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Bleu

Summary:

Lan Zhan tente de se repasser en vitesse et du point de vue de Sizhui, chaque conversation à propos d’homosexualité ou de différences qui ait pu avoir lieu dans la maison. Il ne se rappelle réellement d’aucune, sauf une : le fait qu’il éteint toujours la radio quand un certain chanteur outrageusement gay se fait entendre.
« Je crois que je devrais te raconter une histoire, » dit Lan Wangji.

 

Au début de la canicule des années 2000, un Lan Zhan décidément hétéro rencontre un garçon nommé Wei Ying.
Plus tard, Lan Wangji rencontre Wei Wuxian.

Notes:

Chapter 1

Notes:

Notes de la traductrice :

Cette histoire est une traduction de la merveilleuse fanfiction écrite par Mimispearmint Blue. Si vous aimez cette histoire, allez lui déposer des kudos et commentaires, elle le mérite !

Un grand merci à mon équipe de relecture et d’aide à la traduction : Trèfle, Apocalypsis, Aby et Alystin ! Et à Tendrépoux pour le lissage final. ♥

 

Traduction des Notes originelles de l’autrice :

Salut les gens ! Deux choses :
1. Ceci est à l’origine un fil twitter (@SpearmintMimi) et Bluesky (@MimiSpearmint) long-sa-mère. Il est maintenant corrigé, donc l’histoire est terminée et la poster devrait être rapide. Ce sera une petite récompense pour moi entre ma participation au RBB et mon projet en cours sur lequel je m’acharne (c’est TOI que je regarde Re:Inquiry) [note de la traductrice: elle ne l’a toujours pas fini, mais il est fantastique lui aussi, laissez-vous tenter !] ; et
2. Ma boîte aux lettres déborde de commentaires et j’essaie très fort de répondre et JE PROMETS que j’aime tous les commentaires et que je finirai par y arriver, alors je vous présente des milliers d’excuses pour mon retard.
J’ai commencé cette fic parce qu’un jour j’ai pensé “on a beaucoup de ‘Wei Ying-hétéro’ (et tant mieux pour nous) mais qu’en est-il du potentiel non-exploré de Lan Zhan hétéro’ ?”

(See the end of the chapter for more notes.)

Chapter Text

Bizarrement, cette histoire ne commence pas à proprement parler avec Lan Zhan.

Elle commence avec Lan Xichen.

 

La brise d’été est lourde du parfum des eucalyptus, lorsque la soif réveille Lan Xichen juste après minuit. Le verre à côté de son lit est vide. Probablement avalé sans y penser, pendant le pic de chaleur avant d’aller se coucher. Alors il descend lentement les escaliers tapissés, jusqu’à la cuisine de la maison qu’il partage avec son frère et son neveu. Il connaît par cœur chaque recoin et chaque craquement de plancher, il n’allume pas la lumière. Peut-être que c’est cette décision qui permet à ses sens d’être plus aiguisés à cet instant, assez en tous cas pour entendre le cliquètement des clés ôtées subrepticement de leur crochet.

Le cœur de Lan Xichen l’aiguillonne d’un coup, une sensation métallique et brûlante. Quoiqu’il ait raccroché les crampons, il a toujours les muscles et la vitesse d’un athlète professionnel, et les canaux d’épinéphrine dormante qui lui ont permis autrefois de tacler pour son métier des hommes adultes, se mettent à rugir, éveillant immédiatement tous ses autres sens. Il est à l’affut dans la cuisine, fermement décidé à utiliser sa connaissance de la disposition de la maison plongée dans le noir pour tomber par surprise sur l’intrus.

Tout se déroule à toute vitesse dans sa tête, et il ne prend pas le temps de se demander pourquoi un intrus voudrait prendre les clés alors qu’il est déjà à l’intérieur.

Lan Xichen s’approche tout doucement dans le couloir en direction du bruit et, oui : il distingue une silhouette – plus petite que lui, apparemment pas armée, et de dos – qui se dirige vers la porte d’entrée. Le goût de l’adrénaline lui pique la langue alors qu’il se prépare à inspirer un grand coup pour crier, ses muscles se ramassent à l’idée de l’altercation à venir.

Puis, soudain, la silhouette allume son iPhone pour mieux voir la serrure et la lumière bleue illumine un visage très, très familier.

« Sizhui? » lâche, probablement un peu trop fort, un Lan Xichen décontenancé.

Sizhui sursaute, faisant tomber clés et téléphone portable. Le sac-à-dos qui pend de son épaule fait entendre un tintement révélateur des frasques adolescentes, dont Lan Xichen est tout à fait familier.

Un brin d’amusement monte en Lan Xichen alors que les battements de son cœur se calment, la tension douloureuse de ses muscles retombant en un état placide plus adaptée à ce que sont sa vie actuelle et cette heure de la nuit ; un tigre au repos, taquinant ses chatons. « Tu avais l’intention d’aller quelque part ? »

Il voit le moment où son neveu envisage de mentir et finalement renonce. Les épaules de Sizhui retombent. Réprimant un sourire – cela fait longtemps qu’il n’a pas eu à prendre sur le fait et faire semblant de disputer un adolescent désobéissant – Lan Xichen tend la main vers le sac-à-dos.

Instantanément, Sizhui devient écarlate. C’est tout juste s’il ne brille pas dans le noir.

« C’est seulement de la bière, » balbutie-t-il à voix basse en agrippant une lanière par réflexe.

Malheureusement pour Sizhui, alors que c’était en effet la supposition de Lan Xichen, sa réaction l’a condamné : son oncle a maintenant la puce à l’oreille. C’est probablement l’évènement le plus excitant qui soit arrivé à Lan Xichen depuis dix ans. Il reste la main tendue et Sizhui fait glisser le sac-à-dos à contrecœur avant de le lui donner.

Silencieusement, histoire de ne pas réveiller Wangji, Lan Xichen fait un petit mouvement de tête en direction de la cuisine. La honte irradie de Sizhui alors qu’il suit son oncle comme s’il se rendait en cour martiale. Il fixe ses pieds tandis que Lan Xichen ouvre le sac pour en extraire le contenu illicite.

Il y a bien en effet un six-pack de bière, ce qui semble à Lan Xichen une quantité adaptée pour un garçon de dix-sept ans.

Ensuite, il y a une nappe de pique-nique, ce qui exclut une soirée chez quelqu’un.

Et en dernier il sort une boîte neuve de préservatifs et un flacon de lubrifiant.

À point nommé, le portable de Sizhui, qui reposait innocemment sur la table, s’allume avec une notification.

De Lan Jingyi, 12.04am :

Je suis dehors ! À dans 15 mn. Je t’aime.

Lan Xichen jette un deuxième coup d’œil à Sizhui.

Ses cheveux sont tressés d’une façon très élaborée qui a dû lui demander du temps et pas mal d’efforts. Il porte un T-shirt et un jean plutôt classes, ajustés. Ses cils sont suspicieusement sombres et longs, et ses lèvres semblent couvertes d’une sorte de gloss ce qui, pour autant que Lan Xichen le sache, est inhabituel pour lui.

Oh non. Oh non, non, non, non, non.

« S’il te plait, ne dit rien à Baba, » supplie Sizhui.

Et, juste pendant une seconde, Lan Xichen se revoit seize ans auparavant.

‘S’il te plait, ne dit rien à Shufu,’ entend-il.

Peut-être que, si Lan Xichen n’avait pas ce souvenir en tête, il n’aurait pas remarqué à quel point la voix de Sizhui tremble, au-delà de l’embarras, plutôt quelque chose comme une peur sincère.

Mais Lan Xichen se souvient. Il avait à peine vingt-et-un ans et rentrait à la maison pour l’été. La routine de l’université lui avait donné l’habitude d’horaires plus irréguliers que la norme familiale ; la nuit était douce, un peu comme celle-ci, et il avait regardé les étoiles depuis la balancelle du porche.

Tous deux, lui comme Wangji avaient sursauté quand ce dernier était sorti doucement par la porte d’entrée.

Avec le sourire un peu malicieux qu’il réserve à sa famille, Lan Xichen avait murmuré d’un air ravi, « Wangji ! Est-ce que tu fais le mur ?? Tu vas retrouver une fille ? »

Son frère, parfait ado de dix-sept ans, avait surmonté sa paralysie temporaire pour relever le menton avec morgue et ouvert la bouche au moment même où Lan Xichen avait blagué, sans le penser, « Ou bien un garçon ? »

Et Wangji s’était figé avec le même genre de terreur soudaine qui cause la mort des lapins, du sang sur leurs nez, leurs petits cœurs volant en éclats.

« Un ami. » La supplication était arrivée un battement de cœur plus tard : « S’il te plait, ne dis rien à Shufu. »

Précautionneusement, sachant qu’il naviguait maintenant dans quelque chose mais ne sachant toujours pas quoi exactement, Lan Xichen avait relevé les yeux vers les étoiles. L’université lui avait appris que certaines personnes étaient comme ça, qu’ils n’auraient pas pris cette phrase pour une blague, mais il n’avait pas songé que ces gens pouvaient être Wangji.

Cependant, quelque chose avait poussé Lan Xichen à dire, « Je sais, je plaisante, Wangji. Va retrouver ton ami. Je ne dirai rien. »

Le Lan Xichen du présent, voix douce et sincère demande, « Mon chéri. Pourquoi est-ce que tu ne veux pas que j’en parle à Wangji ? »

Sizhui a le même visage de lapin dans les phares. « Parce qu’il va se faire des idées. »

« Et quelles idées ce serait ? » dit Lan Xichen, remettant lentement tous les objets dans le sac.

« Il ne voudrait pas… il pourrait… vous pourriez penser que ça, c’était pour moi. Et… Moi et Jingyi. Mais c’est pas le cas. Nous sommes… nous sommes amis. C’est un garçon. » Sizhui ne parvient même pas à finir son mensonge sans que sa voix ne se brise.

Lan Xichen pousse le sac refermé sur la table jusqu’à Sizhui. « Je comprends pourquoi des gens pourraient avoir cette idée. » dit-il en essayant d’y mettre douceur et réassurance. « Mais même s’ils pensaient ça, je ne crois pas que ce serait un problème que Jingyi soit un gars. Pas pour des gens qui t’aiment. Je ne dirai rien à Wangji. Mais je crois que tu devrais avoir un peu plus foi en lui – il a été jeune lui aussi. »

Par-dessus son sac-à-dos, Sizhui jette un coup d’œil à son oncle. Ses yeux sont brillants, quelque part entre méfiance et incrédulité.

Avec un petit pincement au cœur, Lan Xichen se dit que ça ressemble bien à de l’espoir. Lançant un regard éloquent en direction de la porte d’entrée, il tourne le dos et commence à se servir un verre d’eau. C’est peut-être irresponsable de sa part, mais il lui semble que le fils de Wangji a droit à la même indulgence que Wangji en son temps.

Sizhui est quelqu’un de responsable ; Jingyi est un bon garçon, même si un peu bruyant.

Ça lui rappelle quelqu’un.

« Et… Sizhui ? » Presque arrivé à la porte, Sizhui se retourne, la tension toujours présente dans son épine dorsale, comme une mauvaise péridurale. « C’est vraiment classe comme tu es habillé, » dit Lan Xichen en souriant avec douceur.  

_______________________

Quelques jours plus tard, un Wangji encore ignorant de tout, passe l’après-midi dans son bureau, relisant les premières sélections pour la saison à venir de la Ligue de Football Australien.  

« Baba? »

Toujours dans son uniforme de l’école, Sizhui est dans l’encadrement de la porte, il semble étrangement nerveux, d’une façon que son père ne lui a encore sans doute jamais vue.

Mécaniquement, Lan Wangji repousse les papiers sur le côté.

« Sizhui, » dit-il, très calme, même s’il est loin de se sentir détendu intérieurement.

Le fait est que le flegme glacial de Lan Wangji lui permet de cacher exceptionnellement bien aux médias sa tendance à l’anxiété ; s’il était une personne moins posée, comme par exemple Nie Huaisang, on irait probablement jusqu’à dire qu’il a une furieuse tendance à l’hystérie.

Sizhui s’approche lentement dans la pièce d’une façon qui lui ressemble si peu que Lan Wangji commence à envisager de déclencher l’alerte rouge. Il sourit à son père avec douceur, mais cela ne dure pas.

Brièvement, plusieurs hypothèses sur les raisons de l’anxiété de Sizhui traversent l’esprit de Lan Zhan, avant qu’il ne les rejette toutes : il a raté une évaluation, il a cassé la voiture de Xichen, il a écrasé le chat des voisins, il a écrasé leur chat.

« Baba, » répète Sizhui, en frottant nerveusement le bout de ses doigts contre son jean. « Qu’est-ce que tu penses des personnes gays ? »

Comme une épaule démise, cela clique soudainement. Pour filer la métaphore médicale, Lan Wangji ressent un soulagement immédiat suivi d’une nausée au plus profond du ventre.

« Les gens parlaient, à l’école, du mariage gay et tout, » dit Sizhui un peu trop rapidement ce qui indique qu’il a de toute évidence préparé son discours, « et je voulais savoir ce que tu en penses. »

Lan Wangji se dit qu’il a échoué. Il se sent tellement nul.

« Je pense que tant que les deux parties sont consentantes, les gens devraient pouvoir se marier avec qui ils veulent, » dit-il prudemment. « Et je suis bien disposé envers les personnes gays, puisque je suis moi-même gay. »

Pour la première fois depuis qu’il est entré dans la pièce, Sizhui cesse de se pencher vers la porte comme s’il allait s’enfuir. En fait, Sizhui s’arrête de faire quoi que ce soit y compris respirer. Anticipant ses mouvements, Lan Wangji se redresse lentement et tend les bras pour un câlin, exactement comme il l’a fait lorsque Sizhui, alors jeune enfant, est venu vers lui la première fois.

Dans un brouillard, Sizhui se précipite vers lui, se jetant dans ses bras. Il est tellement plus grand maintenant ; à peine une demi-tête de moins que Lan Wangji, un petit menton osseux planté dans la clavicule de son père. La pensée fait plus mal que l’action.

« Je suis désolé, » dit Lan Wangji, traçant des cercles apaisants dans le dos de Sizhui. « Je suis désolé. On n’a jamais parlé… relations amoureuses… dans notre famille. Ni Shufu avec moi. Ni avec ton oncle Xichen. Mais j’aurais dû comprendre qu’il fallait que j’en parle avec toi. »

Lan Zhan tente de se repasser en vitesse et du point de vue de Sizhui, chaque conversation à propos d’homosexualité ou de différences qui ait pu avoir lieu dans la maison. Il ne se rappelle réellement d’aucune, sauf une : le fait qu’il éteint toujours la radio quand un certain chanteur outrageusement gay se fait entendre.

« Je crois que je devrais te raconter une histoire, » dit Lan Wangji.

 

Notes:

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Traduction des Notes originelles de l’autrice :

Pour garder la structure de MDZS, cette histoire sera un long flashback pour les prochains 4 chapitres, avant de revenir au présent. Bonne lecture !

Avertissement de contenu : Il est fait référence, dans cette histoire, à des mineurs (16-18 ans) qui boivent de l’alcool et ont des pratiques sexuelles. À mon avis ce n’est pas vraiment possible d’avertir pour chacun de ces petits éléments à cause du sujet même de cette histoire. Le classement en catégorie « explicite » de cette fic n’est là que pour les actions des adultes – tout ce qui est fait par les ado est plutôt de l’ordre du classement « public averti » / voir fondu au noir / voir discussions centrées sur les émotions.