Work Text:
Depuis qu'il est assis à son bureau, Roy ne s'est pas encore levé. Absorbé par son travail, il n'entend pas tout de suite les coups discrets contre le battant en bois de sa porte. Lorsqu'ils deviennent plus pressants, Roy lève un oeil puis se concentre à nouveau sur le traité venant de Drachma entre ses mains.
"Entrez," annonce-t-il d'un ton froid et concentré.
La porte d'ouvre sur Riza qui entre et le salue respectueusement comme elle le fait toujours lorsqu'ils sont au centre de commandement. Elle n'est plus sous ses ordres directs depuis un moment, depuis qu'elle a accepté le poste de général de brigade du bureau des Enquêtes. Pourtant, leur étroite collaboration ne s'est jamais ternie, de même que leur amitié. Roy sait qu'il peut et pourra toujours compter sur elle, qu'elle soit proche de lui tous les jours... ou qu'elle soit placée stratégiquement dans une section de l'armée qui lui est bien utile.
Roy pose son dossier et y glisse une note avant de le refermer, s'asseyant au fond de son fauteuil. Lorsque son dos s'aligne au dossier, Roy réalise que sa position n'a sûrement pas été optimale. Il cache une grimace de douleur avec habitude et prend une plus grande inspiration discrète avant de sourire à son amie.
"Bonjour, Générale de Brigade Hawkeye."
"Mon Général," commence-t-elle, inclinant la tête. "Avez-vous bientôt terminé votre travail en cours ? Nous sommes attendus au Archer."
Le sourire de Roy s'accentue et il ramasse le dossier de Drachma pour le poser sur la pile à sa gauche, heureusement bien plus petite que celle de droite. Roy prend ensuite appui sur son bureau et se lève, contenant un petit gémissement lorsque la douleur de ses lombaires se rappellent à lui dans le mouvement.
"Bien sûr, allez-y déjà, je vous suis dans un instant."
Riza hoche la tête d'un coup sec, le salue à nouveau, puis sort de la pièce, jetant un coup d'oeil désapprobateur à la pile restante sur son bureau. Elle a beau avoir changé de secteur, les habitudes ont la peau dure, surtout après toutes ces années de supervision rapprochée de son travail.
Roy contourne son bureau pour se rapprocher du porte-manteau, saisissant son écharpe en premier pour la passer autour de son cou sans la nouer. Puis, il tend la main pour attraper son manteau et, au moment où ses doigts vont se serrer autour du col, l'image vive d'Edward enfouissant son nez à cet endroit-même du vêtement s'impose à lui.
Conditionné par les nombreuses fois où ce souvenir est invoqué dans son esprit depuis quelques jours, son corps réagit instantanément à la pensée érotique d'Edward se masturbant en reniflant l'odeur de Roy dans le col de son manteau militaire, débraillé sur son lit alors qu'il le regarde avec ses iris de feu ardent.
Roy achève son geste et lance le manteau par-dessus ses épaules. Il arrange son sexe dans son pantalon avec son autre main, se raclant la gorge en regardant devant lui, cherchant à chasser l'image d'Ed qui s'imprime à chaque clignement de paupières devant sa rétine.
Avec satisfaction, Roy réalise qu'il n'a pas pensé à Edward, ni à ses lèvres, ni à ses mains, ni à son sexe, depuis sa pause de midi. C'est un résultat déjà bien plus concluant que ses derniers temps, depuis la nuit qu'ils ont partagé chez lui.
Roy passe une main dans ses cheveux et termine d'accrocher son écharpe blanche autour de son cou, essayant d'éviter autant qu'il peut de s'imaginer attacher les poignets d'Ed avec elle, de caresser son torse avec les extrémités en franges de soie douce. Oh, comme Edward frissonnerait, sensible qu'il est, comme il se tordrait sous l'exquise torture alors que Roy lui ravirait les lèvres et enroulerait l'étoffe autour de son sexe durcit.
Roy soupire longuement et secoue la tête. Autant pour la maîtrise de ses pensées...
Ce sont les années de pratique à mettre soigneusement ses émotions dans un bocal qui lui permettent de sortir rejoindre Riza sans avoir la moindre once de rouge sur les joues, bien que ses pensées soient encore squattées par une terreur blonde aux airs débauchés.
Une fois dehors du centre de commandement, Riza jète un oeil en arrière, guettant leurs arrières. Lorsque Roy voit les épaules de son amie se détendre et redescendre, il en fait de même, soulagé.
Levant le nez au ciel, il regarde l'atmosphère blanche de l'hiver l'envahir tout à fait alors qu'il sent le froid lui piquer les joues, l'aidant dans sa recherche de calme et de domptage de libido un peu trop empressée. Il n'a pas ressenti autant de désir ni subit autant de rêveries diurnes —et nocturnes— depuis bien longtemps. Lui qui pensait que ces choses-là avaient été cantonnées à son adolescence, il s'est bien fourvoyé. Contre toute attente, il s'agit bien d'une question de contexte plus qu'une question d'âge ou d'hormones.
Central est moins bondé que d'ordinaire aujourd'hui, comme c'est souvent le cas le jeudi. Les quelques passants leur sourient poliment, certains leur font même un bref salut de la tête alors que Roy et Riza s'approchent de l'Archer dans un silence confortable. Tournant la tête vers son amie, Roy l'inspecte discrètement des pieds à la tête. Quelque chose semble changé, mais il n'arrive pas à savoir quoi.
Ses cheveux sont entretenus courts, comme c'est le cas depuis quelques temps déjà maintenant, elle n'a pas de nouveaux bijoux— de toutes manières, en dehors de ses boucles d'oreilles simples, elle n'en porte tout simplement pas— ni de nouveau manteau vu qu'elle porte de manteau d'hiver de l'armée.
Riza ne semble pas remarquer son analyse, son regard détendu observant le parc à côté duquel ils marchent pour rejoindre le pub dans lequel ils ont tous rendez-vous. Suivant son regard, Roy voit une femme accompagnée de deux enfants qui jouent dans la neige, un bonhomme de neige biscornu entassé non loin d'eux. Leurs éclats de rire et leurs chahut arrivent à leurs oreilles et Roy se surprend à se demander quel caractère ont les enfants d'Edward. Sont-ils aussi impétueux que leurs parents, aussi passionnés ? Ont-ils au contraire, tout de leur oncle, le calme incarné ?
Une bourrasque glacée souffle dans le visage de Roy, le ramenant à la réalité d'un coup. Toutefois, ce rappel à l'ordre n'arrive pas seul et Roy réalise enfin ce qui a changé chez Riza.
"Tu t'es parfumée ? Et en plus de ça tu as changé de parfum ?" Demande-t-il, ses sourcils se levant d'eux-même de surprise.
Riza a un léger sursaut alors qu'elle détourne les yeux de la scène familiale du parc pour affronter son regard. "J'avais envie de changement, c'est vrai."
Roy hausse d'avantage les sourcils et la regarde d'un air équivoque. Il ne compte pas se satisfaire de cette réponse évasive. Bien qu'il soit habitué à l'économie de mots de la part de Riza, ce silence a l'air de relever plus de la cachoterie que de l'habituelle retenue dont elle fait preuve.
"Très bien. J'ai un rendez-vous prévu après notre sortie," finit-elle par avouer, le regardant en coin comme pour jauger sa réaction alors que le rouge sur ses joues pourrait autant venir d'un froid mordant du dehors que de sa gène, Roy n'arrive pas à se prononcer.
"Oh ? Comment s'appelle-t-il ? C'est un civil ?" S'enquiert Roy, laissant un sourire étirer ses lèvres. Ses entrailles se tordent sous l'impulsion protectrice qu'il ressent envers Riza et il décide de chasser ce sentiment déplacé: Riza est parfaitement capable de choisir un partenaire digne de ce nom, elle n'a nullement besoin de son intervention. Surtout si elle n'est même pas sollicitée en premier lieu.
"Cedric. Ce n'est pas un civil, nous nous sommes déjà vus plusieurs fois et je ne dirai rien de plus pour le moment." Riza sourit à son tour et son regard s'adoucit.
Ils arrivent bientôt au bout du chemin qui longe le parc et verront bientôt la barrière en fer forgé qui borde l'Archer. Elle a la particularité d'être décorée avec des têtes de morts à piques, résultat d'une très, très vieille transmutation qu'Ed avait réalisée à l'époque, pour rendre service au tenancier de l'établissement lors de la recherche de Scar, des années auparavant. C'était d'ailleurs pour cette raison que la toute première fois qu'Ed avait proposé un moment comme celui-ci avec les membres de la brigade, il avait pensé à cet endroit.
"Pas tant que tu ne m'auras pas dit le nom de la personne à laquelle tu penses tout le temps en ce moment, du moins."
Roy tourne les yeux vers elle, l'air surpris. Le sourire de son amie s'agrandit mais son visage reste dans sa globalité sérieux, comme à son habitude. Roy sent que, à son tour, le rouge lui monte aux joues. Il sent son estomac se retourner alors qu'il ouvre la bouche pour répondre, mais Riza le coupe dans son élan.
"Tu ne croyais tout de même pas être discret, rassure-moi ?"
Roy laisse échapper un petit rire, la gorge nouée. "Eh bien, oui, ma foi."
"Si ça peut te consoler, je pense pas qu'il y ait beaucoup de personne qui l'ont remarqué."
"En dehors de toi, tu veux dire ?"
Riza sourit. "Probablement que d'autres sont au courant. Tu devrais faire attention, Edward va te faire une scène s'il s'en rend compte."
Le sang de Roy quitte son visage en un instant. Comment peut-elle... ?
"Ne fais pas cette tête, tu sais bien qu'il te taquinera jusqu'à ce que tu avoues l'identité de cette personne s'il le remarque. Alors tu ferais bien de mieux cacher ton air d'amoureux transi, si tu ne veux pas finir à la casserole." Sourit-elle en resserrant son manteau autour d'elle pour se protéger d'une nouvelle bourrasque glacée.
Le soulagement qui traverse Roy à cet instant est si grand qu'il parvient à peine à contenir le souffle enfermé dans ses poumons. Il se contente donc de lui sourire et de hocher la tête d'un air entendu, après tout ils arrivent à l'Archer et ce n'est plus le moment d'en parler.
Ce sera la première fois qu'il reverra Ed depuis la nuit qu'ils ont partagé chez lui, quelques jours auparavant. Cinq longs jours qui ont été un moment de flottement entre deux réalités pour Roy, où il a passé son temps libre à réfléchir à leur relation, à comment demander à Ed s'il voudrait plus, si même il désire partager un nouveau moment avec lui.
Oh, comme Roy le désire, lui...
Il réprime un frisson alors que lui et Riza pénètrent dans le pub, époussetant la neige qui s'est collée à leurs manteau lors des grandes bourrasques.
Ils sont les derniers à arriver aux vues des éclats de rire qui viennent de la table qu'ils occupent d'ordinaire. Roy reconnaît le rire tonitruant de Breda alors qu'il perçoit le débit hallucinant de la voix de Jean aligner des paroles dans une série de borborygmes inintelligibles.
Roy voit ensuite Ed, la tête rejetée en arrière alors qu'il rit à s'en tordre sur sa chaise, les sourcils froncés et l'air débraillé.
L'image d'Ed la tête dans la même position au milieu de ses draps l'assaille sans prévenir et Roy serre le poing dans la poche de son manteau pour diriger son émotion autre part que dans ses joues ou où que ce soit d'autre.
Riza et lui déposent leurs manteaux à l'entrée et se dirigent vers la table bien animée.
Lorsque Roy croise le regard d'Ed pour la première fois, les quelques doutes minimes qui l'ont occasionnellement tourmenté ces derniers jours fondent comme neige au soleil alors que la chaleur du regard d'Ed le cloue presque sur place. Il ne doit à ses jambes de continuer à fonctionner que par les années de conditionnement acharné.
Entre ça et les flashs de souvenirs tout à fait inappropriés qui fusent devant ses rétines, Roy maintient le navire de sa prestance à flots que par la force de l'habitude.
Quand ils s'asseyent, Roy ne peut empêcher son regard de s'ancrer de nouveau à celui d'Ed.
"Bonjour, Fullmetal."
Ed sourit en retour, il croise les bras devant lui et incline la tête. "Mustang."
Et juste ainsi, la soirée commence comme d'habitude. La cause de l'hilarité plus tôt était dirigée vers la vie amoureuse d'Havoc qui ne semble toujours pas repérer les similitudes entre toutes les femmes dont il cherche à capter l'attention et qui finissent par lui briser le coeur. Puis c'est au tour de Breda de parler avec entrain de sa petite amie de longue date, avec qui il fait des doubles rendez-vous avec Fuery et sa fiancée.
Et tout le monde y va de bon train. Personne ne fait attention à Roy et Ed. Personne ne remarque certains regards un peu trop longs, ni les effleurements de genoux sous la table. Et personne ne pipe mot quand Havoc mentionne qu'il les a laissés seuls la semaine dernière, chez lui.
Roy ne peut contenir le sourire qui fleurit sur ses lèvres alors qu'il écoute distraitement Jean parler de son rendez-vous foireux une fois qu'il est parti de chez Roy. Edward en rajoute une couche, Heymans surenchérit derechef, car taquiner Jean est un sport de haut niveau pour lui.
Tout va bien. À nouveau.
Roy se laisse à penser que ça pourrait être aussi simple que ça, d'être avec Ed au grand jour. Qu'il n'aurait pas d'explications à fournir, encore et encore, au sujet de leur relation.
Et le sourire que lui envoie Ed termine de le conforter dans son idée.
:::: * ::::
Plus tard dans la soirée, c'est chez Ed que Roy et lui se retrouvent seuls. Ils n'ont même pas eu à chercher d'excuses ou à s'éclipser discrètement, les choses se sont faites de manière organique, un départ après l'autre, puis Roy a proposé de raccompagner Edward alors qu'ils étaient pris dans une conversation à plusieurs niveaux au sujet d'un manuscrit qu'Ed étudie en ce moment dans le cadre de ses recherches.
Roy est déjà venu devant la maison d'Ed depuis qu'il y habite, mais il n'y est jamais entré jusqu'à présent.
La maison reflète parfaitement le quotidien d'Ed. Père à mi-temps, chercheur en tous temps et célibataire depuis quelques temps. Plusieurs photos encadrées sont éparpillées dans son appartement, affichant les visages souriants de ses enfants, de Winry et d'Alphonse.
Roy saisit l'un des cadres entre ses mains. C'est une photo d'Ed dans son jardin, tenant sa fille sur ses genoux alors que son fils est suspendu à son cou par derrière, étranglant Edward à moitié, hilare.
"Elios a la sale habitude de se laisser pendre à mon cou depuis qu'il a l'âge de Clara. Il me rend complètement dingue, ce gamin. Clara est beaucoup plus calme, pour le moment." Ed sourit affectueusement au cadre, penché à côté de Roy. Il pose sa main sur le haut du bras de Roy et prend le cadre pour le reposer sur le comptoir de sa cuisine. "Mamie Pinako dit que c'est un juste retour de manivelle pour toutes les crasses que je lui ai faites quand j'étais gamin."
Roy le regarde et dégage une mèche de cheveux de devant son visage, tout doucement. "Depuis combien de temps tu ne les as pas vus ?"
Le visage d'Ed fait quelque chose de compliqué et sa mine se renfrogne. "Presque un mois. Normalement, je les ai bientôt de nouveau avec moi." Il lève les yeux vers Roy mais n'ajoute rien de plus.
Roy en profite pour avancer ses doigts pour caresser le dos de la main d'Ed. Il prend son temps, pour laisser à Edward le temps de se dérober si jamais il n'en a pas envie. Roy voit sa vaine tentative d'agir en gentleman s'effondrer comme un château de cartes lorsque que le regard d'Ed devient brûlant.
"J'ai eu envie de t'embrasser toute la soirée," confie-t-il alors que ses doigts procèdent à des caresses saccadées contre la peau de Roy qui sent son corps réagir aux paroles d'Ed.
Roy s'émerveille de l'assurance dont Ed fait toujours preuve, même lorsqu'il semble un peu nerveux comme c'est le cas maintenant.
"Et qu'est-ce qui te retient maintenant ?"
Ed a un sourire carnassier alors qu'il empoigne le bord de sa chemise pour le tourner vers lui. "Rien. Tu as envie que je t'embrasse ?"
En lieu de réponse, Roy glisse ses deux mains le longs des bras couverts d'Ed, remontant lentement alors qu'il avance encore d'un pas dans son espace personnel. À un souffle l'un de l'autre, Roy avance son visage contre celui d'Ed. Alors qu'Ed a déjà les yeux mi-clos et la respiration courte, Roy murmure contre ses lèvres, "devine."
Roy clos la distance qui les sépare et embrasse enfin Edward. Le feu de ses entrailles reprend de plus belles et Roy sent tout son être se contracter alors qu'il passe ses bras autour d'Ed de manière possessive pour le rapprocher de lui.
Ed se colle bien volontiers contre Roy en retour, ondulant ses hanches pour venir chercher la friction qu'il désire. La passion dont il fait preuve est contagieuse et Roy sourit dans leur baiser alors qu'une de ses mains descend plus bas dans le dos d'Ed.
Ed grogne dans leur baiser et Roy s'en délecte, soupirant d'aise. Les mains impatientes d'Ed attrapent tout ce qu'elles peuvent sur leur passage, la chemise de Roy, ses cheveux, le bord de son pantalon militaire dans lequel il glisse le bout de ses doigts.
Puis Ed s'écarte et regarde Roy, ses cheveux blond désordonnés encadrant son visage. Roy se penche pour l'embrasser encore une fois, brièvement, incapable de résister, mais Ed pose une main au centre de son torse pour l'empêcher d'aller plus loin.
Le sourire espiègle d'Ed provoque un nouvel élan de luxure chez Roy qui expire lentement, reprenant le contrôle pour écouter ce qu'Ed a à dire.
Le jeune homme ne prend pas la parole, il recule plutôt dans la grande pièce qui lie sa cuisine et son séjour pour aller vers le long couloir de portes dans la pénombre. Il lève un sourcil entendu et tourne les talons, avançant à pas assurés.
Le regard de Roy est malgré lui attiré par les fesses d'Edward qui continue d'avancer, ignorant de l'admiration dont il est la cible. Roy déglutit et suit Ed dans le long couloir jusqu'à la dernière porte, celle dont d'échappe un rai de lumière orangée.
Sentant l'anticipation monter dans son corps et faire bouillonner toute l'excitation qu'il a dû contenir ces derniers jours, Roy sent ses jambes se transformer en cotton alors qu'il pousse le battant de la porte, découvrant la chambre d'Edward.
Elle est plus petite que la sienne, mais bien plus vivante. Beaucoup d'affaires, de livres, de vêtements, de carnets et de dessins alchimiques trainent un peu partout dans la pièce. En particulier sur un petit bureau encombré installé dans un coin de la pièce en lieu de commode.
Il n'y a qu'une seule fenêtre mais elle prend tout l'espace en dessus du lit défait d'Edward. L'imagination de Roy, toujours au rendez-vous, lui chuchote que la lumière le matin doit juste venir illuminer la tignasse blonde endormie.
Ça, et le fait que Roy aura deux vues magnifiques s'ils décident de faire du sexe à quatre pattes.
Roy déglutit et détourne le regard, compartimentant l'image obscène quelque part dans son esprit pour plus tard. Edward se tient debout au centre de la pièce, l'observant d'une mine amusée. Il a déjà retiré sa chemise et est torse nu devant lui, et il est en train de déboutonner son pantalon, son sourire s'accentuant alors qu'il voit le regard de Roy suivre ses gestes.
"À quoi est-ce que tu penses ?" Demande-t-il alors qu'il pose ses vêtements sur la chaise en bois devant son bureau. Ed n'a plus que son caleçon sur lui et il est déjà déformé sous la tension de son pénis à moitié réveillé.
Roy détourne le regard du sexe d'Edward pour le fixer dans les iris ambrées. "J'essayais de t'imaginer dans ton lit."
Ed souffle un rire et s'avance vers lui, l'air déterminé. "Tu n'auras pas à l'imaginer très longtemps."
Roy sourit, et est sur le point de répondre quand Ed poursuit, sa voix rauque trahissant son excitation. "Mais pas tout de suite. Il y a un truc qu'on doit corriger par rapport à la dernière fois."
Roy fronce les sourcils et le regarde d'un air curieux. "Quelque chose ne t'as pas convenu ?"
"Un peu, oui ! Tu as quasiment tout vu de moi, et moi: que dalle. Donc avant ça," Ed pointe son lit avec son pouce. "—On va équilibrer les choses. Ça te va ?"
"Tu aimerais me déshabiller ?" Roy hausse les sourcils mais il est amusé par la situation.
"Nan, tu vas faire le boulot. Moi, je regarde." Ed avance vers Roy et le contourne pour venir s'appuyer sur le bord de son lit, croisant les bras sur son torse pour le toiser, haussant les sourcils dans l'expectative. Voyant que Roy ne réagit pas dans l'instant, il fait un moulinet avec sa main, l'incitant à se bouger.
Roy secoue la tête et son sourire en coin s'élargit. "Très bien."
Ed penche la tête et le regarde de la tête aux pieds. Malgré la chaleur qui continue de monter en lui, Roy lève ses mains vers la chemise de son uniforme pour la déboutonner avec lenteur, ne quittant pas Ed des yeux. Il retire ensuite le vêtement pour venir le poser en dessus de ceux d'Ed sur la chaise de son bureau. Gardant son dos tourné vers Edward, il déboutonne son pantalon militaire et sent ses doigts trembler sous l'anticipation et le regard d'Ed qu'il sent brûler dans sa nuque.
Tournant la tête vers Edward, il ouvre son pantalon et le descend directement accompagné de son sous-vêtement. Il glisse hors de leur emprise d'un geste souple avant de les déposer avec les autres sur la chaise. Roy n'a jamais eu de problème avec sa nudité de toute manière, et cela fera gagner du temps.
Désormais entièrement nu et malgré sa confiance en lui habituellement domptée, Roy sent un faible sentiment de crainte gratter les bordures de son esprit. Roy se tourne vers Edward et ce dernier prend une brusque inspiration en découvrant Roy, ses yeux sautant d'un endroit à l'autre de son corps.
"Putain..." souffle-t-il alors qu'il se lève, la main devant la bouche. Ed vient se placer devant Roy, ses yeux semblant cartographier sa peau ornée, comme la sienne, de nombreuses cicatrices. Croisant son regard, Ed lève sa main pour silencieusement demander permission de toucher et Roy ne peut qu'hocher la tête.
Roy n'est pas ignorant. Il sait bien que son corps est agréable à regarder, il a conscience des rumeurs et des réactions qu'il peut susciter. Toutefois, là, maintenant, sous les yeux admiratifs —et affamés— d'Edward, il ne s'est jamais senti aussi désiré et désirable.
Lorsque le bout des doigts d'Ed touche sa peau, Roy sent son corps se détendre. Il relâche ses épaules et observe Edward qui est absorbé sur les caresses qu'il lui prodigue. Partagé entre tendresse et curiosité, Ed semble totalement focalisé par ce qu'il est en train de faire et Roy le laisse bien volontiers dans sa bulle le temps dont il a besoin, savourant l'attention toute dévoué dont il est l'objet.
Puis Edward regarde la large brûlure qui orne une grande partie de son abdomen et instinctivement, il porte sa main à son propre flanc où, Roy se souvient, il a une cicatrice... similaire. Pas une brûlure, mais une balafre suffisamment profonde et texturée pour avoir été dévastatrice au moment où la blessure était fraîche.
"Je te dis comment j'ai eue la mienne si tu me dis comment tu as eue la tienne," souffle Roy en levant sa main vers le flanc d'Ed, mêlant ses doigts aux siens.
Ed plonge son regard dans le sien et semble hésiter. Il fronce les sourcils avant de baisser de nouveau les yeux vers la cicatrice de Roy, la caressant avec son pouce.
"Elle vient de ton combat avec Lust. J'étais venu te voir à l'hôpital avec Al, tu te souviens pas ?"
Roy plisse les yeux et effectivement, ce détail lui dit quelque chose. Il ne peut pas toujours compter sur sa mémoire pour ce genre de choses, les années qui ont entouré la mort de Maes ainsi que la réforme militaire sont toujours entourées de zones de flou et la chronologie exacte des évènements lui échappe parfois.
"Tu as raison, j'avais oublié. En revanche je suis certain que je me souviendrais d'une mention à une blessure pareille dans un rapport, si elle avait existé." Roy pointe de son menton la grande cicatrice sur le flanc d'Edward.
Ed lui jette un rapide coup d'oeil avant de détourner les yeux et Roy réalise alors que l'hésitation d'Edward se porte plus sur sa propre partie de l'histoire que sur celle de Roy. Il penche la tête, captant l'attention d'Ed, et vient prendre son visage en coupe avec sa main libre.
"Tu n'es pas obligé de m'en parler si tu n'en as pas envie."
Ed appuie son visage dans la main chaude contre sa joue, le regard toujours fixé sur la cicatrice de Roy.
"Je ne l'avais jamais vue. Elle ne t'a pas loupé." Il le regarde un bref instant avant de fermer les yeux. Ed dépose ensuite un baiser dans la paume de la main de Roy et s'y appuie de nouveau. "La mienne vient d'un affrontement avec Kimblee, mais je t'en parlerai une autre fois." Ed fronce les sourcils avant de faire revenir un sourire mutin sur ses lèvres. "Là, j'ai tout autre chose en tête."
Roy se sent partagé entre curiosité, excitation et frustration. Il aimerait en savoir plus, mais il va devoir prendre son mal en patience. Roy a la distraction parfaite pour ne plus y penser juste devant lui. Il se penche en avant, dégageant la main contre la joue d'Ed pour la glisser dans sa nuque de manière protectrice et possessive.
"Vraiment ? Et qu'as-tu donc en tête ?" Murmure-t-il contre ses lèvres, savourant l'odeur d'Ed qui l'entoure de toute part. Roy aimerait détacher les cheveux d'Ed pour y enfouir son nez. Peut-être que dans quelques minutes, il osera retirer la petite attache qui les maintient attachés derrière son crâne.
Ed ne répond pas tout de suite et Roy en profite pour reprendre ses caresses le long des bras nus d'Edward, notant la chair de poule qui recouvre sa peau presque immédiatement. Roy sourit et embrasse brièvement Ed, appuyant son entrejambe contre l'aine encore couverte d'Edward.
"En fait..." Ed commence, semblant chercher ses mots. "Je ne sais pas vraiment. J'ai envie de..." Il s'arrête de nouveau et embrasse Roy, comme s'il ne pouvait pas s'en empêcher. "Toi, qu'est-ce que tu aimes ?"
Roy doit faire un effort pour se souvenir de ce qu'il aime, perdu qu'il est dans les sensations qu'Ed lui inspire. Il ne peut pas dire à Ed qu'il a simplement envie de lui faire plaisir, car ça ne va pas l'aider du tout. Ed cherche à mieux se connaître et à explorer sa sexualité, alors Roy va l'y accompagner.
"J'aime toucher et être touché par mon partenaire," commence-t-il en douceur, sa voix de velours glissant entre leurs souffles emmêlés. "J'aime mordre, dans la mesure du raisonnable."
Ed souffle un rire. "Raisonnable ?"
"Sans réelle volonté de faire mal. Je pense que je peux aussi aimer que ce soit toi qui me morde."
Le son étouffé qui sort de la gorge d'Ed fait sourire Roy, qui continue sur sa lancée.
"J'aime également beaucoup prendre en bouche le sexe de mon partenaire, même si l'inverse n'est pas toujours... évident. J'ai du mal à me laisser complètement aller."
"Maniaque du contrôle." Ed lui mordille la lèvre inférieure, faisant sourire Roy et lui envoyant une décharge intéressée dans son entrejambe. Edward appuie ensuite le contact de leurs sexes proches l'un de l'autre, même si le tissu de son caleçon les empêche encore d'être peau contre peau.
"Maintenant, si tu veux être plus spécifique..." Reprend Roy en ondulant contre Ed et en fermant brièvement les yeux.
"Parce que ça l'était pas jusqu'à maintenant ?!" Demande Ed d'un air interloqué, riant à moitié.
Roy se recule et pose ses mains de chaque côté du cou d'Ed, le regardant dans les yeux, un léger sourire sur les lèvres. "Si, bien sûr. Tu aimerais que j'arrête là ?"
Ed a un petit spasme involontaire au coin de ses yeux qu'il étrécit, se mordant l'intérieur des joues. Son visage rougit alors qu'il tente d'ouvrir la bouche à deux reprises avant de finalement se décider. "Non. C'est plutôt... sexy, de t'entendre dire tout ça."
Le sourire de Roy s'agrandit et il embrasse Ed chastement avant de le repousser en direction du lit. Ed se laisse faire, reculant de lui même pour laisser à Roy la place de le rejoindre. Comme en pilote automatique, ses yeux ambrés descendent d'eux-même vers le sexe de Roy.
"Je suis ravi de le savoir. Est-ce que tu veux que je continue, ou tu préfères passer à la pratique ?"
Ed déglutit et arrache difficilement son regard de l'entrejambe de Roy jusqu'à ses iris sombres. Il a l'air de lutter contre lui-même et Roy décide de l'aider dans son choix en écartant les jambes d'Ed avec douceur, venant se placer entre elles alors qu'il s'allonge tout contre lui.
Glissant une de ses mains sous le bras d'Ed, il utilise la seconde pour venir caresser l'épaule droite, puis descendre en copie du mouvement qu'il a déjà initié la dernière fois qu'ils ont été si proches, chez lui.
L'air perdu entre désir et intrigue, Ed le dévore du regard et frissonne sous la caresse légère le long de son aine. Il pousse son bassin contre Roy, laissant sa tête tomber en arrière.
"Alors ?" Reprend Roy, stoppant tout mouvement et savourant l'expression chiffonnée qui se peint en réaction sur le visage d'Edward.
"Les deux, c'est possible ?" Demande Ed en continuant d'onduler les hanches contre Roy, créant une exquise friction entre leurs corps. Sa respiration est saccadée et Roy sent très clairement son trouble contre son aine, et son propre pénis en érection se rappelle à lui.
Le petit rire qui s'échappe de Roy est involontaire et il cache son visage dans le creux du cou d'Edward, une place qu'il commence à beaucoup aimer. En grande partie car l'odeur d'encens si particulière d'Edward y est plus forte, mais aussi car il sait désormais que c'est une partie sensible chez Ed.
"Tout ce que tu veux, Ed." Dit Roy, ponctuant sa phrase d'une petite morsure sur la carotide du jeune homme, lui arrachant un soupir mué en gémissement étouffé.
Roy descend une série de petit baisers le long du torse d'Edward. "J'aime aussi passer du temps à préparer la pénétration, avec mes doigts et avec ma langue."
Ed, qui a tourné la tête pour laisser un meilleur accès à Roy, émet un hoquet surpris. Il se redresse sur ses coudes, faisant reculer Roy et le regarde, médusé. "Avec ta langue ? Même chez un mec ?"
Roy observe le rouge sur les joues d'Ed s'étendre jusqu'à ses oreilles. Le coeur de Roy fait un bond dans sa poitrine devant la candeur de la remarque d'Ed, et il ne peut que se sentir incroyablement chanceux d'être celui qui lui délivre toutes ces possibilités.
"Absolument. C'est une zone sensible, tu le sais, et cette caresse particulière est..." Roy se penche pour passer le bout de sa langue sur le téton droit d'Ed qui sursaute à nouveau. "—très agréable."
"Pas là, c'est super—" Ed s'interrompt et passe la main sur son téton comme pour chasser un insecte agaçant.
Roy hausse les sourcils et baisse les yeux vers le téton d'Ed. "C'est noté, excuse-moi."
"Hem, il a été coincé sous le port de mon automail pendant toutes ces années et il est vraiment, vraiment trop sensible pour que ce soit— Bref t'as saisi l'idée."
Roy penche la tête, la curiosité reprenant le dessus. Il y a tellement de choses dont il n'a pas encore conscience concernant Edward et Roy se réjouit d'avoir tant à apprendre sur lui. Il sourit, laissant toute l'affection qu'il ressent pour le jeune homme transparaître, pour une fois. "J'y ferai attention."
Ed semble hésiter un instant avant de détourner les yeux, se raclant la gorge. "C'est pas pareil des deux côtés, cela dit."
"Oh ?"
Edward acquiesce mais ne dit rien de plus. Roy se penche donc en avant, lentement, laissant le temps à l'anticipation de monter en Ed. Cette fois, quand la langue de Roy touche l'autre téton d'Ed, celui-ci fronce les sourcils et laisse un soupir saccadé franchir ses lèvres. Il mêle ses doigts aux mèches sombres de Roy et l'encourage, reprenant ses mouvements de bassin.
Roy est fasciné par toutes les réactions d'Edward. Il ne se lasse pas de lui provoquer soupirs, frissons, gémissements. Et il en veut tellement plus, tellement plus avec lui.
"Je crois que tu n'as pas conscience d'à quel point tu es attirant." Roy grogne contre sa peau avant de l'embrasser, léchant à nouveau le téton avant de le mordiller un peu plus franchement qu'il ne le souhaitait.
Le dos d'Ed arc-boute sur le lit et il repousse suffisamment Roy pour venir l'embrasser fougueusement à grands renforts de langue et de dents. Roy s'est rarement senti aussi désiré. Une habitude à laquelle il commence à prendre goût auprès d'Edward.
"Et c'est toi qui me dit ça ?" Marmonne Ed entre leurs lèvres avant de l'embrasser de nouveau, tirant plus fort sur ses cheveux alors qu'il le dévore de baisers.
Roy sourit dans leur baiser, passant sa main dans la nuque d'Ed. Il remonte ses doigts sur l'arrière de son crâne dans l'idée de retirer l'attache qui retient ses cheveux. Ed sent ce qu'il essaie de faire et interrompt leur échange pour rapidement défaire ses cheveux, jetant l'attache au hasard dans le lit avant de reprendre les lèvres de Roy en otage sans le laisser réagir.
Roy ne s'en plaint pas, loin de là, et il passe enfin ses doigts entre les mèches blondes comme il en rêve depuis longtemps. Ed soupire dans leur baiser et fond contre Roy. Il ralentit le rythme, déposant une série de petits baisers, puis il s'arrête, la respiration laborieuse.
Roy en profite pour reprendre des caresses plus appuyées sur les flancs d'Ed, repassant ses doigts sur la large cicatrice liée à Kimblee. Roy chasse la pensée, se focalisant de nouveau sur la peau d'Ed.
Il se recule pour se mettre à genoux devant lui, le toisant de haut alors qu'il saisit le bord du caleçon d'Ed à deux mains. Avant de le descendre, il hausse un sourcil en direction d'Ed, demandant silencieusement la permission.
Après un hochement de tête vigoureux, Roy descend le sous-vêtement et remonte les jambes d'Ed pour le retirer totalement, hypnotisé par la souplesse du jeune homme. Roy abandonne le sous-vêtement plus loin et c'est à son tour de baisser les yeux vers le petit être impatient entre les jambes d'Edward.
Roy pose ses mains sur les genoux d'Ed et les écarte dans l'intention de venir s'allonger entre elles, mais Ed semble avoir une autre idée derrière la tête. Il s'assied en tailleur sur le lit et fronce les sourcils un instant en regardant leurs positions respectives avant que son visages s'illumine, semblant avoir trouvé une solution.
"Mets-toi en tailleur, toi aussi." Ordonne-t-il sans le regarder dans les yeux, les siens toujours concentrés sur leurs corps.
Roy sourit et obéit docilement, posant ses mains sur ses genoux une fois la position prise.
"Okay, bouge pas—" Ed s'avance sur le lit, retire un de ses bras et vient s'assoir sur lui, leurs sexes se touchant dans le même geste. Le soupir de surprise et d'excitation que Roy pousse fait relever ses yeux à Edward qui l'observe avec intensité.
"Putain..." souffle-t-il, ajustant sa position sur lui.
Roy passe l'une de ses mains le long de la jambe de chair pour venir agripper les fesses fermes d'Edward, et l'autre vient caresser le haut de sa cuisse. Il entame un mouvement de friction pour caresser le sexe d'Ed avec le sien.
L'automail d'Edward lui refroidit l'avant-bras et le dos, mais Roy n'en a cure. Ed est contre lui. Ils n'ont jamais été aussi proches qu'à cet instant et Roy sent sa tête lui tourner alors qu'il se penche pour embrasser le pectoral d'Ed devant son visage.
"J'ai tellement envie de toi," chuchotte Roy contre la peau d'Edward, fermant les yeux.
Ed ne répond pas mais bouge ses hanches en cadence. Il descend sa main gauche et entoure leurs sexes avec, laissant leurs mouvements respectifs faire le reste du travail alors qu'il gémit ouvertement, et Roy l'accompagne avec un soupir audible.
"Comment..." Ed commence, sa voix rendue tremblante par le plaisir qu'ils partagent. "Comment ça peut être aussi..." Il gémit de nouveau, utilisant sa main libre pour s'accrocher à l'épaule de Roy pour maintenir un semblant d'équilibre. "Putain..."
Roy ralentit ses mouvements et observe Ed, complètement perdu dans ses sensations. Ses yeux d'ambre et d'or brillent à la lumière chaude de sa chambre. D'un mouvement agacé, il rejette ses longs cheveux blonds en arrière, baissant les yeux pour encore se nourrir de la vision de leurs corps rapprochés.
Leurs odeurs corporelles se mélangent et Roy attrape la nuque d'Ed plus fermement avant d'enfouir son nez dans les mèches blondes désordonnées, humant son parfum d'encens alors qu'il rejoint la main d'Ed avec la sienne, les caressant tous les deux avec lui.
Ed a du mal à se contenir et Roy le sent trembler sur lui. Le jeune homme n'est probablement pas si loin de sa propre jouissance et Roy n'arrive pas à savoir s'il désire faire venir Ed de cette manière. Roy s'arrête donc et relâche leurs deux sexes pour venir s'emparer uniquement de celui d'Ed, serrant fermement à la base pour l'empêcher d'éjaculer.
Si Ed remarque la raison cachée pour laquelle il s'est arrêté, il ne dit rien. Il se dégage de l'emprise de Roy, le repoussant en arrière sur le matelas, et Roy se laisse faire de bonne grâce.
"J'ai pigé," dit Ed en souriant en coin, la respiration toujours laborieuse. Il passe sa main le long du torse de Roy avant de poursuivre. "Je sais que tu as dit que c'était pas forcément—" Ed cherche ses mots, mais décide finalement d'emprunter un raccourci. "—Mais je peux essayer quand même ?" Il regarde vers le sexe de Roy, puis dans ses yeux.
Roy prend une plus grande inspiration, son esprit lui rappelant le ton taquin sur lequel Ed lui a promis une fellation lorsqu'il deviendrait Führer. Il déglutit et hoche la tête. "Tout ce que tu veux," Roy répète.
Et ça fait froncer les sourcils d'Edward. "C'est pas comme ça que ça marche. Tu en as envie ou non ?"
Le ton autoritaire qu'Ed a pris provoque un long frisson chez Roy et son pénis réagit à la stimulation en tressautant. Ed pince ses lèvres et lève sa main pour enserrer le sexe de Roy.
"J'en ai envie. J'aimerais aussi te faire plaisir, Ed—" Mais Ed ne le laisse pas finir et passe sa langue directement sur l'objet de ses désirs.
Contre toute attente, Roy sent son esprit court-circuiter alors qu'Ed expérimente, embrasse, lèche, mordille et caresse cette partie sensible de lui avec ferveur et application. Roy a le sentiment d'être un menteur par rapport à ce qu'il a confié à Edward plus tôt. Parce que les gémissements obscènes qu'il lâche n'ont rien de retenus, plongé dans ses sensations contrairement à ce qu'il ressent d'ordinaire. Peut-être est-ce la totale confiance qu'il ressent envers Ed, cet amour qu'il a du mal à contenir et qui transpire par son abandon total entre les mains parfois maladroites mais ferventes d'Ed sur lui.
Ed, dont le regard pourrait le réduire en cendres, ironiquement, alors qu'il semble analyser chacun de ses gestes, chacun de ses soupirs, chacune des exclamations de plaisir qu'il lui arrache. Ed, passionné, qui s'applique et teste tout ce qu'il peut tester, écoutant ses moindres réactions pour adapter son jeu.
Roy est soufflé. Galvanisé par tant d'attention et d'érotisme, il sent qu'il va bientôt perdre pied, sent que son plaisir se construit de plus en plus bas dans son abdomen. Ed doit le sentir aussi car il se redresse et le regarde d'un air satisfait, s'humectant la lèvre inférieure.
"Je continue ou... ?" Demande-t-il en continuant de caresser lascivement le sexe de Roy.
Roy est incapable de faire confiance à sa parole. Il se relève et capture la bouche d'Ed avec la sienne, faisant passer toutes les émotions qu'Ed lui fait ressentir par cet acte. Roy sent son corps être parcouru de frissons et de spasmes, mais il tient bon, prenant le visage d'Edward en coupe alors qu'il rejoint la main d'Ed sur son sexe, reproduisant à l'inverse la scène de chez lui, il y a quelques jours.
Ed soupire dans leur baiser. Il caresse aussi le visage de Roy avec son autre main et Roy se sent de nouveau fondre contre Ed. Il lâche son pénis pour venir prendre la main d'Ed dans la sienne, mettant fin à leur baiser.
"Edward..."
"Hmm ?" Ed a les yeux fermés, les sourcils froncés et l'air débauché.
"Ed, j'ai envie de venir en toi. Est-ce que tu en as envie aussi ?" Roy serre les dents en réalisant à quel point sa voix semble désespérée et tremblante.
Ed ouvre grand ses yeux et regarde Roy, la bouche entrouverte. Il la referme un coup et jette un oeil de côté, fronce de nouveau les sourcils avant de pincer ses lèvres. "Dans... ma bouche tu veux dire ? Ou... ?"
Roy trace le côté du visage d'Ed avec son index, un sourire tendre sur les lèvres. Oh, ce qu'il aime cet homme.
"Non, pas dans ta bouche."
Ed relâche sa respiration et déglutit. "Putain, j'ai trop envie de ça mais—" Ed ajuste sa position contre lui et continue. "Euh, depuis la fois avec Greed ça remonte vachement, donc..."
"Je sais ça, Ed. On prendra le temps. Et si entre deux tu changes d'avis, il te suffit de me le dire et on trouvera bien quelque chose pour s'occuper." Roy lui adresse un clin d'oeil, son ton taquin de retour.
Ed hausse un sourcil avant de lever les yeux au ciel. Mais quand il le regarde de nouveau, Roy lit le soulagement et le désir dans ses yeux d'or. Ed se penche pour l'embrasser puis se redresse d'un coup, l'air d'avoir eu une illumination.
"Et toi ?" Devant l'air interdit et un peu perdu de Roy, Ed claque sa langue d'agacement. Est-ce de l'agacement envers lui ou envers Roy, Roy ne préfère pas le savoir.
"Est-ce que tu as déjà... dans l'autre sens ?" Ed fait un geste en l'air qui pourrait bien dire tout et n'importe quoi, mais Roy comprend où il veut en venir cette fois.
"J'ai essayé une fois ou deux mais ça n'a jamais été... à la hauteur de ce que j'espérais. Mais je crois que c'était plus dû aux personnes qu'à l'acte lui-même."
Ed est intrigué, il s'assied à côté de Roy pour le regarder, clairement dans l'attente de plus de détails. Roy observe son corps magnifique, et se rappelant qu'il le peut, il lève la main pour caresser la jambe, remontant sur la hanche et le flanc d'Ed. Il lui sourit avant de reprendre la parole.
"Ils n'ont pas été très à l'écoute de ce que je leur disais. Et—" Roy s'interrompt. Il était sur le point de dire à Ed 'et je n'étais pas amoureux d'eux' mais il ne se sent pas prêt à dévoiler cette partie-là à Edward. Roy improvise donc une autre réponse. "Et j'étais plus jeune, je ne savais pas encore comment bien communiquer mes désirs."
"Je crois que ça me plairait de te prendre," marmonne Ed dans un souffle, l'air dans le vague, comme s'il n'avait pas vraiment voulu le dire à haute voix, si le rouge qui revient en force sur son visage est un indice.
Roy se surprend à sentir son corps réagir à la suggestion d'Edward et son sexe regagne en vigueur. "Je crois que ça me plairait aussi."
Ed tourne les yeux vers lui si vite que c'en est presque comique et Roy ne peut s'empêcher de rire. "Eh bien ? Tu pensais que je ne voudrais pas ?"
"Je n'y ai même pas pensé du tout," répond Edward, interloqué. "Merde."
Roy rit de plus belle et entraine Ed dans un nouveau baiser, l'approfondissant immédiatement alors qu'Ed se colle à lui et appuie ses hanche contre les siennes.
Ed passe ses mains sur le corps de Roy, caressant sa peau d'une main ferme et assurée. Il agrippe tantôt son biceps, son flanc, l'os de son bassin, pour finir par venir enserrer son sexe dans la paume de sa main. Roy fait de même, prenant le temps de repousser quelques mèches blondes qui lui chatouillent l'épaule avant de venir masturber Edward en rythme avec ce qu'il lui impose.
Ed grogne en retour, plantant ses dents sans serrer dans l'épaule de Roy. Les spasmes qui l'animent sont de plus en plus fréquents et Roy sent qu'il se perd à nouveau dans le plaisir qu'ils partagent.
Mais il en veut plus.
Depuis que Roy y a pensé avant, depuis qu'il en a parlé à Ed, il ne peut pas totalement chasser l'image obscène et tentante de sa tête. En redescendant sur le sexe d'Ed, il tourne sa main d'un mouvement habile du poignet, malaxant très doucement les bourses d'Ed qui se contactent sous son geste. Puis, de manière expérimentale, Roy allonge ses doigts et le bout de son majeur vient effleurer l'anus du jeune homme. Ed plante ses dents dans la chair de l'épaule de Roy sous la vague qui le traverse et pousse un gémissement étranglé.
L'enthousiasme qu'Ed manifeste encourage Roy qui appuie sa caresse. Malgré la douleur qui lui vrille l'épaule, Roy sent un large sourire lui fendre le visage.
Alors qu'il embrasse la peau d'Ed au dessus de sa clavicule, Roy réalise que quelque chose manque pour pouvoir aller plus loin.
"Edward, est-ce que tu as du lubrifiant ?"
Edward relève la tête, plongeant son regard dans les yeux sombres en face de lui. Son visage est bien rougi et sa main libre pianote sur le torse de Roy.
"J'en ai fabriqué. Le flacon est dans ma table de chevet." Ed se racle la gorge. "Par contre je te préviens, il colle un peu, après coup. Ma formule n'est pas encore tout à fait au point."
Roy le regarde et son admiration pour lui augmente encore. Cet homme formidable qui crée son propre lubrifiant au lieu de se procurer de la graisse de pétrole. Roy souffle un rire et se dégage d'Ed pour aller chercher le fameux flacon.
Penché au bord du lit, il attrape sans peine le petit récipient transparent contenant la gelée trouble. Roy tient le flacon devant ses yeux et les plisse, essayant de deviner quels ingrédients Ed a utilisé.
"Glycérine ?" Demande-t-il en regardant Ed par dessus son épaule.
Ed lui sourit en retour et hoche la tête. "Avec de l'huile de ricin et un peu de cire d'abeille."
"Malin," commente Roy en regardant de nouveau le flacon qu'il ouvre, déposant le bouchon sur la table de chevet et se tournant vers Ed pour revenir vers lui.
Ed est en train de se toucher quand Roy écarte de nouveau ses jambes pour venir s'installer entre elles. Cette fois, le métal de l'automail d'Ed ne le surprend pas, il semble même s'être réchauffé, ou du moins ne plus être aussi froid qu'avant.
Roy se penche en avant pour embrasser l'intérieur de la cuisse d'Ed, juste en dessus du port de son automail, et Ed soupire d'aise, s'allongeant entièrement et écartant davantage les jambes.
Prenant le temps d'admirer la vue de près qu'il a sous les yeux, Roy prélève un peu de la mixture et en teste la texture du bout des doigts, s'étonnant de la douceur de la gelée.
Puis, en prenant tout son temps, il s'affaire à préparer Edward de manière progressive, lui laissant tout le temps de s'habituer entre chaque étape. Roy lui murmure des paroles encourageantes, embrassant et mordant la peau à sa portée quand il sent Ed se crisper de trop.
Et bientôt, Ed est prêt. Roy le sent. Il le sait. À quelques secondes près, Roy sent son coeur battre à tout rompre, sent sa tête lui tourner tant ce qu'il ressent le trouble et l'assaille. Il ferme les yeux, fronçant les sourcils, et demande de sa voix calme, "Tu en as toujours envie ?"
Ed se redresse sur ses coudes. Son corps est recouvert de sueur et son visage reflète toute l'attente et l'anticipation qu'il ressent. Il attire Roy dans un baiser doux, lent, délibéré. Puis, Ed hoche la tête. "Viens," souffle-t-il contre les lèvres de Roy.
Roy prend une grand inspiration et l'embrasse à son tour, prenant le temps de se positionner entre les jambes d'Ed. Il ne lui a pas demandé comment il préférait se mettre, mais égoïstement, Roy veut l'avoir en face de lui. Il veut être capable de boire chaque réaction qu'il provoquera chez Ed lorsqu'il sera enfin en lui.
Roy baisse un instant les yeux pour s'aligner avec le corps d'Ed, ayant pris le soin d'enduire du gel sur son sexe avant de revenir se coller au corps chaud et accueillant d'Edward.
Les yeux plongés dans les siens, Roy pénètre tout doucement à l'intérieur d'Ed.
Si les émotions que Roy a ressenti jusqu'alors l'ont bouleversé, ce n'est rien comparé au ras-de-marrée dévastateur qui le prend d'assaut. L'expression sur le visage d'Ed est indescriptible, partagée entre plaisir, passion et quelque chose de plus compliqué sous la surface.
La bouche entrouverte en un cri silencieux, Ed regarde leurs corps joints, descendent sa main entre eux pour se caresser avec lenteur alors que Roy est incapable de bouger le moindre muscle pour le moment. Il ne peut que se perdre dans l'or des yeux d'Edward. Tout comme il l'a pensé il y a quelques jours, Roy ne peut qu'être à son service. Ne peut que l'aimer.
Roy ne peut qu'aimer Edward.
Le tourbillon intense qui le consume lui tourne la tête et son corps se met à agir en pilote automatique. Ses hanches bougent contre celles d'Edward, et Edward accompagne chacun de ses mouvements avec son propre bassin.
Sa main libre vient caresser le coté du visage de Roy et l'air de pure admiration peinte sur son visage d'ordinaire si chiffonné fait s'emballer le coeur de Roy d'autant plus. Roy doit se mordre l'intérieur des joues pour ne pas parler, pour ne pas laisser sortir la terrible vérité qui lui retourne les entrailles et lui donne envie de crier et de stopper le temps à cet instant unique, privilégié, hors de tout autre chose qui n'est pas eux.
À cet instant, rien n'a de sens ni d'importance hormis l'homme qu'il aime entre ses bras. Rien n'a de sens ni d'importance hormis le fait d'être contre son coeur, d'être à son service. Rien n'a de sens, ni d'importance, que le fait d'aimer Edward Elric, de toutes les cellules de son corps, de toutes les fibres de son être.
Ed soupire, grogne, gémit. Il essaie de toucher tout ce qu'il peut, l'épaule de Roy, les draps de son lit, tout ce qu'il peut attraper avec sa poigne ferme. Sa main gauche est toujours serrée autour de son pénis qu'il caresse en cadence avec le rythme que Roy a adopté. Bientôt, Roy sent qu'Ed se contracte plus encore autour de lui, qu'il ne peut pas arrêter, et Roy change alors d'angle, se redressant pour mieux s'enfoncer dans le corps de son amant.
Il regrette quelque part au fond de son esprit de ne plus être aussi proche d'Ed, mais les soupirs et gémissements sourds qu'il obtient en retour en valent largement la peine. Souriant dans son propre plaisir, Roy rejoint la main d'Ed sur son sexe, et Ed lâche les rênes dans l'instant.
Et il ne dure pas, car Ed se crispe dans un cri plus fort, animal et incontrôlable alors qu'il attrape les avants-bras de Roy entre ses doigts tremblants. Il se répand entre eux, sur la main de Roy, dans ses draps, et la vision de luxure finit se submerger Roy qui laisse enfin aller son propre plaisir construit petit à petit, plongeant la tête dans le creux du cou d'Ed pour l'y mordre plus franchement. Il laisse s'échapper un long gémissement qui vibre contre la peau du jeune homme entre ses bras.
Reprenant le contrôle de sa respiration et de sa vision chaque seconde un peu plus, Roy finit par tourner la tête pour embrasser le cou d'Ed, puis sa mâchoire, avant de se laisser tomber de nouveau.
Ed trace quelques formes contre sa peau avant de poser ses bras en croix de chaque côté de son corps, son coeur cognant contre la cage thoracique de Roy.
Un petit rire s'échappe d'Ed et il passe une main entre les mèches de ses cheveux, frottant vigoureusement comme pour l'aider à reprendre pied dans la réalité. Il embrasse les cheveux humides de Roy et lui tapote l'épaule pour qu'il s'enlève d'au dessus de lui, ce que Roy fait en douceur pour ne pas lui faire mal en ressortant de son corps.
S'installant près de lui, Roy observe Ed s'étendre sur le dos, regardant le plafond d'un air satisfait et presque arrogant. Il s'étire, son automail luisant à la lumière douce de la chambre, puis il se détend, regardant Roy avec un air curieux et contenté.
Ils restent pendant un long moment ainsi en silence, coordonnant leurs respirations et se prodiguant de légères caresses distraites. Roy se sent comblé, heureux comme il s'est rarement senti, comme il ne pensait plus pouvoir l'être depuis très longtemps. Il repense à Ed, à son visage quand il jouit, à la soirée qu'ils ont passé. À celle qu'ils ont partagé chez lui, quelques jours auparavant.
Roy tapote le bras d'Ed, une question émergeant dans son esprit.
"Finalement, tu ne m'as jamais dit comment tu avais vraiment su que ça pouvait être ton truc." La voix de Roy lui semble épaisse dans sa gorge, et le sourire qui trône sur ses lèvres ne semble pas prêt de partir.
Ed tourne les yeux vers Roy, ses mains croisées sous sa tête. Ses cheveux détachés entourent son visage rougit par l'effort alors que son souffle se calme. Il fronce d'abord les sourcils avant de souffler un rire.
"Putain, tu choisis vraiment ton moment..." Il se tourne et appuie sa pommette dans la paume de sa main, son autre venant jouer avec une mèche blonde qui tombe sur son avant-bras. Ed sourit fièrement quand il reprend la parole. "C'est assez simple en fait: je me suis branlé plein de fois."
Roy hausse les sourcils et laisse échapper un petit rire décontenancé. "Comment ça ?"
"Bah ouais. Quand j'étais avec Winry j'avais l'impression que ça se faisait pas trop, te branler quand t'es en couple." Ed croise le regard de Roy et son sourire s'étire. "Je sais que c'est pas le cas maintenant. Enfin bref." Il tourne la tête vers le plafond pour chercher ses mots et finit par s'assoir sur le lit en tailleur, le drap cachant à peine sa nudité.
"Avant ça soit j'étais avec Al, soit je me battais pour ma survie, soit j'étais avec Al et je me battais pour ma survie. Pas vraiment les situations idéales pour..." Ed ferme les yeux et son sourire s'accentue. Il a l'air totalement détendu, son visage reflète l'insouciante qu'il exulte par son attitude et Roy sent son coeur s'emballer de nouveau.
"Disons que c'était pas le moment de faire des explorations." Ed lui fait un clin d'oeil et poursuit. "Par contre, quand j'ai divorcé et que je me suis retrouvé pour la première fois tout seul avec pas mal de temps libre, j'en ai bien, bien profité."
Roy se tourne lui aussi et tend la main vers le genou d'Ed, puis se penche pour embrasser l'articulation couverte d'un fin duvet blond. Il imagine Edward, dans ce même lit, à se masturber, à explorer son corps comme il n'en a jamais eu l'occasion avant. L'image érotique fait frissonner Roy.
"Et donc tu t'es masturbé à répétition," commente Roy, décollant à peine ses lèvres de la peau de son amant. Il lève les yeux vers Ed et se satisfait d'y voir déjà s'inscrire l'ombre du désir. C'est bien trop facile de donner envie à Ed de recommencer ce qu'ils viennent de partager.
"Tu m'étonnes que je l'ai fait. J'ai essayé plein de trucs, plein de positions..." Roy lève sa main et caresse la cuisse d'Edward, appuyant le côté de son visage contre sa peau chaude qui se couvre de chair de poule sous la caresse lente et appuyée. Roy sourit à nouveau en regardant la vague de poils blonds se dresser sous ses yeux.
"Et.." Ed déglutit, posant sa main sur celle de Roy pour le stopper dans ses mouvements. "J'ai fini par réaliser que je pensais souvent à des mecs quand je me branlais." Il insère lentement deux doigts dans le poing de Roy sur sa cuisse. Après un instant d'hésitation, il continue. "Que je pensais souvent à toi."
Roy ferme les yeux et il catalogue soigneusement dans son esprit le ton et le timbre de la voix d'Ed alors qu'il lui confie cette information. Roy expire et embrasse les jointures de la main dans la sienne. Il aimerait tellement figer cet instant, n'exister qu'ici dans cette pièce avec Edward, à l'écouter parler de tout ce qu'il souhaite.
Surtout quand Ed explique à Roy à quel point il s'est touché en pensant à lui.
"Comment tu en es arrivé à ça ? Comment ton regard a-t-il pu changer à ce point ? Loin, très loin de moi l'idée de m'en plaindre, mais il ne me semble pas t'avoir déjà pris à m'épier ou..." Roy cherche ses mots et fait jouer ses abdominaux pour s'assoir en face d'Ed, se moquant d'être découvert devant le jeune homme.
Roy arrange leurs jambes pour se coller au bassin d'Ed, leurs sexes se touchant au travers du draps fin qui les sépare et reproduisant leur position plus tôt dans la soirée. Ed tressaille, attrapant les biceps de Roy dans chacune de ses mains.
"C'est parce que tu me soupçonnais pas, c'est tout," souffle Ed entre leurs corps, coupant Roy dans sa lancée. Sa voix est rendue lourde par le désir qui semble s'être ranimé, et Roy ne peut qu'arriver à la même conclusion en sentant son pénis réagir à la débauche du visage d'Edward.
Il lève une main pour caresser le côté du visage d'Ed, se rapprochant pour l'embrasser, mais Ed tourne la tête au dernier moment. Roy enfouit donc son visage dans le creux du cou d'Edward, inhalant son odeur mélangée à leur transpiration.
"Je regardais les autres gars de la brigade, je regardais le serveur, je regardais tout le monde pour essayer de comprendre ce qui me plaisait. Mais c'est quand je te regardais toi que je sentais..." Roy ouvre la bouche pour mordre gentiment son cou, passant sa langue juste ensuite alors qu'il serre Edward entre ses bras.
La voix d'Ed tremble quand il continue. "Que je sentais—vraiment mon corps réagir."
"Comme là ?" Le provoque Roy, laissant une nouvelle série de baisers contre sa peau, attrapant le lobe de son oreille entre ses dents.
"Ouais, comme là." Ed concède en grognant, appuyant son corps contre celui de Roy. Ce dernier passe ses doigts entre les mèches blondes pour se créer plus d'espace sur la peau d'Ed afin d'y parsemer plus de baisers encore.
Alors qu'il mordille à nouveau la peau en dessus de la clavicule d'Ed, Roy aperçoit quelques marques éparses qu'il a laissées plus tôt.
Roy sourit contre la peau d'Ed et y appuie son front, essayant de calmer à nouveau sa respiration. Il sent les mains d'Edward s'impatienter alors qu'elles s'accrochent à lui pour l'entraîner en arrière. Ed l'accueille entre ses jambes écartées, le fin tissu du drap séparant encore leurs corps alors qu'Ed fond sur les lèvres de Roy pour ravir un nouveau baiser plein de fougue.
Roy se laisse entrainer avec délice, glissant ses mains sous les épaules d'Ed et ajustant sa position au-dessus du jeune homme pour ravir sa bouche avec la ferveur qu'il mérite.
Après quelques instants perdus et intenses, Roy rompt le contact en douceur, passant sa main sur le visage d'Ed pour le dégager des mèches folles qui partent en tous sens. Ed a toujours les yeux fermés et sa respiration est erratique.
Lorsqu'il ouvre ses paupières, la chaleur et l'intensité de l'ambre de ses iris coupe le souffle de Roy en un instant. Il se retrouve, interloqué, incapable de prononcer le moindre mot alors qu'il se noie dans tout ce qu'Ed dégage, dans tout ce qu'il est à cet instant. La beauté qui émane de lui, la passion brute et dévastatrice, la tendresse cachée et absolue, tout en Ed alimente le feu qui règne en dictateur au sein de ses entrailles.
Et comme à chaque fois, Roy sait que s'il ouvre la bouche à cet instant, il ne pourra pas retenir son amour de se déverser entre eux. Ne pourra retenir ces quelques mots qui signifient si peu comparé au tumulte d'émotions qui le submerge à chaque fois qu'il entrouvre la porte qui les contient d'ordinaire.
C'est Ed qui reprend la parole, dans un souffle à peine audible. "Maintenant je sais que c'est vraiment mon truc."
Roy rit contre ses lèvres et pousse le visage d'Ed avec son nez. "J'espère bien, pourquoi je me fatigue sinon ?"
Ed lui bouscule l'épaule de son poing. "Bâtard paresseux."
Roy entend le sourire dans la voix d'Ed à défaut de le voir sur son visage. Et le sentiment de bonheur l'envahit de nouveau, l'enveloppant dans une couverture chaude et rassurante.
Ils restent ainsi pendant quelques minutes, dans les bras l'un de l'autre, si bien que Roy commence à sentir son esprit flotter au loin vers les rivages tentateurs du sommeil. Ed le rappelle à la réalité, se dégageant doucement de son emprise pour se glisser hors du lit. Roy le suit du regard s'étirer en se levant, les mains liées au ciel et le dos allongé.
Ed bouge ensuite ses jambes, faisant rouler l'articulation de sa cheville de métal en l'air tout en grimaçant. "La prochaine fois, rappelle-moi de pas coincer ma jambe sous tes fesses."
La prochaine fois.
Roy déglutit et acquiesce en silence. Ed lui jette un coup d'oeil par-dessus son épaule qu'il tient avec sa main opposée, étirant le haut de son dos. Il observe Roy allongé sur son lit et un petit sourire se dessine sur ses lèvres rougies par leurs nombreux baisers de la soirée. Ed se détourne ensuite et avance vers une porte que Roy n'avait pas remarqué lorsqu'il est entré dans la chambre d'Edward.
La lumière vive qui lui parvient quand Ed y entre, accompagné du bruit de ventilation, lui indique une salle de bains.
Roy laisse tomber sa tête sur le lit, se tournant sur son dos. Son regard se perd dans la texture du plafond, puis il tourne les yeux vers la fenêtre en dessus du lit. Le ciel est sombre et l'heure doit être bien avancée déjà, mais il n'a aucune notion du temps qui est passé depuis qu'il est arrivé chez Edward.
Roy entend le bruit d'un jet d'eau venant de la salle de bains et imagine Ed se glissant dessous, sa peau luisante et son odeur décuplée par les vapeurs chaudes. Il soupire longuement et ferme les yeux, savourant l'état calme et contenté dans lequel il est.
Son corps est parcouru d'un frisson alors que l'air ambiant se rafraîchit, maintenant qu'il n'est plus collé à Ed. La sueur sur son corps a en grande partie séché et il sent la peau de son pénis qui se contracte, effectivement rendue un peu collante par le lubrifiant maison d'Ed.
Fronçant les sourcils, il lève la tête pour l'examiner, tirant la peau pour avoir un meilleur aperçu, mais il ne fait qu'accentuer la sensation collante. Grimaçant, il laisse de nouveau ses mains tomber le long de son corps et tourne la tête pour observer la chambre d'Edward avec plus d'attention qu'avant.
Roy remarque quelques photos punaisées en dessus de son bureau encombré de livres et de feuilles volantes. Il décide de se lever pour les voir de plus près et au moment où il est assis sur le bord du lit, la voix d'Edward attire son attention vers la salle de bains.
"Si tu veux aller te laver aussi, je t'ai posé de quoi te sécher sur le lavabo. Je pense pas que j'ai de fringues qui t'iraient par contre."
Ed est toujours nu, la peau humide et il est en train de sécher minutieusement ses cheveux avec une serviette, la tête penchée sur le côté. Roy n'arrive pas à croire qu'il a réellement couché avec Edward, deux fois, et un élan de panique surprise menace de l'envahir. Roy dompte le sentiment d'une main ferme, clignant les paupières pour finir de chasser la pensée malvenue.
"Des fringues ?" Demande-t-il, regardant Ed déambuler dans sa chambre pour ramasser son caleçon, suivi d'un t-shirt noir sur un tas de vêtements à côté d'une pile de livres.
"Ouais, des fringues. Sauf si tu préfères dormir à poil, je m'en tape." Ed enfile les vêtements qu'il a ramassé et se tourne vers lui, l'air interrogateur.
Le coeur de Roy fait des bonds dans sa poitrine. Ed s'attend à ce qu'il passe la nuit avec lui. Roy sait que ça ne signifie surement rien pour lui, mais il ne peut s'empêcher d'espérer que c'est là l'indication qu'Ed ressent peut-être, lui aussi, quelque chose de plus fort pour Roy.
"Je... peux transmuter l'un de tes vêtements, si tu me laisses faire."
Ed lui sourit et hausse les épaules, se penchant pour prendre un autre t-shirt sur une pile où il était plié, en revanche. Il le lance à Roy sans autre cérémonie et avance vers sa table de chevet pour y prendre un peigne, commençant à le passer dans ses cheveux pour les démêler.
"Tu peux, ça me va."
Roy résiste à l'envie de le toucher et l'aider dans sa tâche alors qu'il se lève pour aller vers la salle de bain, encore troublé par les paroles d'Ed.
Quand il entre dans la salle de bains, Roy hésite en regardant la porte. Ed l'a laissée ouverte lorsqu'il l'a utilisée juste avant. Un instant d'hésitation plus tard, il secoue la tête et laisse la porte telle qu'elle est. Finalement, ce n'est pas comme si Edward ne le voyait pas déjà nu à cet instant.
Lorsqu'il se glisse sous le jet chaud de la douche, Roy pousse un long soupir de soulagement. Il ferme les yeux, levant la tête pour profiter pleinement de la sensation de chaleur et du bruit doux et régulier de l'eau autour de lui.
Bientôt, la salle de bains se charge en condensation et la vitre qui ferme la cabine de douche se trouble, laissant apparaître des dessins de cercles alchimiques et de notes en pagaille qu'Ed a du écrire lors de précédents passage dans cette douche.
Roy sourit et observe les quelques notes encore lisibles, car la plupart se chevauchent les unes les autres et ne sont plus vraiment exploitables ou même déchiffrables pour quiconque n'est pas Edward.
Un mot attire pourtant son attention, dans l'un des coins de la vitre. L'écriture en patte de mouche d'Ed est toujours aussi singulière, pourtant Roy reconnait son prénom sans problème, suivi d'un point d'interrogation.
Roy sent ses entrailles se tordre et il se retrouve incapable de détourner le regard de son nom, ces trois petites lettres qu'Ed a tracé du bout des doigts, nu, alors qu'il se tenait au même endroit que lui.
La vision mentale de Roy se précise et il imagine, dans la suite de ce qu'Ed lui a révélé plus tôt, qu'Edward s'est probablement touché en pensant à lui dans cette cabine. Qu'il s'est peut-être tenu au mur alors qu'il gémissait son nom, les yeux fermés. Peut-être même qu'il s'est touché autrement, plus intimement, profitant de la chaleur de l'eau pour faciliter sa détente.
Roy sent son pénis réagir à ces pensées lubriques. Il décide alors d'allier l'utile à l'agréable et se saisit de la barre savonneuse posée sur le bord de la cabine pour se laver, puis en profite pour faire de longs va-et-vient sur son érection encore sensible.
Il prend son temps, se galvanisant dans l'odeur d'encens qui l'entoure de toutes part et Roy réalise soudain que sa propre peau sera imprégnée de cette odeur. Un gémissement menace de sortir de sa bouche à cette pensée et Roy doit se mordre les joues pour ne pas faire de bruit. La porte est après tout toujours ouverte et il n'est pas certain de pouvoir survivre à un Ed qui le surprend en train de se masturber en reniflant son savon.
Roy décide donc de stopper ses caresses, terminant ses ablutions avec des gestes mécaniques pour ne pas alimenter son imagination fertile.
Lorsqu'il arrête l'eau et sort de la cabine, il voit de nouvelles inscriptions sur le miroir de la salle de bain, ainsi que quelques marques de mains qui semble trop petites pour être celles d'Edward. Observant ce qui doit être les empreintes des mains des enfants d'Ed, Roy sent soudainement un sentiment confus l'envahir. C'est comme si ces petites mains ramenaient Roy à une réalité qu'il avait un peu occultée jusqu'à présent: il n'est pas dans les priorités d'Edward, et ne le sera probablement jamais.
Roy saisit le linge et se sèche sommairement, ébouriffant ses cheveux alors qu'il repose le linge sur la petite barre en métal derrière lui où se trouve déjà celui d'Edward.
Avant de regagner la chambre, Roy prend le temps de vider sa vessie avant d'aller se laver les mains et se prendre appui contre le lavabo, se regardant dans les yeux dans le miroir. En dehors des marques de fatigues habituelles, il a plutôt l'air en forme aujourd'hui.
Roy lâche un petit soupir et décide enfin d'aller rejoindre Edward, éteignant la lumière aveuglante et fermant la porte derrière lui.
Ed est allongé sur le ventre dans son lit, des lunettes fines sur le nez alors qu'il fronce les sourcils sur un manuscrit devant lui, le bas du visage caché par une de ses mains. Il relève les yeux vers Roy et la vision... domestique d'Edward ainsi sur son lit donne à Roy l'envie de tout plaquer pour vivre des instants comme celui-ci sans un regard en arrière.
Roy se racle la gorge et déplie le t-shirt qu'Ed lui a tendu tantôt pour préparer sa transmutation. Evitant de croiser le regard d'Ed même s'il le sent peser sur lui, il claque ses mains l'une contre l'autre avant de les apposer contre le tissu, l'éclair de la transmutation opérant son effet.
La surface couverte est légèrement plus petite, mais Roy enfile le vêtement ainsi que son caleçon avant de lever les yeux vers ceux d'Ed qui sont toujours plantés sur lui. Avec sa main devant le visage et ses lunettes, il est plus difficile pour Roy de juger son expression, qui pourrait tantôt être une curiosité distante qu'autre chose tout à fait.
Ed détourne bientôt son attention de Roy et s'assied en tailleur, déposant son manuscrit sur sa table de chevet avec ses lunettes. Il regarde Roy en coin avant de murmurer dans le silence de la chambre, "Tu viens ?"
Roy prend une grande inspiration discrète, tâchant de ne pas laisser entrevoir la bouffée d'émotions qu'Ed lui fait ressentir. Il hoche la tête et contourne le lit pour venir rejoindre Ed sous le drap défait.
La pièce n'est plus qu'éclairée par les lampadaires de la rue au dehors, couvrant de leur reflets orangés une partie de la chambre. Roy observe les affaires d'Ed qui font vivre la pièce et la rendent unique. Il tourne de nouveau la tête vers les photographies accrochées en dessus du bureau, certaines d'entre elles sont éclairées par le rai de lumière des réverbères.
Sur l'une d'entre elles, Roy distingue Alphonse et Edward se tenant les épaules l'un de l'autre, souriants devant la maison des Rockbell à Resembool. Une lettre est punaisée en bas de la photo, et Roy suppose qu'il s'agit de la dernière missive qu'Ed a dû recevoir de son petit frère. Une autre photographie montre Winry devant une forge avec un homme très grand et imposant que Roy ne reconnaît pas.
Roy prend une nouvelle grande inspiration, fermant les yeux pour se laisser imprégner de l'atmosphère calme et reposante. Des moments tels que celui-ci, où Roy se sent parfaitement aligné et détendu, il n'en connaît pas beaucoup. La respiration d'Edward à côté de lui l'apaise également, et Roy sent un sourire naître sur ses lèvres alors qu'il laisse ses épaules se relâcher et le bonheur l'envahir.
Il ouvre à nouveau les yeux et tourne la tête en direction d'Edward qui a le regard fixé au plafond, les mains sous sa tête. Son air pensif est détendu également, et il mâchouille l'intérieur de ses joues. Ed finit pourtant par tourner le regard vers Roy, l'observant en silence.
Roy se tourne pour se mettre sur le côté face à Edward et après une nouvelle inspiration, il avance sa main à tâtons vers Ed, arrangeant une mèche de devant son visage. Edward le regarde faire, son air calme et inhabituel reflétant son état d'esprit.
Une moue furtive vient tordre la bouche d'Edward alors qu'il plisse un instant ses yeux, comme s'il réfléchissait à un problème épineux.
Roy décide d'alléger un peu la tension qui semble vouloir s'installer entre eux. Il passe rapidement en revue les sujets qu'ils pourraient aborder, comme leur relation, les sentiments que Roy ressent pour Ed ou tout autre chose qui pourraient les aider à avancer, mais Roy ne se sent pas prêt. Alors il décide de détourner l'attention ailleurs et d'improviser.
"Riza voit quelqu'un en ce moment."
Edward fronce les sourcils et la moue s'accentue autour de ses lèvres. Roy se fustige intérieurement, c'était pas une bonne diversion.
"C'est... cool ? Non ? Elle fait bien ce qu'elle veut." Ed tourne la tête vers le plafond et ajuste sa position sur ses mains.
"C'est certain. Elle ne m'avait jamais vraiment parlé de quelqu'un avant alors j'ai été surpris, c'est tout."
Ed le regarde du coin de l'oeil. "Jamais jamais ? Et toi alors ?"
Roy est décontenancé. Qu'est-ce qu'Edward essaie de lui dire ?
"Non, jamais. Et je ne lui ai jamais non plus parlé de quelqu'un de sérieux."
Edward hoche la tête dubitativement, son attention toujours fixée au plafond. "Et tous les deux vous n'avez jamais... ?" Demande Edward à voix basse.
C'est donc ça.
"Non plus."
Puis Edward fronce à nouveau les sourcils et se relève sur ses coudes, regardant Roy dans les yeux. "Tu n'as jamais eu de relation sérieuse av— de ta vie ?"
Roy a un petit sourire sur les lèvres quand il lui répond. "Pas vraiment, non."
Ed lève les yeux au ciel. "C'est toujours pas une réponse, ça."
"Les fois où j'aurais pu essayer de construire quelque chose de sérieux ne sont jamais arrivées avec le bon timing dans ma vie, tout simplement."
"C'est à dire ?"
"Mon service civil, les années à maîtriser l'alchimie, la guerre, les années de complot national... Pas vraiment idéal, tu ne crois pas ?"
"Hughes l'a bien fait, lui."
Roy ne s'attendait pas à cette répartie et son estomac se contracte à la pensée de son ami décédé. Il fronce les sourcils et rassemble ses pensées un instant avant de pouvoir reprendre la parole. Ed semble être mal à l'aise et Roy ne comprend pas sa réaction.
"Ce n'était pas pareil pour lui. Il a toujours eu de la facilité avec ce genre de choses."
Ed sourit, même si son visage reste empreint d'une certaine... tristesse ?
"Est-ce que t'es en train d'avouer que tu n'as pas de coeur, Mustang ?"
Roy sait qu'Ed le taquine comme il en a l'habitude, car le rendre fou est sa spécialité. Pourtant là, sa pique touche sa cible de manière redoutable.
"Ce n'est pas ce que j'ai dit."
Et les sourcils d'Ed se rejoignent dans une mine confuse. "Roy, tu sais que—"
"Laisse tomber, Ed."
Mais Ed n'est pas du genre à renoncer si facilement. Son air confus se mue en détermination agacée alors qu'il bouge si vite que Roy ne se rend compte qu'Ed le chevauche qu'au moment où leurs souffles se mêlent. Les paroles énervées d'Edward lui frôlent la bouche.
"Putain, t'es vraiment qu'une tête de mule, c'est pas possible."
Ed se redresse ensuite et le toise de haut, une main appuyée sur son torse alors que l'autre ponctue chacun des mots qu'il prononce ensuite.
"Au cas où ce serait pas encore suffisamment clair pour ton vieux cerveau obtus, moi—" Ed se désigne avec sa main sur son coeur. "—J'ai vraiment envie d'essayer de faire, de faire—" Il claque sa langue, agacé. "De faire quelque chose de ça, entre nous."
Roy le regarde, sans voix, ses entrailles se tordant en tous sens dans son ventre et son visage passant simultanément du chaud au froid. La grande vague d'émotions qui menace de l'engloutir le ravage de l'intérieur. Comment, comment se fait-il que Roy semble n'avoir jamais ressenti ainsi ? N'avoir jamais désiré ainsi ?
Ed le regarde, le souffle court. La pénombre empêche Roy de voir s'il rougit ou non. Ses mains en revanche tremblent légèrement sur ses cuisses. Roy prend une grande inspiration saccadée et sent ses yeux le piquer.
Pris dans un élan de panique, Roy tire désespérément sur les rênes de son contrôle, essayant par tous les moyens d'empêcher sa bouche de s'ouvrir car il est incapable de s'assurer de ce qui en sortira. Roy a peur, si peur qu'Ed se sente acculé par des mots prononcés trop vite. Il sent bien qu'Ed doit aussi, quelque part, ressentir quelque chose de similaire à lui. Mais est-ce qu'Ed se rend compte de la dimension de sa propre affection ? Roy en doute. Il prend une grande inspiration dans l'espoir illusoire de réussir à calmer le flot de ses pensées qui le tourmentent.
"Dis quelque chose, merde," souffle Ed alors qu'il semble s'affaisser sur Roy.
"Moi aussi." Roy marmonne en saisissant les mains d'Ed dans les siennes. "Moi aussi j'ai envie d'en faire quelque chose."
Ed pousse un grand soupir de soulagement, un sourire venant enfin adoucir les traits inquiets de son visage. Il rit à moitié et se penche en avant, embrassant Roy avec allégresse. Ses mains tremblent encore entre celles de Roy. Et Roy sent le soulagement l'envahir aussi, et aplanir la panique qui s'apaise d'elle-même, pour le moment.
Un jour. Un jour Roy dira à cet homme à quel point il l'aime. À quel point il l'a changé. À quel point il ne désire qu'avancer avec lui dans la même direction.
Un jour, Roy le lui dira. Il le sait.
