se rapproche soudain, envahissant son espace vital comme tant d’autres fois auparavant, sauf que ce soir, tout est tellement différent, tellement plus intime… Le lycanthrope frémit lorsque la fraîcheur de la peau du zombie lui parvient, et il pousse un soupir de contentement lorsque sa propre chaleur reflue un peu.
Il est sur le point de demander ce que compte faire Zed quand il sent quelque chose bouger sous la couette. L’instant d’après, des doigts glacés entrent en contact avec la peau bouillante de son ventre, juste sous l’ourlet de son t-shirt. Le loup sursaute et ouvre de grands yeux surpris, mais Zed lui sourit toujours du même air rassurant.
-Il va falloir que tu me guides un peu, chuchote le zombie. Et que tu te détendes, si tu y arrives.
Wyatt hoche fébrilement la tête, toujours ahuri du tour que prend cette soirée. Lentement, avec une certaine difficulté, il oblige son corps à se relâcher. Ses jambes s’étendent timidement, mais il n’arrive pas à enlever ses mains de son érection, encore trop honteux pour ça. Le sourire de Zed s’adoucit et il pose sa main à plat sur l’abdomen du loup, la laissant là le temps que Wyatt s’habitue à sa présence.
-Je veux juste t’aider, chuchote le zombie. Tu n’as rien à craindre de moi.
-Je sais, murmure Wyatt, les yeux de nouveau plein de larmes. Mais j’ai peur…
Un petit baiser est pressé contre son front et le loup pousse un soupir tremblant, tout son être n’aspirant qu’au contact de Zed, alors que son esprit le supplie de fuir le plus loin d’ici et d’oublier tout ça.
-C’est normal, chuchote le zombie, qui se tord le cou pour lui picorer gentiment la bouche avec la sienne. Et c’est pour ça qu’on va y aller à ton rythme. Peut-être que tu pourrais commencer par te caresser tout seul?
Wyatt se mordille une nouvelle fois la lèvre, le regard fuyant. La proposition de Zed semble plutôt bonne, en plus d’être assez alléchante, et il finit par opiner légèrement du chef.
-A ton rythme, lui rappelle son petit-ami d’une voix affectueuse, lorsqu’il amorce un geste.
Le loup lui jette un bref regard, avant de fermer les yeux et de prendre une profonde inspiration. Puis, lentement, il glisse une main dans son short de pyjama, et frémit lorsque ses doigts entrent en contact avec son sexe toujours tendu. Terriblement conscient de la main de Zed toujours posée sur son ventre, Wyatt hésite un moment.
Mais un rayon de lune lui frappe soudain le dos et le loup sent la faim revenir et le frapper comme un raz-de-marée. Sa main se met aussitôt en mouvement, reprenant où il s’est arrêté lorsque Zed l’a surpris. Il a tellement envie de mettre vite un terme à cette expérience qu’il s’impose immédiatement un rythme sec et rapide, cherchant à jouir le plus rapidement possible. Sauf que quelque chose le bloque. L’orgasme est là, gonflé dans le creux de ses reins, prêt à éclater à tout moment, mais il n’y arrive pas. C’est comme un ballon de baudruche qui résisterait aux stylos qu’on lui plante dedans, et c’est tellement inconfortable, tellement douloureux!
A tel point que Wyatt finit par pousser un gémissement désespéré et se recroqueviller contre Zed, le souffle court, le sang battant follement dans ses tempes. Contre lui, le zombie représente un repère solide et tangible auquel il peut se cramponner de la main qui ne caresser par son sexe. La peau de Zed est froide, son cœur bat à un rythme effroyablement lent pour un humain, mais normal pour un zombie. Le calme qui transparaît de lui permet à Wyatt de rester ancré à la réalité, mais ne l’empêche pas de pleurnicher:
-J’y arrive pas! Ça fait mal!
Zed glisse aussitôt un bras sous son épaule et le ramène à lui, blottissant son nez dans les cheveux ébouriffés du jeune loup.
-Ok, respire, essaie de l’apaiser le zombie d’une voix douce. Est-ce que je peux essayer?
Wyatt acquiesce immédiatement, fou d’angoisse et de désir.
La main qui reposait encore sur son ventre se met alors en mouvement et le lycanthrope jappe lorsque le bout de doigts tout froids se pose à la base de son sexe. Un délicieux frisson lui remonte le long de l’échine et il s’agrippe plus férocement à Zed, les crocs découverts par un halètement surpris.
C’est avec une timidité évidente que la main du zombie prend la place de celle du loup, enroulant prudemment ses doigts autour de sa verge palpitante. La sensation est étrange pour les deux garçons et Zed sent ses joues chauffer lorsqu’il réalise qu’il est en train de caresser le sexe de son petit-ami. Même son cœur bat un peu plus vite dans sa poitrine tandis qu’il découvre à quel point la peau est douce et délicate à cet endroit. Il s’attendait à devenir intime avec Wyatt un jour ou l’autre, mais dans de telles conditions Avec leurs amis qui dorment juste à côté? C’est tellement rapide, tellement inattendu, tellement… excitant?
Zed pince les lèvres, gêné par ses propres sentiments, et préfère se concentrer sur la chair soyeuse qui glisse maintenant entre ses doigts.
-Tu me dis si je fais quelque chose qu’il ne faut pas, chuchote-t-il, avant de commencer à caresser le loup.
Son rythme n’a rien à voir avec celui que Wyatt s’était donné tantôt, non, le zombie le caresse avec une certaine maladresse, il tâtonne, explore, à tel point que le lycanthrope finit par demander:
-Zed… Tu ne t’es jamais masturbé?
Un silence sans équivoque lui répond et Wyatt lève des yeux ahuris vers son petit-ami, qui se hâte de rétorquer:
-Bien sûr que si! Mais pas… Pas comme ça.
Wyatt ouvre la bouche pour demander ce qu’il entend par là, quand Zed tord son poignet d’une manière qui lui fait voir des étoiles, et un gémissement ravi lui échappe. L’instant d’après, une bouche s’écrase sur la sienne et Wyatt se fige, ahuri. Le contact est bref, Zed recule presque aussitôt, et lui offre un regard d’excuse.
-Faut pas réveiller les autres, explique le zombie, dont les deux mains sont prises et qui n’avait pas donc d’autre moyen de faire taire le loup.
Ce dernier s’empourpre de plus belle et hoche la tête, compréhensif, avant de poser une main sur sa bouche, au cas où, et laisse Zed reprendre où il en était.
Le zombie apprend heureusement vite et Wyatt ne tarde pas à sentir le plaisir l’inonder à nouveau. Il va jusqu’à balancer ses hanches d’avant en arrière pour s’enfoncer lui-même dans le poing de son petit-ami, courant après un orgasme qui continue de le fuir.
Et Zed, qui ne veut rien d’autre qu’aider, le caresse le temps qu’il faut, glissant parfois son pouce sous le prépuce, ou l’ongle de son index sur la fente de l’urètre. Quand il fait ça, Wyatt a enfin de hurler, et doit se mordre la main jusqu’au sang pour se retenir.
Au bout de ce qui lui semble durer une éternité, le loup sent qu’il s’approche de la libération.
-Zed, halète-t-il. Zed, je vais…!
Il n’a même pas le temps de finir de prévenir l’autre garçon: l’orgasme le frappe de plein fouet et il se tord de plaisir contre le zombie, les crocs profondément enfoncés dans la peau tendre entre son pouce et son index pour empêcher un cri de lui échapper.
Hélas, son bonheur est de courte durée, puisque Wyatt réalise bientôt que non seulement il n’a pas éjaculé, mais qu’en plus, son sexe est toujours dur et douloureux.
-Oh non, sanglote-t-il, désespéré.
-Un souci? bredouille Zed. Je t’ai fait mal?
Wyatt secoue la tête, la vue brouillée par des larmes de frustration.
-T’as été parfait, s’étrangle-t-il. Mais mon corps… Merde, c’est pas normal, ça devrait pas faire ça!
Zed se redresse aussitôt, comprenant que quelque chose cloche. L’inquiétude brille dans ses yeux verts et Wyatt pâlit lorsque le zombie suggère:
-On devrait réveiller Willa, si ça ne va vraiment pas, peut-être qu’elle aura la solution à…
-Je t’interdis de réveiller ma sœur pour lui parler de ce qu’on est en train de faire! siffle Wyatt, terrifié à cette idée.
Zed se dégonfle aussitôt et se rallonge près de lui, l’air de chercher quoi faire exactement. Wyatt finit par remarquer que sa main est toujours enroulée autour de son sexe et s’en écarte prudemment, plus gêné que jamais. Incapable de s’en empêcher, il jette un regard par-dessus son épaule, en direction de la fenêtre.
Dehors, la lune brille toujours, et quand son éclat se pose sur le visage de Wyatt, ce dernier sent un grondement sourd lui remonter dans la poitrine, sur laquelle son collier luit de plus en plus intensément.
Ses instincts prennent momentanément le dessus sur tout le reste et il ne se rend pas compte qu’il se cramponne maintenant aux hanches de Zed, s’avançant de sorte que sa verge glisse entre les jambes du zombie, qui bondit de surprise avant d’attraper les poignets du loup.
-Wyatt? bredouille Zed, abasourdi. Qu’est-ce que tu…
Le lycanthrope le fait taire d’un baiser, en même temps qu’il réussit à enfouir son pénis entre les cuisses de son petit-ami, et son bassin se met immédiatement à onduler d’avant en arrière. Le pyjama de Zed est doux contre son érection, mais le prive du contact peau-à-peau, et arrache un autre grondement à Wyatt, dont les coups de hanches deviennent rapidement frénétiques. Son esprit n’arrive plus à former une seule pensée cohérente, le loup a complètement pris le dessus sur l’humain.
Et Zed est trop surpris pour bien comprendre ce qui lui arrive. Chaque fois que la verge de Wyatt se faufile entre ses jambes, il sursaute, les joues de plus en plus chaudes. La sensation n’est pas désagréable… Bien au contraire, en fait, et Zed se mord vivement l’intérieur des joues lorsque le sexe de son petit-ami se presse soudain sur un point qui lui fait brièvement voir des étoiles et pousse ses hanches à bondir vers l’avant, agitées d’un spasme inattendu.
Bientôt, ils sont deux à bouger dans le lit, se frottant l’un à l’autre comme si leur vie en dépendait. Les mains de Zed trouvent une prise solide sur les fesses de Wyatt, dont les griffes sont maintenant profondément enfoncées dans la peau tendre de ses hanches. Heureusement, les zombies ne saignent pas, et ont une bonne tolérance à la douleur, aussi Zed le remarque-t-il à peine. Il est de toute façon bien plus occupé par le besoin grandissant de ressentir à nouveau cet éclair de plaisir que Wyatt lui a procuré il y a quelques instants. Alors il se laisse aller, oubliant que leurs amis sont allongés à deux mètres de là et que toute cette situation va beaucoup trop vite. Tout ce qu’il veut, c’est que Wyatt n’arrête pas de bouger, surtout pas, pas avant que…
-Merde…! s’étrangle Zed quand l’extase le frappe à nouveau, plus fort cette fois, et il se cambre contre Wyatt, les yeux écarquillés.
Sur son bras, le Z-Band émet un bip! inquiétant, mais le zombie n’y prête aucune attention, l’esprit engourdi par le bonheur qui y crépite à chaque mouvement des hanches de son petit-ami.
Un autre grondement finit cependant par échapper à ce dernier et il recule soudain, haletant. Déçu que ça s’arrête, Zed lui jette un regard interloqué, et constate que les pupilles de Wyatt sont tellement dilatées qu’on ne voit presque plus ses iris. Les crocs à découverts, les cheveux en bataille et les joues écarlates, le loup a l’air plus affamé que jamais, et Zed comprend rapidement ce dont il a besoin lorsque Wyatt se met à tirer sur son pantalon de pyjama.
-Att…! suffoque le zombie, abasourdi. Wyatt! Attends une seconde! Arrête-toi!
Le loup se contente de grogner une nouvelle fois et Zed réalise que sa nature animale est devenue trop forte pour que Wyatt l’entende. Mais têtu comme à son habitude, le zombie attrape les poignets de son petit-ami pour l’empêcher de lui arracher son pantalon et se penche pour presser son front contre celui du lycanthrope.
-Wyatt, appelle-t-il avec plus de douceur. Wyatt, je sais que tu es là, quelque part. J’ai besoin que tu reviennes, s’il te plaît.
L’autre tente de se libérer de son emprise, découvrant ses crocs dans une grimace menaçante, mais Zed refuse de le lâcher. Wyatt ne doit de toute façon pas vraiment avoir envie de lui échapper, puisque les loups sont naturellement plus forts que les zombies dont le Z-Band est allumé.
Ils restent donc comme ça une minute, durant laquelle le loup-garou continue de gigoter un peu, allant même jusqu’à avancer de nouveau ses hanches dans l’espoir de reprendre là où ils s’étaient arrêtés, mais Zed l’en empêche, préférant attendre qu’il redevienne lucide. C’est aussi important pour lui que pour Wyatt: il refuse que leur première expérience sexuelle se passe comme ça, que Wyatt ne soit plus maître de lui-même, voire qu’il ne se souvienne de rien lorsque la pleine lune aura disparu à l’horizon.
Zed ne connaît que trop bien cette sensation d’être dépossédé de son corps, de perdre le contrôle, et de voir sa nature la plus profonde remonter à la surface pour effacer tout le reste, ne laissant derrière elle que le vide et l’instinct. Il est impensable qu’il laisse Wyatt dans cet état.
Alors il continue de le tenir jusqu’à ce que le loup se calme. Ça leur prend presque cinq minutes, au bout desquelles Wyatt cligne péniblement des yeux. Quand il les rouvre, le doré de ses iris est revenu, et Zed sourit lorsque son petit-ami lui offre un regard confus, avant de bredouiller:
-Zed? Il s’est passé quoi?
Le zombie offre un rapide baiser au lycanthrope, avant de lâcher ses poignets.
-T’as eu un petit moment d’absence, rien de grave, fredonne-t-il contre les lèvres de Wyatt, qui poursuivent les siennes quand il s’éloigne. Ça va?
-... Je crois? répond le loup, toujours un peu perdu. Je t’ai fait mal?
-Pas du tout, le rassure aussitôt Zed, qui retourne lui gratter l’arrière d’une oreille, jusqu’à sentir une des jambes de Wyatt s’agiter sous la couette, et cette réaction lui arrache un petit rire. C’est même tout le contraire. Mais… Mais je voulais que mon petit-ami soit avec moi pour la suite.
Quand tout ce qu’il obtient comme réponse n’est qu’un autre regard perplexe, Zed pousse ses hanches vers l’avant, et le sexe encore tendu de Wyatt se retrouve appuyé contre son pubis. Les yeux du loup s’écarquillent aussitôt et une nouvelle rougeur éclate sur ses joues.
-Oh, balbutie-t-il, abasourdi. Cette suite-là.
-Hmmm, confirme Zed avec un sourire rayonnant.
-Tu… Tu es sûr? chuchote Wyatt, dont les yeux font maintenant la navette entre le visage du zombie et ce qu’il se passe sous la couette. Je veux dire… On devrait peut-être attendre, non? C’est… ça arrive tellement vite…
Zed l’embrasse encore et glisse une main sous la couverture pour retourner cajoler distraitement la verge de Wyatt, qui sursaute contre lui, la bouche ouverte sur un halètement tremblant.
-Mais on en a envie tous les deux, murmure le zombie, dont les lèvres dérivent pour lui permettre d’embrasser le cou de Wyatt.
La peau y est tellement chaude et douce, elle sent bon les aiguilles de pin, l’herbe humide et la terre… L’embrasser, c’est comme embrasser la forêt.
Zed sourit.
Dans sa main, le sexe de Wyatt pulse avec avidité, et lorsque le zombie glisse ses doigts plus loin, il constate qu’un léger relief a gonflé la base. Zed se souvient vaguement d’avoir lu un truc sur la reproduction des loups et la façon dont les mâles se retrouvent bloqués à l’intérieur des femelles pendant l’accouplement, le temps d’être sûrs que la fécondation ait lieu. Quand il a l’audace de se demander si c’est pareil pour les lycanthropes, une chaleur infernale éclate entre ses jambes, qu’il serre aussitôt l’une contre l’autre, les yeux grands ouverts.
Bip bip! fait son Z-Band, et Wyatt demande aussitôt, la voix rendue tremblante par les caresses faussement innocentes de Zed:
-Toi aussi, tu perds le contrôle?
Le zombie secoue la tête.
-C’est bon, t’inquiète. Ça arrive toujours quand je… quand je me fais du bien.
Et le cerveau reptilien du lycanthrope rebondit aussitôt sur cette information, le poussant à chuchoter:
-Et tu te fais souvent du bien?
Le visage de Zed a maintenant la même blancheur immaculée que de la neige fraîche.
-Pas… Pas vraiment, bafouille-t-il. Les zombies ont… moins d’appétit sexuel que les humains ou les loups. Mais ça m’arrive parfois, oui.
Et Wyatt, la mine ravie, tente aussitôt sa chance:
-Tu peux me montrer?
Un ange passe.
Zed ouvre la bouche et la referme plusieurs fois, comme un poisson hors de l’eau. Wyatt ne le lâche pas du regard, attendant une réponse que le zombie n’arrive pas à formuler. Il y a tellement d’amour dans ses grands yeux dorés, tellement de douceur… le zombie réalise soudain ce que propose réellement Wyatt: le loup s’est déjà beaucoup amusé ce soir, et souhaite qu’il en soit autant pour son compagnon.
“Tu es toujours tellement attentionné et inquiet que tout le monde ne soit pas égal…” songe Zed avec affection, alors qu’il offre un autre baiser à son petit-ami, avant de lui sourire.
-D’accord, dit-il, et il doit plaquer une main sur la bouche de Wyatt lorsque ce dernier bascule la tête vers l’arrière, prêt à hurler de joie. Attention, faut pas réveiller les autres!
Wyatt referme aussitôt la bouche et lui offre un regard d’excuse, puis appuie un petit baiser sur la paume de la main de Zed, qui échappe un rire. Son amusement s’estompe rapidement lorsqu’il prend conscience de ce qu’il s’apprête à faire, et c’est avec une certaine appréhension qu’il s’écarte de Wyatt pour se mettre plus à l’aise. Les yeux du loups se baissent aussitôt pour regarder sous la couette, où les mains du zombie se trouvent maintenant, attrapant l’ourlet de son pantalon pour commencer à le baisser.
-Euh… Wyatt? chuchote Zed, qui ne peut pas s’empêcher de frémir sous l’intensité du regard de son petit-ami. Il y a peut-être un léger détail dont j’aurais dû te parler avant…
-Lequel? demande le lycanthrope sans ciller, et le zombie regarde avec beaucoup d’intérêt la façon dont il se lèche les lèvres, dardant sa jolie langue rose entre ses crocs.
-C’est… C’est à propos de moi. De mon corps, continue Zed, qui continue de baisser son bas de pyjama, ainsi que son boxer, jusqu’à ce que le bas de son ventre apparaisse.
-Si tu veux me dire que t’es super sexy, je peux t’assurer que je ne t’ai pas attendu pour le remarquer, baragouine Wyatt d’une voix émerveillée, et Zed peut voir qu’il fait un effort considérable pour ne pas tendre les mains et le toucher.
Un rire étouffé lui échappe et il secoue la tête.
-Si c’était que ça, dit-il puis, de la même manière qu’il est préférable d’arracher un pansement d’un coup sec, il tire brusquement son pantalon vers le bas, presque jusqu’à ses chevilles.
Un silence assourdissant s’en suit, que Zed met à profit pour regarder un point par-dessus la tête de Wyatt, incapable d’affronter son regard pour l’instant.
-Surpriiiiiiise, murmure-t-il avec l’impression que son cœur essaie de s’échapper de sa poitrine, maintenant rempli d’un mélange de peur, de honte et de doute.
Wyatt reste muet encore une minute, avant de bredouiller:
-Tu… Euh… Tu es…
-Trans, oui, complète Zed à sa place, toujours sans le regarder.
-J’allais dire “magnifique”, en fait, rétorque aussitôt Wyatt et cette fois, le zombie trouve le courage de le regarder en face, stupéfait.
Le loup lui offre un sourire radieux, l’air parfaitement sincère, ce qui n’empêche pas Zed de murmurer:
-Tu n’es pas fâché?
Wyatt secoue aussitôt la tête de droite à gauche, avant de la poser sur son oreiller. Zed l’imite, et ils se font face quelques secondes, avant que le loup réponde:
-Pourquoi je serai fâché? Je suis amoureux d’une personne, pas seulement d’un corps.
-Oui mais… J’aurais au moins pu t’en parler, dit Zed, profondément surpris que son petit-ami l’accepte si facilement.
Wyatt hausse l’épaule qui n’est pas appuyée sur le matelas et son sourire se fait plus doux.
-Et moi, j’aurais pu te parler de ce petit souci avec la pleine lune, dit-il. On a tous nos petits secrets. Le tien me plaît beaucoup, si jamais tu te demandes.
Et Zed retrouve le sourire.
La voilà, la légendaire bienveillance de Wyatt, dont le principal intéressé n’a même pas conscience, mais dont son entourage se régale en permanence, qui permet à tout le monde de se sentir en sécurité avec le jeune loup, peu importe le sujet abordé. C’est l’une des facettes du lycanthrope qui a poussé Zed à tomber amoureux de lui, et le zombie sent un vif élan d’affection enfler dans sa poitrine. Un peu fébrile, il bouge dans le lit, jusqu’à se retrouver à nouveau blotti contre Wyatt, et ce dernier l’entoure aussitôt de ses bras.
-Merci, chuchote Zed.
-Pourquoi?
-Pour tout. Pour ta gentillesse, ta patience, ta douceur… Tout. Merci.
Un sourire est pressé contre sa clavicule, par-dessus son t-shirt de pyjama.
-Dans ce cas, merci pour ta compréhension et ta tendresse, répond le loup d’une voix feutrée.
Ils restent comme ça un instant, profitant simplement de la présence l’un de l’autre, avant que la pleine lune ne se rappelle à eux: l’un de ses rayons va caresser le dos de Wyatt, qui sursaute violemment et s’écarte en frissonnant de Zed, mais ce dernier a le temps de sentir le sexe du loup s’agiter et palpiter furieusement contre lui.
-Ça fait de nouveau mal? demande-t-il, inquiet.
Wyatt acquiesce, mais parvient à lui offrir un petit sourire.
-C’est tenable, chuchote-t-il. Et même si c’était pas le cas, on n’est pas pressés.
Zed sent son coeur faire une nouvelle embardée dans sa poitrine. Même dans cet état, Wyatt arrive à trouver la force de lui offrir l’espace et le temps dont il a besoin. Véritablement touché, il offre un autre baiser à son petit-ami, avant de se réinstaller confortablement sur le dos.
-Donc tu veux toujours me regarder…? demande-t-il lorsque l’incertitude revient.
Mais Wyatt hoche immédiatement la tête, les yeux de nouveau pétillants.
-J’aimerais beaucoup, si tu veux bien, répond-il du tac-au-tac.
Le zombie retrouve un semblant de confiance. Il détourne ensuite le regard, le temps de prendre une profonde inspiration et de calmer un peu les battements de plus en plus précipités de son cœur, qui va maintenant presque aussi vite qu’un cœur humain. Puis, avec une certaine timidité, il faufile à nouveau ses mains sous la couette, que Wyatt soulève un peu pour regarder ce qu’il fait exactement.
Lorsque ses doigts effleurent son pubis, Zed frémit et ferme les yeux.
La dernière fois qu’il a fait ça remonte à plusieurs mois et il a toujours eu un peu de mal à vraiment se mettre dans l’ambiance. C’est d’autant plus compliqué qu’il se sent maintenant observé, mais il fait abstraction autant que possible, avant de baisser davantage ses mains. Bientôt, ses doigts effleurent le haut de sa vulve et le petit capuchon de peau sous lequel se cache son clitoris, sur lequel Zed appuie de façon expérimentale. Un maigre éclat de plaisir naît entre ses jambes, qui s’estompe presque immédiatement. Le zombie ne s’y attarde pas, préférant glisser son majeur entre les lèvres de son sexe. A son grand étonnement, elles sont humides, et il réalise seulement à cet instant qu’il a vraiment aimé sentir Wyatt se frotter contre sa vulve. Ses joues se remettent à chauffer tandis qu’il bouge son doigt de haut en bas, lentement, presque tendrement, le temps de s’habituer à son propre contact.
A côté de lui, il entend Wyatt prendre une inspiration tremblante, et lorsqu’il sent le loup bouger, Zed devine qu’il a recommencé à se caresser, calquant son rythme sur le sien.
L’idée qu’ils se masturbent l’un à côté de l’autre le fait trembler de la tête aux pieds, assez fort pour que son majeur se plie soudain, et Zed sursaute lorsqu’il le sent frôler l’entrée de son vagin. Il s’en écarte presque aussitôt, presque apeuré.
-Ça va? demande aussitôt Wyatt, qui a bien sûr senti son trouble.
Zed opine timidement du chef.
-C’est bon. J’ai juste… Pas l’habitude, chuchote-t-il en retour.
-Oh. Ok. Alors prends ton temps, l’encourage son petit-ami. Trouve ce qui te fait vibrer.
Le zombie sourit, rasséréné par ses paroles. Wyatt a l’air prêt à attendre toute la nuit qu’il se fasse plaisir, quitte à ignorer sa propre frustration.
-Je t’ai déjà dit que je t’aime? murmure Zed.
-Je crois, oui, mais rien ne t’empêche de le répéter, taquine le lycanthrope.
-Dans ce cas, je te le dis: je t’aime, Wyatt Lykensen.
Le loup émet un grondement enjoué et se rapproche un peu. Zed le laisse faire et lui offre un sourire vacillant, avant de retourner explorer prudemment la partie la plus intime de son corps et qu’il connaît très peu, en fin de compte.
Alors il prend son temps, comme Wyatt le lui a demandé, et essaie tout ce qui lui passe par la tête: écarter ses lèvres avec deux de ses doigts, frotter son majeur de haut en bas, d’abord lentement puis plus vite, titiller l’entrée de son vagin du bout d’un ongle sans jamais y entrer tout-à-fait, appuyer sur ce qu’il pense être son clitoris…
Il finit d’ailleurs par jeter son dévolu sur ce dernier, qu’il commence à masser avec son majeur et son index, se régalant des douces vagues de plaisir qui parcourent son corps lorsqu’il appuie un peu plus fort dessus.
Sans même s’en rendre compte, sa tête bascule vers l’arrière et de petits soupirs ravis lui échappent, tandis que ses hanches commencent à se balancer inconsciemment vers le plafond.
A côté de lui, Wyatt frissonne comme s’il était en pleine crise d’hypothermie, fasciné par ce qu’il est en train de voir. Il ne pense pas avoir déjà assisté à un plus beau spectacle que celui de son petit-ami en train de découvrir les merveilles cachées de sa propre anatomie, et voir le visage de Zed de tordre de bonheur suffit presque à le faire jouir. Hélas, la pleine lune le maintient sous son emprise et l’empêche de profiter pleinement de l’expérience, aussi se contente-t-il de caresser distraitement sa verge, de sorte à calmer juste assez sa frustration pour ne plus avoir mal.
Sa contemplation est cependant interrompue lorsque Zed ouvre brusquement les yeux et se mette à bafouiller:
-Wyatt, il se passe un truc, il y a quelque chose, il…
Ses gestes se font frénétiques, il semble ne plus réussir à s’arrêter de se caresser, et Wyatt gémit lorsqu’il comprend ce qui est en train de se passer.
-Lâche prise, murmure-t-il.
Et Zed obéit.
Sa bouche s’ouvre sur un O surpris, ses fesses quittent le matelas dans un sursaut extatique, des veines noires apparaissent sur sa peau blanche, et il se fige brusquement, comme s’il était pris dans la glace. Wyatt se dépêche de graver le moindre détail de ce qu’il voit dans sa mémoire, admirant chaque seconde de l’orgasme de Zed, qui dure près d’une minute, avant que le zombie se laisse retomber dans le lit, haletant fébrilement, les yeux vitreux, agité d’une multitude de frissons.
Le loup en profite pour venir se lover contre le flanc de son compagnon, à qui il laisse le temps de reprendre ses esprits pour demander:
-C’était bon?
Ce à quoi Zed répond d’une voix absente:
-Je crois que mon cerveau a fondu.
Wyatt émet un petit rire, qu’il étouffe dans le coton du t-shirt du zombie, avant d’offrir un sourire resplendissant à ce dernier.
-C’est génial, chuchote-t-il. Je suis heureux pour toi.
L’autre garçon lui adresse un regard encore embué de plaisir, avant de se tordre le cou pour l’embrasser langoureusement, ne reculant que quand leurs poumons crient grâce. Ils prennent encore un moment pour s’admirer l’un l’autre, avant que la faim ne devienne à nouveau trop importante pour Wyatt, qui se remet à s’agiter, les sourcils froncés par une grimace douloureuse.
Zed se redresse aussitôt, la mine soucieuse, et glisse la main -celle qu’il n’a pas utilisée pour se masturber- sur la joue du loup, le forçant doucement à le regarder en face.
-Hey, ça va aller ok? dit-il d’un ton sérieux. On va trouver une solution. Ensemble.
Wyatt le fixe, ravalant courageusement ses larmes.
-Je veux pas te forcer, bredouille-t-il.
Le zombie le rassure d’un baiser et l’attire tout contre lui.
-Crois-moi, j’en ai vraiment envie, répond-il, avant de rire un peu. Vraiment vraiment envie, en fait. C’est la première fois que ça m’arrive.
-Vraiment?
-Je te l’ai dit: les zombies n’ont pas faim de grand chose en dehors des cerveaux.
Et Wyatt ne peut pas s’empêcher de se sentir flatté, d’une manière peut-être un peu étrange certes, mais néanmoins agréable.
Sauf que sa nature inquiète reprend malgré tout le dessus et il s’éloigne un peu de Zed, qui le fixe d’un air confus, et Wyatt se hâte d’expliquer:
-Désolé, c’est juste que… C’est pas du tout comme ça que je voyais notre première fois à deux. Et j’ai pas envie… J’ai pas envie de tout gâcher pour toi.
La surprise de Zed laisse aussitôt place à une émotion si profonde et si pure que le loup n’arrive pas à la nommer, mais ça le fait frémir jusqu’aux tréfonds de son âme. De nouveau, le zombie pose une main sur sa joue et la caresse avec toute la douceur du monde.
-J’avoue que je n’avais pas non plus prévu ça, chuchote-t-il avec un léger sourire. Mais ça me va, Wyatt. Je te l’ai dit: j’en ai envie. J’ai envie de toi, je suis prêt. Tant pis s’il n’y a pas de pétales de roses sur le lit où de bougies parfumées. Ce n’est pas ça le plus important.
Wyatt cligne des yeux, avant de bafouiller:
-Comment tu sais pour les pétales de roses?
Zed étouffe un rire dans son oreiller, ne laissant qu’un seul de ses yeux visibles, et il pétille de mille feux lorsqu’il se pose sur Wyatt.
-Willa t’a balancé, dit-il d’une voix un peu moqueuse, et Wyatt s’empourpre vivement.
-Tu vois? C’est pour ça que je veux surtout pas qu’on la réveille, grogne-t-il, mortifié. Elle me laisserait jamais tranquille avec cette histoire.
-De toute façon, je n’avais plus du tout l’intention de lui demander de l’aide, fredonne Zed, et son regard change à nouveau, se remplit d’une lueur que Wyatt reconnaît tout de suite comme étant de la faim.
Avant qu’il puisse réagir, une main gelée s’enroule à nouveau autour de son sexe et le corps du loup bondit à ce contact, avide d’en avoir plus. Son impatience s’efface pourtant sitôt qu’il sent Zed se rapprocher de lui, et la peur revient lorsque l’extrémité de sa verge entre en contact avec le pubis du zombie.
-Zed, chuchote-t-il avec urgence, les yeux écarquillés quand il se rappelle d’un léger détail. On n’a même pas de capote.
L’autre garçon s’immobilise un instant, semble y réfléchir, puis lui adresse un sourire incertain.
Les yeux de Wyatt s’ouvrent davantage, si bien qu’il craint un instant qu’ils vont sortir de leurs orbites. Jamais il n’aurait cru que Zed puisse être comme ça, et pourtant…
-Euh je… Je préférais te prévenir, finit-il par répondre. Au cas où… Il y aurait un risque que tu…? Enfin, tu comprends.
Son compagnon penche la tête, comprend, et sourit.
-Aucune chance, assure-t-il d’un ton confiant. Les zombies ont une fertilité tellement basse qu’on a toujours besoin de passer par un labo et… Bref, je te passe les détails, mais c’est juste pour te dire que ça ne craint rien du tout. Et j’ai pas non plus de maladies.
-... Oh, dit très intelligemment Wyatt, qui ne pensait pas en apprendre autant sur la biologie des zombies.
Il n’a de toute façon pas le temps d’y réfléchir que Zed s’avance de nouveau, les yeux remplis d’une flamme vorace.
-Tu as encore des questions ou pas? demande-t-il, et sa voix semble avoir baissé de deux octaves.
Wyatt cligne des yeux quelques secondes, le temps d’assimiler deux choses: premièrement, que sa propre faim semble avoir été transmise à Zed et deuxièmement, qu’il aime beaucoup voir son compagnon dans cet état, à tel point que les effets de la pleine lune se font à nouveau sentir, bien plus forts que tout-à-l’heure, forçant le loup à bouger.
Une de ses mains trouve une prise solide dans le creux de la hanche de Zed, ses griffes se plantent férocement dans la peau d’albâtre, tandis que son autre main empoigne la base de son sexe. C’est avec une lenteur pleine de fébrilité qu’ils s’approchent l’un de l’autre. Zed est obligé de lever une jambe pour permettre à la verge de Wyatt de se glisser entre ses cuisses, et un violent frisson les parcourt tous les deux lorsque l’érection du loup se love entre les lèvres de la vulve du zombie.
Wyatt est obligé d’enfoncer son visage dans son oreiller pour étouffer le gémissement qui lui échappe soudain. Il n’est même pas encore à l’intérieur de Zed et il se sent pourtant déjà prêt à jouir, accablé par la sensation d’un sexe humide et brûlant, pressé contre son pénis. Il n’a même pas la présence d’esprit de se demander comment il est possible que tout le corps de Zed soit froid alors que sa vulve semble faite de lave en fusion. De toute façon, il se moque de la réponse, tout ce qui lui importe est d’imaginer ce qu’il ressentira lorsque sa verge pénètrera à l’intérieur du corps de son compagnon.
Un nouveau gémissement franchit ses lèvres à cette idée et il plante violemment ses crocs dans sa taie d’oreiller, la déchirant presque immédiatement. Il lui faut faire un effort colossal pour parvenir à tourner la tête et regarder Zed du coin de l'œil. Ce qu’il voit le fait trembler d’envie: son compagnon a de nouveau le visage tordu par le plaisir et de petits halètements se faufilent entre ses lèvres entrouvertes. C’est alors que Wyatt sent le très léger mouvement de balancier des hanches du zombie, et comprend que l’autre est en train de frotter sa vulve sur sa verge, pressant son clitoris tout contre la chair rigide à sa portée. Wyatt pourrait le regarder faire ça toute la nuit, tant ce spectacle est saisissant, mais la lune se rappelle encore à lui et cette fois, c’en est trop.
Alors le loup bouge et change d’angle, avant de soulever un peu ses hanches.
Les yeux de Zed s’ouvrent à la seconde où le bout du pénis de Wyatt se presse à l’entrée de son vagin, et ses mains vont immédiatement s’agripper aux épaules du lycanthrope, qu’il regarde d’un air ahuri.
-Toujours partant? parvient à demander Wyatt, dont le bon cœur garde le dessus sur ses instincts, malgré la faim qui gronde dans le creux de ses reins et lui embrume l’esprit.
Zed hoche la tête et réussit même à sourire.
Incapable de résister davantage, Wyatt s’avance.
Son gland se presse contre le sexe du zombie et il n’a qu’à appuyer légèrement pour réussir à le pénétrer.
Le monde explose aussitôt autour de lui.
Il ne hurle pas, ne convulse pas de bonheur, ne lacère pas les draps, non, il se contente de se figer, tous les sens soudain engourdis, uniquement capable de se focaliser sur la chaleur étouffante qui entoure maintenant le bout de son pénis. La sensation, couplée à la réalisation qu’il est à l’intérieur de son compagnon, lui coupe le souffle.
Zed n’en mène pas large non plus: la tête jetée en arrière, la bouche ouverte sur un cri muet, le zombie est tétanisé. Chacun de ses muscles se contracte et se relâche, le temps de s’habituer à l’intrusion, et Wyatt à l’impression de mourir et de ressusciter sans discontinuer.
Il ne réalise même pas que pendant cet instant de flottement où plus rien n’existe autour de lui en dehors de Zed, son corps se remet en mouvement. Lorsqu’il reprend ses esprits, le loup se rend compte qu’il est enfoncé jusqu’à la garde dans le vagin du zombie.
Ça y est.
Ils ne font plus qu’un.
Wyatt et Zed.
Le loup et le zombie.
Ne formant plus qu’un seul corps, une seule entité, liée par l’acte le plus intime qui soit.
Quand ils prennent conscience de ce fait, c’est comme si quelqu’un rebranchait la prise: un violent courant électrique traverse leurs corps et ils se pressent l’un contre l’autre, délirants de fièvre et de faim.
Leurs bouches se trouvent dans un fracas de dents et de langues, leurs mains griffent, agrippent, caressent, ils ne savent même plus qui fait quoi, ni même où finit le corps de l’un et commence le corps de l’autre.
Tous leurs instincts balaient la dernière miette d’inquiétude qui pouvait persister chez eux et c’est d’une voix d’outre-tombe que Zed ordonne soudain:
-Bouge.
Wyatt obéit dans la seconde, désespéré d’accéder aux moindres désirs de son compagnon.
Voilà comment ils commencent à se balancer l’un contre l’autre à un rythme infernal, incapables de réfréner leurs pulsions les plus primitives. Il n’y a pas de place à la timidité ou à l’incertitude inhérente à la jeunesse dans leur étreinte, leur nature profonde les écrase sans leur laisser le temps d’envahir leurs esprits.
Désormais, le loup n’a plus qu’une envie: posséder.
Et le zombie n’a plus qu’un besoin: dévorer.
C’est donc ce qu’ils font, animés par une ardeur inhumaine.
A chaque coup de hanches, Wyatt savoure la chaleur veloutée de la vulve de Zed, dans laquelle il s’enfonce encore et encore, accablé de plaisir.
Quant à Zed, il serre les jambes et contracte le moindre de ses muscles pour que son clitoris continue de se frotter à la verge de Wyatt, envoyant des éclairs d’extase rebondir dans chaque cellule de son organisme.
Dehors, la lune brille de mille feux, témoin silencieux de cette étreinte au goût d’interdit.
Hélas, ils sont tellement focalisés sur la folie de l’instant qu’aucun d’eux n’entend les Bip! Bip! assourdissants du Z-Band de Zed, qui finit par avoir raison du sommeil d’Eliza, dont la voix pleine de sommeil s’élève alors dans la chambre:
-Zed? Tout va bien?
Les deux garçons se figent aussitôt, comme frappés par la foudre. Ce n’est qu’à ce moment-là que Wyatt remarque à quel point la situation a dérapé: le visage de Zed n’a presque plus rien d’humain, il est envahi de veines noires et ses yeux sont presque intégralement rouges, pareils à deux braises fumantes, remplies d’une faim mortelle, et et le loup réalise que ce n’était qu’une question de seconde avant que le zombie ne se transforme pour de bon. L’intervention d’Eliza permet cependant à Zed de reprendre ses esprits et son Z-Band arrête bientôt de sonner, se remettant bientôt à briller d’un vert doux sur le poignet du garçon.
-Zed? répète Eliza, et Wyatt l’entend bouger derrière lui, s’asseyant probablement sur son lit d’appoint pour jeter un coup d'œil à son ami.
Ce dernier attrape aussitôt la tête du lycanthrope et la serre tout contre sa poitrine, où Wyatt entend le cœur du zombie battre à un rythme effréné.
-Eli? finit par murmurer Zed d’une voix tremblante.
-Oui? Est-ce que ça va? J’ai entendu ton Z-Band sonner.
-Euh… Je crois que j’ai dû faire un cauchemar. Désolé de t’avoir réveillée.
-Oh… Ce n’est rien, ne t’excuse pas. Je suis rassurée que ce soit juste ça. Wyatt dort encore?
-Hmm. Il a le sommeil super lourd.
Le loup ne peut s’empêcher de sourire à cette annonce, avant de frémir lorsqu’il sent Zed frotter maladroitement ses jambes l’une contre l’autre, et le geste offre une friction inattendue à la verge de Wyatt, qui se trouve toujours confortablement installée dans le corps du zombie. Le lycanthrope se mord la lèvre jusqu’au sang pour se retenir de gémir, mais ne peut hélas pas interdire à ses hanches de donner une brusque impulsion vers l’avant. Son sexe s’enfonce avec force dans la vulve de Zed, dont les lèvres s’ouvrent pour laisser échapper un hoquet surpris, que le zombie parvient plus ou moins à étrangler d’une main sur la bouche. Heureusement, Eliza ne semble pas avoir entendu ni vu quoi que ce soit de suspect, et Wyatt l’entend bâiller, avant de chuchoter:
-Tant mieux s’il dort bien. D’ailleurs, tu m’excuseras, mais je vais faire pareil. On pourra discuter de ton rêve demain, si tu veux.
-Ok, merci Eli, balbutie Zed d’une voix tendue.
Le sourire de Wyatt s’accentue, révélant ses crocs, et il donne à nouveau un petit coup de bassin qui fait sursauter son compagnon.
Dès qu’ils sont sûrs qu’Eliza s’est rendormie, Zed baisse la tête et foudroie le loup du regard.
-Tu me le paieras, siffle-t-il.
-Où tu veux, quand tu veux, répond Wyatt, qui continue de sourire.
Sa bonne humeur s’estompe cependant quand il réalise ce qu’ils étaient en train de faire, et il peut voir que Zed pense à la même chose.
-Je crois qu’on s’est laissé déborder, chuchote le zombie.
-Qu’est-ce que tu suggères? demande Wyatt, dont l’esprit commence déjà à dériver de nouveau pour ne lui laisser que la sensation de fournaise autour de sa verge.
Zed le ramène à lui d’un bref baiser et lui offre un petit sourire.
-Et si on y allait plus doucement? propose-t-il.
Le loup hurle de rage à l’intérieur de Wyatt, furieux à l’idée d’être mis en laisse, mais le garçon l’ignore et accepte la proposition de son compagnon.
Pour être honnête, même s’il a apprécié le plaisir fulgurant que leur étreinte passionnée lui a offert, il n’a pas aimé la sensation d’être dépossédé de son propre corps et de ne pouvoir qu’assister au spectacle sans avoir aucun contrôle sur la situation. Sans compter que la peur d'être découverts les habite à nouveau, et même si ça les excite d'une certaine manière, ils n'ont aucune envie d'être vraiment attrapés en flagrant délit.
Il s’agit de leur première fois ensemble, et Wyatt veut en profiter pour de vrai, alors il laisse Zed le guider et leur proposer un rythme plus tranquille, où ils ondulent l’un contre l’autre, au lieu de se percuter comme des bêtes.
Leurs mains deviennent cajolantes, leurs baisers se font tendres.
Cette fois, ils font l’amour pour de vrai.
Et c’est encore meilleur comme ça.
Alors ils en profitent autant que possible, enlacés comme s’ils essayaient réellement de ne plus former qu’un seul corps, le visage de Zed enfoui dans les cheveux ébouriffés de Wyatt, qui se laisse bercer par les battements du cœur du zombie.
Le lycanthrope voudrait que ça ne s’arrête jamais, tant il se régale de la moindre sensation, du plus léger contact. Tout est tellement plus intense, plus intime, quand ils prennent le temps de se découvrir…
De façon presque ironique, c’est aussi beaucoup plus maladroit, mais ça leur convient parfaitement, alors ils continuent jusqu’à ce qu’enfin, l’orgasme frappe Zed.
Un minuscule gémissement lui est arraché tandis que tout son corps s’arc-boute, et Wyatt a envie de pleurer lorsqu’il voit l’extase envahir le visage de son compagnon, un visage dépourvu de veines noires ou de rictus affamé.
Voir le zombie prendre tant de plaisir le remplit d’un bonheur infini, et c’est finalement ce qui a raison de lui.
Un grondement sourd lui échappe lorsqu’il sent la base de son pénis gonfler brusquement, et il n’a même pas le temps de prévenir Zed avant que le relief nouvellement formé ne s’enfonce d’un coup sec à l’intérieur de son vagin.
L’instant d’après, il est frappé par un orgasme tellement dévastateur qu’il ne sent pas Zed jouir une troisième fois, le zombie appréciant apparemment beaucoup le renflement qui étire maintenant son sexe. Ses crocs se plantent dans l'épaule de son compagnon, lacérant le coton de son t-shirt, ses doigts griffent les hanches de Zed, et son champ de vision se remplit de points blancs. Le loup arrête enfin de rugir, rassasié.
Il leur faut plusieurs minutes pour revenir sur Terre et reprendre un peu leurs esprits, même si ces derniers sont inondés d’endorphines.
Haletants et encore un peu ailleurs, ils échangent un regard, avant que Zed n’échappe un petit rire et blottisse sa tête dans le creux du cou de Wyatt, après que ce dernier ait réussi à desserrer ses mâchoires et libéré son compagnon de l'emprise normalement mortelle de ses crocs.
-C’était… C’était wow, chuchote le zombie d’une voix hachée.
Wyatt ne pensait même pas que les zombies pouvaient s’essouffler, mais il semblerait que si. L’idée qu’il soit à l’origine d’un tel miracle lui arrache un sourire légèrement arrogant, qu’il presse sur une des oreilles de Zed, se régalant du petit frisson qu’il y fait naître.
-Comme tu dis, répond le lycanthrope lorsqu’il retrouve le don de parole.
Un silence confortable s’installe entre eux et Wyatt frémit lorsqu’il sent une main glisser entre leurs corps. Zed la pose à plat sur son propre ventre et appuie légèrement. Le loup sursaute, surpris de sentir la pression sur son sexe s’accentuer à ce geste.
-Merde, alors c’était vrai, bafouille Zed, les yeux écarquillés.
-De quoi? marmonne Wyatt, obnubilé par la sensation très agréable de sa verge qui pulse à l’intérieur du vagin de son compagnon.
-Cette histoire de noeud, murmure ce dernier. Comme quoi le sexe des loups gonfle et tout…
-Oh.
Wyatt se fige.
-Oh. Oh non, je ne t’en avais pas parlé!
Zed lui offre un sourire rassurant, les yeux dangereusement brillants.
-Pas grave, je m’étais renseigné de mon côté, au cas où. Je pensais juste pas que… que ça arriverait vraiment.
Wyatt rentre la tête dans les épaules, penaud.
-Et… ça ne te gêne pas?
Le zombie hausse un sourcil vert, et appuie de nouveau sur sa main. Wyatt tressaille une seconde fois et le visage de son compagnon se fend d’un grand sourire.
-J’adore, susurre Zed, qui masse maintenant distraitement la peau juste au-dessus de son pubis. C’est tout chaud et ça frotte à des endroits… Ooooooh…
Sa tête bascule encore vers l’arrière tandis qu’un gémissement traînant se faufile entre ses lèvres pour s’envoler en direction du plafond, semblable au cri d’un loup, en beaucoup plus ténu bien sûr.
Wyatt comprend aussitôt et ne résiste pas à l’invitation silencieuse que Zed lui adresse. Déjà, ses doigts s’en vont trouver la vulve du zombie et ne tardent pas à atteindre le clitoris, qu’il frotte prudemment, jusqu’à ce que son compagnon se cambre dans le lit et jouisse pour la quatrième fois, achevant de tremper les draps et les cuisses de Wyatt.
Après ça, un silence confortable s’installe entre eux, qu’ils mettent à profit pour se calmer. Heureusement, les effets de la pleine lune semblent s’être dissipés et Wyatt en profite pour presser un baiser reconnaissant sur la bouche offerte de Zed.
-Merci, chuchote-t-il contre les lèvres de l’autre garçon. Tu n’as pas idée à quel point ce que tu as fait pour moi est… est incroyable.
Zed lui répond d’un sourire fatigué et lui caresse doucement la joue, replaçant une mèche de cheveux blancs derrière une oreille pointue.
-Et toi, tu n’as pas idée à quel point j’attendais ce moment, murmure le zombie. Si j’avais su que c’était aussi bon, j’aurais tenté le coup bien avant.
Wyatt rit un peu et secoue la tête, désabusé, avant de laisser Zed l’attirer dans une étreinte beaucoup plus douce que la précédente, sans arrière-pensées ni tension.
C’est juste un câlin, tout ce qu’il y a de plus innocent, même si le sexe du loup est toujours enfoui à l’intérieur du zombie.
-Wyatt?
Le concerné soulève paresseusement une paupière qu’il n’avait pas réalisé avoir fermée.
-Hmmm?
Zed l’embrasse tendrement.
-J’ai vraiment aimé, dit-il. Merci.
Wyatt sourit, ravalant un bâillement. La fatigue de l’heure qui vient de s’écouler et des derniers jours est telle qu’il a l’impression que tout son corps est pris dans une espèce de gangue, l’engourdissant au point où il ne peut même plus bouger un orteil.
Il n’en peut plus, et il est ravi que la pleine lune ne l’excite plus, parce qu’il serait bien incapable de faire quoi que ce soit d’autre. Zed semble du même avis, puisqu’il remonte la couette jusqu’à leurs épaules et dépose un petit baiser sur le bout du nez de Wyatt, et rit quand il le voit remuer.
-On dort? propose le zombie, et le lycanthrope soupire de bonheur à cette suggestion.
-Pitié, oui, répond-il.
Tant pis pour le nettoyage, tant pis pour la grande discussion, tant pis pour tout le reste. Ils parleront demain s’ils arrivent encore à se regarder en face, mais pour l’instant, ils ont besoin de se reposer.
La dernière chose que sent Wyatt avant de sombrer est le baiser que Zed lui dépose tout doucement sur le front, ainsi que le battement lent et profond d’un cœur de zombie contre sa joue.
-Alors Zed, ce cauchemar? demande Eliza le lendemain matin, alors qu’ils sont tous rassemblés dans la cuisine pour le petit-déjeuner.
Le concerné est assis en face de son amie, occupé à se gaver de céréales parsemées de morceaux de cerveaux. A côté du zombie, Wyatt a beaucoup de mal à garder les yeux ouverts. Sa cuillère pleine de yaourt glacé est suspendue à quelques centimètres de sa bouche depuis bientôt une minute, sans qu’il fasse rien pour en avaler le contenu.
Zed et lui ont réussi à se débrouiller pour se lever avant tous les autres et aller prendre une douche, puis changer les draps de leur lit, de sorte à effacer la moindre trace de leurs activités nocturnes.
C’est un véritable miracle que personne n’ait rien remarqué.
-Oh euh… Je m’en rappelle pas, finit par répondre Zed après avoir avalé sa bouchée.
-Moi aussi j’ai fait un cauchemar, annonce soudain Willa.
-Tu veux en parler? questionne Eliza.
-Je ne m’en rappelle pas vraiment non plus, répond la louve. Mais je sais que c’était trop horrible pour en discuter pendant qu’on mange.
-Vraiment?
-Hmmm. Oh, en fait, je me souviens d’un détail…
Et elle darde un regard assassin sur Wyatt, qui se fige lorsque sa soeur aînée laisse tomber du bout des lèvres:
-Il y avait un lit qui grinçait beaucoup.
